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programme 2013


Octobre 2013

Secret des champs de Honorine Perino (2012-85’)
mercredi 2 octobre - 20h30 - salle Latreille - Tulle

En collaboration avec le collectif «Semaine de la solidarité internationale»
Cette projection précède le Droit de questions prévu avec Marc Dufumier le mercredi 6 novembre prochain à 20h30 dans l’amphithéâtre du Conseil Général
Ce film illustre sans opposition ni polémique la manière dont les plantes cultivées s’associent, coopèrent, communiquent et cohabitent avec les êtres vivants qui les entourent : les insectes, les champignons du sol et les autres plantes. Les recherches scientifiques et paysannes récentes ouvrent des pistes d’innovation pour l’agriculture, éclairées par l’expérience de Marc Dufumier, agronome émérite. Du maraîchage à l’agroforesterie, en bio comme en agriculture de conservation, ce sont finalement les pratiques des paysans qui permettent d’activer le potentiel du vivant pour l’agriculture.
«C’est un film qui nous change de ces reportages qui se contentent de détruire l’agriculture conventionelle. C’est riche, instructif et rassurant pour l’avenir de notre agriculture»
Frédéric Thomas, céréalier en agriculture de conservation


 

De l’autre côté du périph de Bertrand Tavernier (1997-85’) épisode 2
vendredi 4 cotobre - 20h30 - Chenailler Mascheix

«Le 11 février 1997, 66 cinéastes, pour protester contre la loi Debré, appellent à la désobéissance civique. Je reçois une lettre du ministre délégué à la Ville et à l’Intégration m’invitant à passer un mois dans la cité des Grands Pêchers à Montreuil. Je me retrouve face à plus de 250 personnes choquées, blessées, offensées par la lettre du ministre. Et c’est là qu’est née l’idée d’un film qui leur permette de répondre, de parler de leurs problèmes, de leurs luttes, de leur vie… de leur colère. Peu à peu, on aborde des sujets comme l’école, le logement, le travail et aussi des sujets de préoccupation et de discorde : l’insécurité, le vandalisme, la délinquance et les rapports difficiles avec les policiers. Au-delà de ces conflits, de ces brutalités et des responsabilités respectives, on découvre aussi la solidarité, l’entraide dans la cité. Chez ces hommes et ces femmes, j’ai rencontré ce que Louis Aragon appelle « le meilleur de l’âme ». Bertrand Tavernier, novembre 1997 (extraits).



20 000 Moujiks sans importance de Patrick Legall, (1999, 60’)
vendredi 25 octobre - 20h30 - salle Latreille - Tulle

En collaboration avec Amitiés Droujba*, La Libre pensée de la Corrèze**, et l’association Terre Curretia***.
Et en présence de Jean Gavrilenko, fils du mutin Stéphane Gavrilenko et de Eric Molodtzoff, petit-fils du mutin Michel Molodtzoff.

Ce film retrace, à travers les témoignages posthumes de deux soldats, l’odyssée de ces 20 000 soldats russes qui furent «prêtés» aux alliés en échange d’armements. Après un an de durs combats en Champagne, ils apprennent, en mars 1917, la nouvelle de la Révolution dans leur pays et, aussitôt, réclament leur rapatriement. Devant le refus des autorités russes et françaises, ils forment des comités élus de soldats et chassent leurs officiers, au moment même où des mouvements de rébellion se produisent chez les Poilus. L’État major, craignant la contagion, les expédie dans la Creuse, au camp de La Courtine. Là, 12 000 hommes armés, fonctionnant en autogestion démocratique, tiendront tête pendant trois mois aux injonctions et menaces du commandement militaire. Finalement, l’assaut sera donné et la répression impitoyable. Les survivants ne regagneront la Russie qu’à la fin de l’année 1919.
Le film sera précédé d’une vidéo-projection réalisée par l’association Terra Curretia, (Gilles Chavant, professeur d’histoire et Pascal Daubernard employé au Pôle Graphique de Tulle) qui présentera le contexte historique de l’arrivée des soldats russes au camp de la Courtine, de la création de la Triple-Entente aux emprunts russes, les premières phases de la guerre, les batailles sur le front russe, le départ et le parcours de ces soldats, leur arrivée à Marseille puis sur le Front de Champagne jusqu’à leur déplacement en Creuse.
*Amitiés Droujba 19, (qui est à l’origine de cette soirée) a pour but le renforcement de l’amitié traditionnelle entre la France et les peuples de Russie, de la CEI et plus largement de l’ancienne Union Soviétique et de coopérations multiformes.
**La libre pensée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne ont organisé le premier rassemblement pacifiste à Gentioux devant le monument aux morts portant l’inscription « Maudite soit la guerre ! ». En 1997, la fédération de la Creuse édite une brochure sur le soviet de la Courtine puis quelques années plus tard lance une souscription publique pour édifier un monument leur rendant hommage. L’inauguration de la stèle commémorative le 15 septembre 2012, puis le succès du premier rassemblement du 22 juin 2013 ont rendu aux mutins de la Courtine la place qui leur revient dans l’histoire.
***Terra Curretia est une association de vulgarisation et de diffusion de documentaires sur l’histoire et le patrimoine de la Corrèze. Gilles Chavant et Pascal Daubernard ont conçu spécialement pour la soirée un DVD sur les mutins de la Courtine qui sera proposé par souscription (10 euros).


 

17 octobre 1961,
reconnaissance d’un massacre

La Ligue des Droits de l’Homme, Peuple et Culture, la Médiathèque intercommunale Eric Rohmer et la Ville de Tulle proposent deux temps de rencontre autour de la reconnaissance de ce massacre.
Le 17 octobre 1961, trente mille algériens, souvent en famille, manifestent pacifiquement, à l’appel du FLN, dans les rues de la capitale contre le couvre-feu raciste qui leur est imposé par le préfet de police Maurice Papon et le gouvernement. Une répression d’une férocité inouïe s’abat sur eux. la police tire sur les cortèges. Quinze mille manifestants sont arrêtés. Parqués dans des stades, conduits dans des sous-sol, affamés, battus et torturés, assassinés, jetés dans la Seine. Les estimations sérieuses parlent de près de trois cents morts. Car l’état colonial menait aussi « la sale guerre» dans les rues de Paris. Et le silence est ordonné, l’oubli organisé, la date même du 17 octobre effacée des consciences et de l’histoire. C’est seulement depuis les années 90, qu’à contre courant, des écrivains, des historiens, des associations ont fait resurgir le fait, ont rétabli sa mémoire, organisé sa commémoration.
A Tulle, Ras l’front est la première association à organiser en 2001 (40 ans) un rassemblement au square Jean Moulin « pour la reconnaissance par l’état du massacre perpétré le 17 octobre 1961 ». Et renouvellera chaque année cet appel ( relayé, après la dissolution du groupe, par la section de Tulle de la Ligue des Droits de l’Homme). En l’appuyant régulièrement par des actions de sensibilisation diverses : projection des rares films qui traitent de ce crime, rencontres, notamment avec Jacques Morel auteur de « Calendrier des crimes d’état Outre Mer », et en 2011 (50 ans) avec Olivier La Cour Grandmaison : 17 octobre 1961, le racisme d’état d’hier et d’aujourd’hui en collaboration avec Peuple et Culture. Ces initiatives sont accompagnées dès 2002 par des courriers au Préfet (tous restés sans réponse) demandant la reconnaissance du crime par l’état puis à partir de 2004 à la municipalité qu’une plaque soit apposée dans Tulle. C’est grâce à cette ténacité, après que le Maire Bernard Combes ait répondu favorablement en octobre 2012, au principe de cette demande, qu’un groupe (composé d’élus et de services de la ville, de membres de La Ligue des Droits de l’Homme et de Peuple et Culture) a travaillé depuis plusieurs mois à l’élaboration des initiatives qui accompagneront la pose d’une plaque pour que cet acte ne se réduise pas à une commémoration formelle, mais soit l’occasion d’un véritable travail de mémoire.




vendredi 11 octobre

18h30 - Auditorium de la médiathèque
Projection d’ Octobre noir, court métrage d’animation de Aurel et Florence Corre (Film d’animation, France, 2011, 12min)
17 octobre 1961 à Paris. Cinq jeunes algériens et trois jeunes français se rassemblent afin de prendre part à la manifestation pacifique, organisée par le Front de Libération Nationale algérien pour contrer le couvre-feu instauré le 5 octobre par le Préfet de police Maurice Papon. La police parisienne a carte blanche… Aurel nous propose un univers de polar aux teintes tendant vers le noir et blanc légèrement teinté pour nous raconter l’histoire de Malek, Saïd, Karim et les autres…
Suivie d’un débat en présence de Didier Daeninckx.

19h30 - Hall d’acceuil - Buffet-entracte gratuit

20h - Auditorium de la médiathèque
«La création dans le traitement de l’histoire» : conférence/débat avec Didier Daeninckx.
Didier Daeninckx est écrivain, auteur de romans policiers, de nouvelles, d’essais, de bandes dessinées, d’albums pour la jeunesse porteurs d’une critique sociale et politique. Son ouvrage « Meurtres pour mémoire » publié dans la série noire de Gallimard, bien avant le procès Papon a largement contribué à faire connaître le message du 17 octobre 1961 à une époque où le silence et l’oubli l’avaient recouvert.


 

jeudi 17 octobre
17h - pause de la plaque commémorative, rue Eric Rohmer.

La plaque comprendra une photo de Elie Kagan (du fond Elie Kagan de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine de Nanterre) et le texte suivant :
Le 17 octobre 1961, 30 000 algériens colonisés, hommes, femmes, enfants manifestent pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire et anti-constitutionnel décrété par Maurice PAPON, préfet de police sous la responsabilité du Gouvernement français.
Une répression policière d’une férocité inouïe s’abat sur eux : battus, torturés, assassinés, jetés dans la Seine.
Ce massacre perpétré par l’Etat colonial français au cœur de la métropole aura fait près de 300 morts.

20h - Auditorium de la médiathèque
Projection du film Octobre à Paris de Jacques Panijel
Le premier film consacré à la démonstration des Algériens, le 17 octobre 1961, contre le couvre-feu auquel ils étaient soumis. Entrepris clandestinement peu avant la fin de la guerre et mêlant reconstitution des massacres et plans des bidonvilles de Nanterre ou du centre de torture de la rue de la Goutte-d’Or, Octobre à Paris retrace la préparation et le déroulement de cette manifestation sauvagement réprimée sous l’autorité du préfet Maurice Papon.
Jacques Panijel n’était pas un cinéaste. Biologiste et chercheur au CNRS, il avait créé, deux ans auparavant, avec Pierre Vidal-Naquet notamment, le comité Maurice Audin, du nom de ce mathématicien torturé à mort par les militaires en 1957 dans l’Algérie en guerre pour son indépendance. Le jour de la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961, il se rendait à une réunion de ce comité ; « en traversant les Champs Elysées je découvre l’horreur : des centaines d’Algériens assis par terre entre deux rangées de flics en uniforme ».
Au lendemain de la manifestation, au nom du comité, il contacte des cinéastes français et étrangers dont la réputation aurait protégé un film sur ce sujet. « Il n’y a qu’Hollywood qui n’ait pas été mis au courant de notre démarche ». Face au refus de ceux « qui prétendent représenter le monde du cinéma », il décide de réaliser lui-même ce film.
« Octobre à Paris » est un film clandestin dans sa fabrication et dans ses tentatives de projection en 1962.
Avec l’aide des responsables locaux du FLN, il tourne pendant six mois dans le quartier de la Goutte d’or. Il reconstitue l’organisation et le départ de la manifestation. Pour la manifestation elle-même, les seules images sont celles des télévisions étrangères, les journalistes français ayant été interdits. Il utilise donc les photos prises clandestinement par le photographe Elie Kagan. Puis il retrouve des Algériens rescapés du massacre qui lui racontent les exactions policières.
En 1962, les tentatives de projection du film se soldent par la saisie des bobines, une fois sur deux.
Pendant le festival de Cannes, J. Panijel loue une salle, aucun des journalistes français présents à Cannes ne parlent de ce documentaire.
Le film n’obtient pas de visa de censure jusqu’en 1973 après une grève de la faim du cinéaste René Vautier qui connaît très précisément ce qu’est la censure politique.
En 1998, le procès Papon à Bordeaux incite un procureur à diffuser le film. Mais Jacques Panijel veut absolument que son film soit précédé d’une préface qui explicite le contexte de l’époque et qui « définit ce qu’est – moralement et politiquement – un crime d’Etat ».
Faute de moyens il n’a pas pu réaliser cette préface. Medhi Lallaoui, réalisateur du documentaire « Le silence du fleuve » a exaucé le vœu de Jacques Panijel. Ainsi « Octobre à Paris » libéré de toute interdiction a été projeté légalement le 19 octobre 2011, cinquante ans après sa réalisation et un an après la mort de Jacques Panijel survenue le 12 septembre 2010.
Note établie par Saïda Amarouche, Ligue des droits de l’homme, section de Tulle

21h Conférence de Jean-Luc Einaudi, historien

Jean-Luc Einaudi est le premier chercheur qui a fourni une enquête exhaustive sur les évènements du 17 octobre 1961 à Paris. Dans son livre paru en 1991, « La bataille de Paris, 17 octobre 1961 », il livre après 5 ans de recherches minutieuses le résultat de ses investigations. Il a dépouillé les archives de la Fédération de France du F.L.N., le registre d’inhumation du cimetière de Thiais, il a collecté des témoignages, y compris en Algérie.
Mais il n’a pas eu l’autorisation de consulter les archives de l’Institut médico-légal, celles de la Préfecture de Police, celles du ministère de l’Intérieur, celles des Archives nationales.
Par les témoignages recueillis, il reconstitue le déroulement de la soirée et de la nuit du 17 octobre d’un bout à l’autre de la capitale et de la banlieue.
Son livre-enquête va être redécouvert en 1997 lors du procès Papon à Bordeaux : Jean-Luc Einaudi est appelé à témoigner sur la carrière de Maurice Papon par les parties civiles, il y parle des massacres d’octobre 1961. A cette occasion, il publie un article dans la presse dans lequel il accuse nommément M. Papon. Ce dernier porte plainte en diffamation. Le procès a lieu en février 1999, pour la première fois la justice examine le 17 octobre et reconnaît qu’il y a eu massacre.
Mais deux archivistes venus témoigner à son procès, dévoilent des archives accusant M. Papon : ils sont mis au placard (jusqu’en août 2005).
La bataille pour l’accès aux archives continue malgré les déclarations de différents ministres. C’est ce que raconte J.L Einaudi dans « Octobre 1961, un massacre à Paris » paru en 2001, dix ans après sa première enquête. Il a pu approfondir ses recherches après avoir essayé maints et maints refus. Il accède enfin à de nouvelles archives administratives et il apporte la preuve de l’existence de nouvelles victimes.
Il écrit à la fin de son ouvrage : « On sait, par exemple, grâce à plusieurs témoignages que des gens sont morts au Palais des Sports et au Parc des Expositions de la porte de Versailles. Mais jusqu’à ce jour, on ignore ce qu’il est advenu de leurs corps. Le saura-t-on jamais ? On sait également que plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans la cour de la préfecture de police. Mais on n’a jamais retrouvé trace des cadavres. Pas plus que de ces nombreux corps amenés à l’Institut médico-légal le 17 octobre 1961, puis jetés à la Seine selon Gérard Monate (ancien responsable du syndicat général de la police).
Note établie par Saïda Amarouche, Ligue des droits de l’homme, section de Tulle


 

et aussi...
Exposition Lumière derrière vous de David Molteau du 19 octobre au 16 novembre
Médiathèque du Pays d’Argentat - place Joseph Faure
samedi 19 octobre - 11h30 - vernissage de l’exposition

«Cette exposition présente l’évolution de mon travail depuis plusieurs années, l’idée est de rendre visible un projet et non un ensemble d’œuvres, avec ses ouvertures et ses impasses.
Le mouvement, le déplacement, dans le cadre de mon travail de médiateur culturel notamment, génère un flux d’images numériques dont sont extraits des dessins calqués, numériques également; en découle une épaisseur immatérielle qui à beaucoup à voir avec une forme de mémoire».
Dates à retenir pour novembre :
Mercredi 6 novembre - 20h30 - Droit de Questions avec Marc Dufumier, agronome et enseignant chercheur - Tulle - Amphithéâtre du Conseil général
Dimanche 10, Lundi 11, Mardi 12 novembre - à Argentat, Tarnac et Tulle : Chili 40 ans, carte blanche à Federico Rossin, critique et programmateur.
Jeudi 21 novembre - 20h30 - soirée pour la sortie du l’ouvrage de Roger Eymard : Terres Rouges - salle de l’UP.

 

 


 


samedi 7 septembre 2013
Pierre Bergounioux / Jean-Pierre Bréchet
Un livre, une exposition, une rencontre, un film...
Rencontre avec Pierre Bergounioux et Jean-Pierre Bréchet
15h - Librairie Préférences - place Clément Simon - Tulle
Exposition Sillons et écriture de Pierre Bergounioux et Jean-Pierre Bréchet
du 7 au 30 septembre
18h - Vernissage - Eglise St Pierre - Tulle - en présence des artistes
Projection du film Vies Metalliques de Henri Colomer
21h - Cinéma Le Palace - Tulle - projection du film Vies métaliques - en présence du réalisateur et de Pierre Bergounioux



jeudi 19 septembre
Reprise de l’atelier chant traditionnel avec Sylvie Heintz
19h - local de PEC - Tulle



vendredi 20 septembre
Reprise de l’atelier chant «Retour ô 35 choeurs» avec Marion Lherbeil
18h30 - local de PEC - Tulle


cinéma documentaire

juin 2013

en avant programme des Journées Bertrand Tavernier à Tulle Et si on s’engageait ?
De l’autre côté du périph de Bertrand Tavernier (1997-85’) épisode1
lundi 3 - 20h30 - Salle Latreille, entrée libre

L’épisode 2 sera projeté à la médiathèque le samedi 29 juin à 9h50.
Le 11 février 1997, 66 cinéastes, pour protester contre la loi Debré, appellent à la désobéissance civique. Je reçois une lettre du ministre délégué à la Ville et à l’Intégration m’invitant à passer un mois dans la cité des Grands Pêchers à Montreuil. Je me retrouve face à plus de 250 personnes choquées, blessées, offensées par la lettre du ministre. Et c’est là qu’est née l’idée d’un film qui leur permette de répondre, de parler de leurs problèmes, de leurs luttes, de leur vie… de leur colère. Peu à peu, on aborde des sujet comme l’école, le logement, le travail et aussi des sujets de préoccupation et de discorde : l’insécurité, le vandalisme, la délinquance et les rapports difficiles avec les policiers. Au-delà de ces conflits, de ces brutalités et des responsabilités respectives, on découvre aussi la solidarité, l’entraide dans la cité. Chez ces hommes et ces femmes, j’ai rencontré ce que Louis Aragon appelle « le meilleur de l’âme ». Bertrand Tavernier, novembre 1997 (extraits).


 

Pleure ma fille, tu pisseras moins ! de Pauline Horovitz (2011-52’)
vendredi 7 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal- avec l’amical laïque, entrée libre

Partie d’une commande d’Arte sur la question du genre, Pauline découvre Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. On ne naît pas femme ? On le devient ? Pas bête ça... Et si j’allais voir du côté des femmes de ma famille.
Une enquête de famille où la jeune réalisatrice filme son père aux yeux globuleux comme un personnage de cartoon et ose poser des petites questions, l’air de rien, sur cette petite différence.
Un film léger. Si vous avez aimé l’humour de Mafalda, il y a des chances que celui de Pauline Horovitz vous fasse sourire. Question forme, si vous êtes de ceux qui aiment ouvrir les petites portes du calendrier de l’avent et l’art des collections de cadrages façon Varda, il y a aussi des chances que les plages de Pauline vous tentent.


 

Un soir un étranger de Olivier Bertrand (2007-46’)
vendredi 5 juillet- 20h30- salle des fêtes de Chenaillers Mascheix

Dix ans plus tôt, des habitants d’un village d’Ile-de-France avaient caché un immigré clandestin marocain dans leurs greniers.Dix ans plus tard, le réalisateur revient dans ce village, pour essayer de comprendre pourquoi ils ont ouvert leurs portes.Qu’est-ce qui fait que l’on entre en illégalité et en résistance



exposition
Ahlam Shibli au Jeu de Paume
1, place de la Conconde - Paris 8ème,

De 2008 à 2010, Ahlam Shibli en résidence d’artiste à Tulle à l’initiative de Peuple et Culture a conduit un travail photographique qui a donné lieu à l’exposition Trauma au chateau de Sédières, et à l’ouvrage du même nom.
Palestinienne vivant depuis sa naissance (en 1970) sous colonisation et occupation israélienne, Ahlam Shibli, dont le travail artistique est traversé par la question du «chez soi» a été d’emblée touchée par le traumatisme, passé et présent , subi par la population de Tulle autour des événements du 9 juin 1944. Puis son observation à la fois fine et radicale, sa sensibilité à toute situation d’oppression ont ouvert un autre angle, une dimension paradoxale : dans cette même population, souvent dans les mêmes familles, se mêlent des personnes qui ont souffert de la violence de l’occupation nazie, qui ont résisté, et d’autres qui, tout de suite ou quelques années après la Libération, ont participé aux guerres coloniales contre des peuples qui agissaient pour leur indépendance et défendaient leur «chez soi» en Indochine ou en Algérie.
A sa demande, Peuple et Culture a fait découvrir à Ahlam Shibli les monuments, lieux, moments de commémorations officielles et, grâce à son réseau, l’a mise en contact avec les familles des hommes pendus et déportés, des résistants, d’anciens militaires de la guerre d’Algérie, des pieds-noirs, des harkis, des opposants à la torture en Algérie, des Algériens immigrés, des Vietnamiens amenés en France par l’administration coloniale comme soldats ou travailleurs forcés... Elle s’est entretenue avec eux, les photographiant dans leur environnement, leur demandant de lui montrer des objets, des documents extraits de leurs archives personnelles, des lieux... Ces hommes et femmes forment une population hétérogène dans laquelle s’incarnent et se croisent deux moments d’histoire. «Il ne s’agit pas d’établir des équivalences, de comparer les deux situations», déclare-t-elle, «mais de regarder la complexité de l’histoire et en quoi une ville et ses habitants en portent des signes, des traces».
Trauma (48 photographies) fait aujourd’hui intégralement partie d’une rétrospective que consacre le Musée du Jeu de Paume à Ahlam Shibli après le MACBA à Barcelone et le Musée d’Art comtemporain Serralves à Porto.

«Foyer fantôme», titre de la rétrospective (du 27 mai au 1er septembre 2013) réunit avec Trauma cinq autres séries photographiques qui condensent les recherches d’Ahlam Shibli autour de la notion du «chez soi».
Depuis le milieu des années 1990, les photographies d’Ahlam Shibli s’attachent à cerner les conditions de vie sous l’oppression. L’esthétique documentaire forgée dans les territoires occupés par Israël pour traiter des traumas inhérents à la discrimination, à l’expulsion et à la mort violente du peuple palestinien, a été transposée vers d’autres lieux où la notion du « chez soi » est tout aussi problématique. Qu’il porte sur les commémorations de la Résistance française et leurs contradictions, puisqu’on apprend que ceux-là mêmes qui subirent une violence insoutenable purent servir ensuite un régime colonial tout aussi injuste, ou sur des individus obligés, en désespoir de cause, d’émigrer pour réconcilier leur corps et le désir d’appartenir à un genre autre que celui qui leur est assigné, le travail d’Ahlam Shibli parle de déracinement et d’occupation sans les limiter au conflit palestinien, mais en les étendant à d’autres pays et situations où règnent l’injustice et le paradoxe.
Il traite de la perte de la terre et de la lutte contre cette expropriation, mais aussi des restrictions et des limitations que l’idée de terre impose aux individus et aux groupes touchés par une politique identitaire répressive dans la série Eastern LGTB (Lesbian,Gay, Bisexual, Transgenre) réalisée à Londres de 2004 à 2006.
Ahlam Shibli travaille avec des ressortissants originaires de pays orientaux qui ont dû quitter leur famille et leur pays, faute de pouvoir vivre comme ils l’entendaient. À l’étranger et parfois seulement le week-end, en club, ils ont trouvé les conditions qui leur permettent d’être ce qu’ils sont vraiment.
Trackers (2005) montre les Palestiniens d’origine bédouine qui ont servi, ou servent encore, comme volontaires dans l’armée israélienne. Ce travail est une recherche sur le prix qu’une minorité est obligée de payer à une majorité, pour être acceptée ou pour survivre, ou peut-être tout à la fois. Comme l’explique l’artiste : “Les trackers sont payés en argent liquide, et trois ans après avoir quitté l’armée, il leur est permis d’acheter aux Israéliens des terrains en bénéficiant d’une remise de 75%. Mais les terres qu’ils achètent étaient celles de leurs familles avant la création de l’état d’Israël.”
Dom Dziecka (2008) est une série de photographies réalisées dans onze orphelinats polonais (dom dziecka, en polonais) où sont dévoilées les conditions de vie d’enfants qui grandissent non pas au sein d’une famille mais dans un centre d’accueil. La cellule familiale classique fait place ici à une société d’enfants où les relations familiales habituelles sont à la fois remplacées et déplacées pour former un corps social nouveau et spécifique.
La série Self Portrait (2000) se situe en marge des ensembles précédents. La photographe y recrée un épisode de son enfance. Une fille et un garçon sont les protagonistes d’une histoire aux contours flous qui se déroule aux abords du village où l’artiste a grandi. Leurs gestes, leurs jeux et leur position au milieu d’un champ ouvert définissent un territoire qui, loin de revêtir une démarcation rigide, existe en tant que représentation. La production de « territoires existentiels», selon le terme du philosophe français Félix Guattari, est une forme de résistance qui peut s’exercer à l’intérieur d’autres territoires.
Enfin, Death (2011-2012) dernière série en date, conçue spécialement pour l’occasion, montre les efforts de la société palestinienne pour préserver la présence de ceux qui ont perdu la vie en combattant l’occupant.

 

 

 


Programmation Mai 2013

 

Les derniers jours de l’hiver de Mehrdad Oskouei (2012-52’)
mardi 14 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, entrée libre

Cette projection s’inscrit dans les journées des droits de l’enfant organisées par L’OCCE les 14 et 15 mai.
Ce sont les derniers jours de l’hiver à Téhéran et tout le monde se prépare à célébrer le Nouvel An iranien.
La caméra suit la vie de 7 adolescents au sein d’une Maison de Correction pour mineurs. Le film nous fait partager leurs pensées et les enfants, malgré leur jeune âge, évoquent avec beaucoup de force et de lucidité ce qui les a amenés là, leurs angoisses, leurs désirs et leur forte envie d’échapper à un destin cruel.


 

La saga des Conti de Jérôme Palteau (2012-97’)
mercredi 22 - 21h - cinéma Le Palace - Tulle

11 mars 2009, les 1120 salariés de l’usine de pneumatiques « Continental » de Clairoix reçoivent leur lettre de licenciement.
Dès les premiers jours c’est la colère, mais ceux que l’histoire retiendra sous le nom des « Conti» sont déjà habités d’une certitude : celui qui se bat n’est pas sûr de gagner, mais celui qui ne se bat pas a déjà perdu.
Le film relate le conflit sur plusieurs mois, dans ses grandes étapes, mais aussi et surtout en coulisses, au plus près de ses acteurs: Xavier Mathieu, Roland Szpirko, et tous les autres. On découvre de l’intérieur la mise en œuvre d’une stratégie inédite, on assiste à sa montée en puissance au jour le jour, à une combinaison d’actions judiciaires, de coups de force, de diplomatie et d’opérations de relations publiques. Les Conti nous livrent leur aventure à la fois collective et individuelle, leur propre analyse des évènements, leur vision d’un monde qui change : subjective, mais toujours pertinente et lucide. Une peinture d’un certain monde ouvrier en mutation.
Et au-delà des chiffres, la saga des Conti est aussi un film sur l’amitié, l’histoire d’un groupe d’hommes et de femmes (surtout d’hommes, il faut bien le reconnaître) confrontés à un défi qui engage leurs vies.
Xavier Mathieu, délégué CGT, s’est illustré par son combat lors du plan social des Continental.

 


La lutte du Larzac de Philippe Cassard (2003-90’)
vendredi 31 - 20h30 - La vie et demie - Tulle

En 1971, la population du Larzac s’est trouvée brusquement confrontée à un projet de l’Etat qui menaçait son existence : l’extension du camp militaire. Face à cette décision, une résistance populaire imaginative et non-violente s’est organisée pendant dix ans autour d’un solide noyau de paysans soutenu par un très vaste mouvement national. Les actions de désobéissance civile (construction d’une bergerie illégale, adduction d’eau dans les fermes convoitées par l’armée...) succèdent aux marches et aux rassemblements de toutes sortes (camping sous la tour Eiffel, brebis dans le Palais de Justice...), dans la chaleur humaine et la détermination, jusqu’à ce que l’Etat abandonne le projet en 1981. Sans jamais être récupérés par aucun des mouvements qui les soutenaient, les paysans du Larzac ont inventé une façon nouvelle de lutter.
 Ce documentaire retrace les dix ans de lutte contre l’extension du camp militaire du Larzac, filmée et racontée par ceux qui l’ont faite. Cette chronique est montée à partir des films super 8 tournés pendant la lutte par des militants et des paysans du Larzac, en particulier Claude Baillon, Pierre Burguière, Michel Cabirou, Alain Julien, Léon Maillé, Raymond Martin et Louis Vézy.


 


 


avril 2013


Notre dame des luttes
de Jean François Castell (2012 - 52’)
samedi 6 - 20h30 - La vie et demie à Tulle

Le documentariste Jean-François Castell a passé trois semaines au cœur de la Zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes et nous livre son regard «à hauteur d’homme» sur cette lutte qui a pris une ampleur exceptionnelle depuis le début de la répression policière le 16 octobre et surtout avec la manifestation de réoccupation du 17 novembre. À visage découvert, les activistes venus de partout décrivent cette «fraternité» qu’ils ont trouvée dans l’organisation autonome de cette lutte. On les voit au quotidien, se servir dans le «free shop», participer à la cuisine, construire des cabanes habitables, et aussi, résister aux forces de l’ordre qui les poursuivent jusque dans les arbres. «On ne défend pas ses idées dans son salon», dit une dame venue se joindre à ce «nouveau Larzac». C’est, appelées par cette nécessité de donner de soi que des centaines de personnes, aux profils très variés, convergent vers ce qui est en train de devenir «un lieu mythique».


 

Cleveland contre Wall street
de Jean-Stéphane Bron (2010, 98 min)
Mardi 9 - 20h30 - Salle Latreille à Tulle

Certains d’entre vous connaissent peut-être son génie helvétique, où le réalisateur suisse filmait le Palais fédéral comme on ne l’avait jamais vu. Intrigues, alliances et jeux d’influence au sein du parlement suisse. Le thriller politique avait passionné la Suisse entière.
Il continue d’explorer les arcanes du pouvoir, celui de l’argent cette fois en nous donnant des clefs pour comprendre ce qui se tramait dans le terrible théâtre des subprimes. Le documentaire haletant et tonique remet en scène un procès, comme si nous y étions. Le 11 janvier 2008, Josh Cohen et ses associés, avocats de la ville de Cleveland, assignent en justice les 21 banques qu’ils jugent responsables des saisies immobilières qui dévastent leur ville. Mais les banques de Wall Street qu’ils attaquent s’opposent par tous les moyens à l’ouverture d’une procédure.
«Cleveland contre Wall Street» raconte l’histoire d’un procès qui aurait dû avoir lieu. Un procès de cinéma, mais l’histoire, les protagonistes et leurs témoignages sont bien réels


 

La Cause et l’usage
de Dorine Brun et Julien Meunier (2012, 62 min)
vendredi 12 - 20h30 - salle des fêtes de St Jal

C’est connu, les documentaires sur la politique flirtent souvent avec la comédie. De 1974, une partie de campagne, dans lequel Raymond Depardon filmait Valéry Giscard d’Estaing candidat à l’élection présidentielle, au Président d’Yves Jeuland, portrait de Georges Frêche en potentat machiavélique, le sel de ces films tient à ce qu’ils montrent la trivialité de l’exercice de la politique, aux images volées en coulisses, au contraste entre les personnages en chair et en os et à la noblesse théorique de la fonction convoitée. Dans ce documentaire dont le titre renvoie justement à cet écart entre la grandeur de la cause politique et la veulerie de certains de ceux qui prétendent la défendre, le rire ne tarde pas à provoquer l’effroi.
La cause et l’usage se passe à Corbeil-Essonnes, ville de la région parisienne qui fut dirigée, entre 1995 et 2009, par le milliardaire Serge Dassault (96e fortune du monde selon le classement 2011 de Forbes), lequel fut forcé de renoncer à son mandat après que le Conseil d’Etat l’eut condamné pour avoir acheté les voix de ses électeurs pendant les municipales de 2009. Le film a été tourné lors de la campagne qui se tint dans la foulée pour élire un nouveau maire, et au cours de laquelle le candidat UMP Jean-Pierre Bechter, bien connu des Corréziens, se présentait ouvertement comme l’homme-lige, l’affidé de Serge Dassault, avec un slogan en forme d’insulte à la décision du Conseil d’Etat : «Voter Bechter c’est voter Dassault.»


 

Les glaneurs et la glaneuse
d’Agnès Varda (2000 - 82’)
vendredi 29 - 20h30 - La vie et demie - Tulle

Un peu partout en France, Agnès a rencontré des glaneurs et glaneuses, récupérateurs, ramasseurs et trouvailleurs. Par nécessité, hasard ou choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Leur univers est surprenant. On est loin des glaneuses d’autrefois qui ramassaient les épis de blés après la moisson. Patates, pommes et autres nourritures jetées, objets sans maître et pendule sans aiguilles, c’est la glanure de notre temps.
Mais Agnès est aussi la glaneuse du titre et son documentaire est subjectif. La curiosité n’a pas d’âge. Le filmage est aussi glanage.


 

décade cinéma et société
étranges étrangers

The Devil
de Jean-Gabriel Périot (2012, 7 min)
- 21h - 30 avril - Cinéma le Palace

Sept minutes d’archives sur les Black Panthers sur fond de musique post-punk.
suivi du film
Dernier maquis
de Rabah Ameur-Zaïmèche (2008-93 min)
en présence du réalisateur ou d’un acteur du film et de Danièle Restoin de Mémoire à vif, Limoges.
Au fond d’une zone industrielle à l’agonie, Mao, un patron musulman, possède une entreprise de réparation de palettes et un garage de poids lourds. Il décide d’y ouvrir une mosquée et désigne l’imam sans aucune concertation…

 

 

 


programme mars 2013


 


L’innocence d’Adrien Charmot (2011 - 62’)
mardi 5 - 20h30 - salle Latreille - Tulle

«Pourtant j’ai essayé d’oublier, mais c’est impossible. J’ai tellement essayé d’oublier que je ne me rappelle plus trop comment ça s’est passé, ni combien de fois.» Adrien Charmot
Prendre sa caméra et son courage à deux mains pour aller interroger ces adultes qui ont été vos parents, qui ont été des enfants et qui n’ont pas su, ni pu dire non à des adultes : tel aura été le pari et la quête d’Adrien Charmot. Que peut-on retrouver à travers une photo d’enfance ou un procès ?



Le thé ou l’électricité de Jérôme Lemaire (2012 - 93’)jeudi 7 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche
Le Thé ou l’Électricité est l’histoire épique de l’arrivée de l’électricité dans un village isolé et enclavé au cœur du Haut Atlas marocain. Durant plus de trois années, saison après saison, le réalisateur dévoile patiemment les contours de la toile qui se refermera inexorablement sur les habitants d’Ifri. Sous nos yeux se dessine l’image d’une modernité impitoyable à laquelle le petit village va être relié.



Small is beautiful d’Agnès Fouilleux (2010 - 106’)
dimanche 10 - 17h30 - au Battement d’ailes - Cornil,

dans la cadre de la Bourse aux graines
Au delà des discours et des bonnes volontés politiques affichées, les conséquences de l’évolution de notre agriculture sont là : malbouffe, dégâts environnementaux irréversibles, conséquences sociales ... Le constat de la mise à mal des quatre éléments fondamentaux qui assurent la souveraineté alimentaire à venir : l’eau, la terre, les semences, et la biodiversité est aujourd’hui alarmant.
Le film d’Agnès Fouilleux nous révèle pas à pas les mécanismes et les enjeux de la mondialisation et de la financiarisation de l’agriculture, face auxquels des résistances commencent à apparaître.



Ecuador, une politique au delà de l’utopie
de Jacques Sarrasin (2011 - 72’)

vendredi 22 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, dans le cadre de la Quinzaine du doc
en présence de Tobar Bolivar, président de France Ecuador avec Mashikuna et Mémoire à vif
Dans un monde à sens unique, où les pays du nord exportent leur modèle économique et politique dans le monde entier, il existe un pays d’Amérique latine qui s’est engagé dans une réforme profonde de ces modèles et invente une nouvelle gouvernance, pragmatique et humaniste.
Ce pays est l’Equateur. Rafael Correa, économiste réputé, venu à la politique comme on part en mission, en est devenu le Président en 2006. Il a transformé un pays aux structures archaïques en une démocratie participative, sociale, indépendante et écologique. Aux équatoriens, il a apporté l’espoir que les vieilles structures figées n’étaient pas une fatalité, que tous les citoyens avaient leur mot à dire et qu’il y aurait enfin quelqu’un pour les écouter.



Willy Ronis, une journée à Oradour de Georges Chatain, Pascal Plas et Patrick Séraudie (2012 - 30’)
Willy Ronis, autoportrait d’un photographe de Michel Toutain (2003 52’).

mercredi 27 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, dans le cadre de la Quinzaine du doc,
en présence de Patrick Séraudie, réalisateur et producteur Pyramide Production
Ce film revient sur la journée du 12 Juin 1949 où, à l’initiative de Louis Aragon et Frédéric Joliot-Curie, une caravane d’artistes et d’intellectuels proches du mouvement de la Paix se rend à Oradour-sur-Glane pour une journée commémorative. Quelque 400 créateurs parmi lesquels Elsa Triolet, Pablo Picasso, Fernand Léger et Tristan Tzara ont fait don d’une œuvre d’art ou d’un manuscrit pour constituer un Livre d’Or collectif, offert à la commune.
«A la demande de Louis Aragon, Willy Ronis accompagne cette délégation d’intellectuels et d’artistes. Il réalise un reportage dont les Lettres Françaises publient quelques images. Lors de cette journée, parallèlement à l’événement immortalisé par la photo d’Aragon brandissant le Livre d’Or au-dessus de la foule, il pose son regard de photographe humaniste sur la population du village. La plupart de ces photos resteront inédites. Elles constituent aujourd’hui l’unique témoignage iconographique de cet événement, mais aussi une trace de la vie des familles dans ces années de reconstruction. 57 ans plus tard, en 2006, je demande à Willy Ronis de ressortir ses négatifs. J’enregistre alors son témoignage autour de cette journée du 12 Juin 1949.»
Un film de 30 minutes pour dévoiler une partie jusqu’alors méconnue de l’œuvre du photographe. La projection sera précédée de la diffusion d’un documentaire de 52 minutes consacré au photographe : Willy Ronis, autoportrait d’un photographe réalisé en 2003 par Michel Toutain et également produit par Pyramide Production.



Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda (2000 - 82’)
vendredi 29 - 20h30 - La vie et demie - Tulle

Un peu partout en France, Agnès a rencontré des glaneurs et glaneuses, récupérateurs, ramasseurs et trouvailleurs. Par nécessité, hasard ou choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Leur univers est surprenant. On est loin des glaneuses d’autrefois qui ramassaient les épis de blés après la moisson. Patates, pommes et autres nourritures jetées, objets sans maître et pendule sans aiguilles, c’est la glanure de notre temps.
Mais Agnès est aussi la glaneuse du titre et son documentaire est subjectif. La curiosité n’a pas d’âge. Le filmage est aussi glanage.



lecture
Le passage, texte de Fadwa Suleiman
dimanche 24 - 15h30 - librairie L’aire libre - Argentat

interprétation Fadwa Suleiman, mise en lecture par Catherine Boskowitz
dans le cadre des rencontres littéraires Nouvelles Zébrures organisées par le festival des Francophonies
Sur le plateau, une femme, seule en scène. Au travers des mots et de la voix de Fadwa Suleiman, la révolution syrienne réprimée depuis un an et demi dans le sang sous les yeux des spectateurs du monde entier, prend corps.
En incarnant ici la dualité qui habite tout homme ou toute femme en Syrie comme ailleurs - soi-même oppresseur et oppressé, tueur et victime, complice du pouvoir et résistant -, Fadwa Suleiman tentera de faire surgir, par son texte et sa présence, une voix (voie) universelle loin de la barbarie et la confusion des genres qui caractérise la situation syrienne.
Le texte est lu en français et en arabe par Fadwa Suleiman (les fragments en langue arabe sont dits en français simultanément par Catherine Boskowitz). Catherine Boskowitz a rencontré Fadwa Suleiman à Damas en 2006 et l’a mise en scène sur le spectacle Secret de famille de l’auteur syrien Amr Sawa. En avril dernier, dès l’arrivée de Fadwa en France, elles se sont retrouvées et ont décidé de continuer à travailler ensemble.
Aujourd’hui, figure de la résistance syrienne réfugiée en France, Fadwa Suleiman a écrit
Le passage sous la forme d’un autoportrait théâtral. Ce texte rend compte d’un combat partagé avec nombre de syriens qui l’ont soutenue et suivie lorsque, depuis un an, elle s’est opposée directement et physiquement à la violence du pouvoir, aux armes de la guerre qui affluent sur le territoire et aux divisions communautaires et confessionnelles. En France pour un temps qu’elle ne peut prévoir, Fadwa Suleiman a écrit Le passage pour le porter au théâtre. Elle souhaite l’incarner sur différents plateaux pour trouver les conditions d’un véritable échange avec le public français.

Plusieurs lectures de ce texte ont été données : au Festival d’Avignon en juillet dernier, au Festival des Polyphonies à Calvi en septembre, et au Festival des Francophonies en Limousin ce début octobre.
Fadwa Suleiman est comédienne et auteure. Comédienne, en Syrie elle a joué notamment au théâtre dans Les voix de Maria de Lydia Sherman Hodak, dans Un riche et trois pauvres de Philippe Bazireau, Secret de Famille d’Amr Sawa et No comment avec Walid Al Koualy. Au cinéma, elle tourne avec Abed al Latif, Abed al Hamid, le long métrage Out of aria; avec Nidal Hassan, Histoire de chaque jour; avec Mohammad Malass, le court métrage Mouchoirs, Mouchoirs ! et avec Gayanieh Gigi dans Le père aussi. Elle a aussi beaucoup tourné dans des séries à la télévision. Réfugiée politique en France depuis avril 2012, elle écrit et intervient dans de nombreuses manifestations pour dénoncer la situation actuelle en Syrie et venir en aide aux victimes. Son texte Le passage sera édité début 2013 aux Editions Lansman.

Catherine Boskowitz est metteure en scène. Elle vit dans le Morvan et à Paris, travaille en France, en Haïti, au Congo et au Moyen-Orient, voyage en Europe. A l’intérieur de ce mouvement, de ces allers et retours, elle trouve la cohérence de sa recherche et construit avec son équipe, un travail de création où le théâtre occupe une place essentielle.
Sa dernière création La dernière interview de Jean Genet, avec sur le plateau l’acteur-auteur Dieudonné Niangouna, revient d’une tournée dans neuf pays d’Afrique et sera reprise à Paris en février prochain à la Maison des Métallos puis à Montréal au théâtre l’Espace Libre. Témoin de nombreux événements sociaux et politiques qui ont secoué la planète ces vingt dernières années, Catherine Boskowitz s’attache à tisser le lien entre Art et Société, à questionner l’époque contemporaine à partir de vecteurs pluriels tels la scène, l’image, la performance, la peinture, le son…



décade cinéma et société
étranges étrangers?
du mercredi 13 au dimanche 17
à Naves, St Jal, Cornil, Uzerche, Argentat, Chenaillers-Mascheix et Tulle

(cf programme ci-joint)



et aussi...
La quinzaine du doc
du 20 mars au 2 avril - cinéma le Palace - Tulle

Pierre Rabhi, au nom de la terre de Marie-Dominique Dhelsing (2012 - 98’),
en présence de Françoise Vernet, vice-présidente de Terre Humanisme.
samedi 30 - 20h - cinéma le Palace - Tulle
Pierre Rabhi est agriculteur, écrivain et penseur, pionnier de l’agroécologie. Après 40 ans d’engagement au service de l’Homme et de la Nature, il appelle aujourd’hui à «l’insurrection des consciences» pour fédérer ce que l’humanité a de meilleur pour préserver notre planète-paradis face aux dommages et aux souffrances qu’elle subit.
Ce premier long métrage qui lui est entièrement consacré raconte le cheminement d’une vie et la conception d’une pensée qui met l’humanité face à l’enjeu de sa propre destinée.
Rude Boy Story de Kamir Meridja (2012 - 85’)
mercredi 20 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, avec des Lendemains Qui Chantent
Un long sillon de la Dordogne au Mali de Frédéric Chignac (...-...)
samedi 23 - 20h - cinéma le Palace, en présence du réalisateur (originaire de Tulle)



 

Trois hymnes à la joie en février
et si l’art-genre- faisait le bonheur ?

Impossible de résister à ce jeu de mot et pour cause, voilà trois films Pleure ma fille, tu pisseras moins ! de Pauline Horovitz , Kinshasa Symphony de Martin Baer et Claus Wischmann et enfin L’argent, raconté aux enfants et à leurs parents de l’incroyable Claudio Pazienza qui surprennent par leur audacieuse effervescence.
Si d’aventure en février, en voyant le monde se poser des questions de genre, de dettes ou de sens de l’existence, vous aviez des maux de tête, PEC ne saurait vous conseiller d’autres pharmacopées que ces trois films à voir et revoir…
Nous programmons au gré de nos coups de cœur, de nos rencontres avec les films et les lieux partenaires. Et programmer c’est peut-être vouloir partager son plaisir de spectateur avec une communauté élargie d’autres spectateurs.
C’est donc comme un heureux hasard que la tonalité de février soit celle de la joie, de la volonté de savoir, de la volonté de créer, d’assembler en un bricolage existentiel tantôt foutraque, farfelu et cocasse avec la patte excentrique de Pauline Horovitz, tantôt poétique, philosophique et drôle avec les cheminements de Claudio Pazienza ou bricolages encore bien réels des musiciens de l’orchestre symphonique de Kinshasa qui composent avec une force de vie et une joie communicatives.
Le documentaire de création est bien étrange finalement, il a ce goût de continent littéraire. Plus on l’explore et plus on découvre des voix familières et singulières. Pauline Horovitz a un petit goût de Phillip Roth, Claudio Pazienza un petit goût de Claudio Pazienza.
Obsédés par une question, ces réalisateurs vont cuisiner leurs proches ou leurs protagonistes dans leur cuisine, leur salon, les pourchassent même jusque chez le coiffeur en quête d’une réponse.
« Dis c’est quoi pour toi être une femme ? » demande l’une. « Et c’est quoi l’argent pour toi ? » demande l’autre à ses vieux parents ouvriers, immigrés italiens de Belgique. Alors je n’ai pas pu m’empêcher de copier ces réalisateurs et de leur poser la question qui me vient au coeur à chaque fois que je vois un film documentaire inclassable : « Mais c’est quoi un documentaire de création, ça se définit comment ? »
En objet de mon mail à Claudio Pazienza, j’avais écrit : « petite question ». Voici sa réponse :
« à ta question (qui n’est pas petite): « pour toi c’est quoi le documentaire de création, comment tu l’habites ou le cartographies ? » Je réponds : « Faire un documentaire, c’est donner corps à une perception, inventer une manière, un détour, un langage pour rendre compte de ce qu’on a ‘‘vu’’. Dans le mot ‘‘vu’’ il n’y a pas que le perceptible, le visible... le réel ne se limite pas à ça. Faire un documentaire c’est aussi donner une forme à ce qui n’est pas nécessairement visible, mais qui habite ce qui est là devant nous et s’y agite de manière parfois incompréhensible ou pas encore nommable. C’est nécessairement faire l’expérience d’une rencontre avec l’autre, c’est nécessairement inventer un langage pour traduire au mieux ce qui surgit, mon ‘‘réel’’. En ce sens tout documentaire est de création. »
Quant à Pauline Horovitz, de ma question, elle en a fait trois, subdivisées en trois volets. Voilà qui donne aussi une idée de la méticulosité avec laquelle elle fouille le réel avec sa caméra. Si vous voulez sa réponse, je ne peux que vous encourager à venir à la projection du jeudi 7 février, salle de L’Uni Pop. Pauline sera présente et nous vous distribuerons ses réponses que vous pouvez trouver sur le site de PEC à l’adresse suivante : Entretien avec Pauline Horovitz
En attendant, je ne résiste pas à vous livrer une partie du mail de Pauline Horovitz à qui j’avais demandé un petit texte.
« Je n’ai pas pu m’empêcher entre temps de faire quelques modifications, surtout stylistiques (qui ne rajoutent rien à la longueur du texte). Mais j’avais oublié de citer Guy Maddin, cinéaste génial et auteur d’un des plus grands documentaires que je connaisse, Winnipeg mon amour.
Je regrette de ne pas pouvoir vous rendre un texte un peu plus élaboré, synthétique, et qui ne parte pas dans tous les sens... Mais je suis sûre que Claudio a dû faire quelque chose de très bien (en plus d’être un cinéaste brillant, il parle très bien de son travail).
Il y a quelque chose dont j’ai oublié de parler, c’est la question de la générosité : générosité envers le spectateur (ce qui veut dire pour moi être exigeant dans le projet du film, ne pas considérer le film comme une occasion de faire sa thérapie, pousser le montage le plus loin possible, offrir quelque chose de riche et de lisible à la fois...). Mais c’est une question compliquée, comme celle du style, alors je ne vais pas me lancer dedans ! »
Voici donc une posologie ou prescription documentaire en trois temps. Si les douleurs persistent, nous ne pouvons que conseiller de nous suivre et de découvrir ce mois-ci les machines outils génialissimes conçues et dessinées par les enfants consultés par Rado. Et puis peut-être s’arrêter un instant à la Ressourcerie, la Transformerie, La vie et demie quoi… à lire ce mois-ci, petit portrait de ce jardin extraordinaire loin des noirs buildings et des passages cloutés…comme chantait l’autre.

Nadia Mokaddem


Pleure ma fille, tu pisseras moins ! de Pauline Horovitz (2011-52’)
jeudi 7 - 20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle, en présence de la réalisatrice, entrée libre
vendredi 8 - de 12 à 14h - casse-croûte ouvert à tous avec Pauline - PEC

Partie d’une commande d’Arte sur la question du genre, Pauline découvre Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. On ne naît pas femme ? On le devient ? Pas bête ça... Et si j’allais voir du côté des femmes de ma famille.
Une enquête de famille où la jeune réalisatrice filme son père aux yeux globuleux comme un personnage de cartoon et ose poser des petites questions l’air de rien sur cette petite différence.
Un film léger. Si vous avez aimé l’humour de Mafalda, il y a des chances que celui de Pauline Horovitz vous fasse sourire. Question forme, si vous êtes de ceux qui aiment ouvrir les petites portes du calendrier de l’avent et l’art des collections de cadrages façon Varda, il y a aussi des chances que les plages de Pauline vous tentent.



Kinshasa Symphony de Claus Wischmann et Martin Baer (2011-95’)
vendredi 8 - 20h30 - salle des fêtes - Sérilhac avec le foyer culturel, entrée libre

Martin Baer est caméraman et a l’habitude de filmer des musiciens de haute volée comme l’orchestre philharmonique de Berlin. Claus Wischmann est musicien. Il y a chez ce duo de réalisateurs un amour de la musique et de la mise en valeur cinématographique de la musique.
Loin du confort des formations occidentales, la symphonie de Kinshasa c’est l’histoire d’un
orchestre qui tient à l’énergie de ces congolais hors du commun. Martin Baer et Claus Wischmann filment avec générosité et émerveillement la vie d’un orchestre qui tient du miracle et où l’on ne s’arrête pas de jouer à la moindre anicroche.
Et pourquoi se poser la question de savoir si Beethoven peut passer les frontières. Beethoven, c’est comme l’air, il est à tout le monde, non ? Lo-love Beethoven chantait Chuck Berry ! Récit grandiose qui nous rappelle que l’existence, ça se bricole avec ténacité.



L’argent, raconté aux enfants et à leurs parents de Claudio
Pazienza (2002-53’)
samedi 23 - 20h30 - Transformerie La vie et demie - Tulle, entrée libre

Le film scrute, sur le mode d’une fable humoristique et pince sans rire, la métallique maigreur d’une pièce de monnaie et raconte, par bribes, l’histoire d’une famille ouvrière incapable de conjuguer besoins, désirs et moyens.
De père en fils, on vit dans l’angoisse de la dette. Cela inquiète évidemment le fils (l’auteur du film), bientôt père à son tour. C’est donc une histoire de «cuisine interne» à laquelle sont conviés des monétaristes, des philosophes, un gouverneur de banque centrale et un utopiste de province, le professeur Giacinto Auriti, auteur d’un jubilatoire projet de propriété populaire de la monnaie et néanmoins inventeur d’une monnaie alternative ayant eu cours quelques mois dans une ville moyenne de l’Italie du Centre (Guardiagrele).
À pile ou face, le film décrypte et radiographie des concepts d’économie monétaire et des états d’âme avec le secret souhait de conjurer des dettes par l’effet cathartique de la parole ou de l’utopie. Moralité : la dette, c’est le coût du lien social.




 

Janvier 2013
Les aliens, les fantômes et les invisibles :
et pourquoi cacher cet humain que je ne saurais voir !

Il y a en science fiction et dans le cinéma d’épouvante cette tradition de se faire peur en allant chercher une supra réalité, un recours à un imaginaire qui crée de toutes pièces des monstres, matérialisations concrètes de nos peurs et de nos fantasmes.
Parce que la peur est là, parce que le monstrueux aussi, parce que le fantasme suggère l’envie d’être moins que jamais renvoyé à ce monstre que nous portons en nous, cette peur que notre condition nous inspire. On a donc inventé, rêvé, désiré des aliens, des ombres maléfiques ou bienveillantes selon que notre besoin de consolation ou de punition nous l’insufflait. Consolation parce que nous semblons parfois ne plus savoir comment nous y prendre pour vivre entre humains, comme si on en avait fait le tour de cette espèce là. à l’instar des slogans lus en manif : ‘‘étrangers ne nous laissez pas seuls avec les nationaux’’, on aurait presque envie d’aliens pour réinventer un rapport à l’autre.
Je n’ai jamais vraiment aimé ces films là, soit ils me font très peur, soit ils me laissent sur la touche. Je ne comprenais pas cette nécessité de croire ou d’espérer d’autres habitants de l’univers alors qu’il y a déjà bien à faire avec ceux là qui nous côtoient.
C’est mon côté terre à terre, j’aime bien Alf, parce qu’il est drôle mais l’idéologie E.T. Maison me touche moins et puis il est ‘‘too much’’: trop moche, trop autre, trop ‘‘bip bip, je te signale que tu as affaire à un autre’’.
Et en préparant la programmation de la Décade de ce printemps avec l’équipe de Peuple et Culture et de Autour du 1er Mai, qui sera consacrée aux étranges étrangers, nous voilà confrontés à des images, des films, des représentations et un leitmotiv qui m’inquiète par ce qui m’apparaît être une nouveauté de nos sociétés occidentales mais une nouveauté au parfum de déjà vu. C’est en voyant Sombras puis La nuit remue et aussi
Ceuta, douce prison que s’opère la construction d’une vision apocalyptique et de science fiction : notre réalité aujourd’hui.
Nos villes regorgent en fait de naufragés d’un capital international qui se cachent dans les recoins et s’apparentent peu à peu à des aliens. Des gens se cachent, vivent dans nos interstices, nos zones désertes. Ces nouveaux Ulysse des temps modernes qu’aucun aède n’a envie de célébrer, viennent s’échouer à nos portes cadenassées. Ça me donne envie de
relire L’Odyssée. Aucun Manuel Valls sur sa route, aucune police des frontières mais d’autres
Charybde et Scylla.
En quoi sont-ils des aliens ? (et non des maliens comme me le suggère sans fin mon correcteur d’orthographe). Il faut voir Sombras, La nuit remue et peut-être même Les invisibles pour sentir chez ces hommes, qui ont fait un long voyage dans la transgression, une humanité et une énergie de la radicalité à vouloir s’en sortir, à vouloir être libres.
En voyant Sombras et La nuit remue, on est vraiment loin de ces clichés de sans-papiers envahisseurs, venus voler le pain des Européens. On voit surtout des hommes au courage surprenant qui, après avoir bravé les mers, défié les frontières, frôlé la mort, ne s’attendaient pas à trouver d’autres barrières bien plus infranchissables : celles des ‘‘individus forteresse’’ que nous sommes tous et toutes en passe de devenir, ici, l’un contre l’autre, en Occident. Et ces nouveaux aliens sont là à se repaître de nos miettes, de nos silences hostiles ou indifférents, dans nos nuits. Et à les regarder s’abîmer au contact de notre Europe enkystée dans ses peurs, je voudrais qu’ils revendiquent haut et fort leur étrangeté. Oui, ça ils sont bien étranges, ils nous rappellent, avec poésie en plus, ce qu’humain pourrait vouloir dire.
L’humanité, tu l’aimes ou tu la quittes ? Et si vous veniez nous dire à ces trois projections-débat vers quel rivage vous guide votre cœur ? Oui, bonne nouvelle, nous reprenons nos rendez-vous cinéma documentaire à Tulle en 2013 en partenariat avec le Palace bien sûr mais aussi à la salle Latreille et avec un lieu OVNI : ‘‘La vie et demie’’ à Tulle, un lieu qui mérite le détour, où l’on rencontre des aliens d’un autre type. Et nous aurons le plaisir d’y recevoir Bijan Anquetil, le réalisateur de La nuit remue et Hamid, l’un des jeunes afghans qu’il a filmé.

Nadia Mokaddem, Peuple et Culture.


Sombras de Oriol Canals (2009-94’)
jeudi 10 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, entrée libre

Oriol Canals annonce la couleur de son film par une petite voix off dès le début et une légère installation. Il nous dit pourquoi il va filmer et comment. Chaque année, il voit arriver des
migrants en Espagne. Il choisit de les approcher et de leur offrir sa caméra pour qu’ils racontent à la famille restée là-bas en Afrique, le récit concret de ce naufrage quotidien dans une Europe qu’ils avaient pourtant crue être cette bouée de sauvetage.
La caméra d’Oriol Canals filme avec justesse du point de vue de ces visiteurs qui semblent condamnés à rester en permanence sur le seuil de la porte, en dehors du mouvement des villes et des familles, en dehors même des fêtes de village. Emaillé de lettres vidéo destinées à la famille restée là-bas, le film provoque enfin cette rencontre entre ces silhouettes entrevues dans les journaux télévisés et nous.



Les invisibles de Sébastien Lifshitz (2012-115’)
vendredi 25 - 21h - cinéma le Palace - Tulle

Personne ne l’a vu à PEC mais nous avions très envie de le voir, alors une fois n’est pas coutume on programme sans l’avoir vu ! Le réalisateur, tout jeune, s’est penché sur des vieux et des vieilles aux mœurs bien étranges pour leur époque : oui, quelle idée saugrenue d’aimer un homme… quand on est un homme, ou une femme quand on est une femme. Hasard du calendrier politique hexagonal, à l’heure où l’on parle du mariage pour tous.
Sébastien Lifshitz travaille depuis un moment sur nos mœurs sentimentales des soixante
dernières années. Il a rencontré plus de 70 hommes et femmes d’un âge respectable de tous milieux sociaux qui nous livrent le récit de leurs amours réprouvées par la morale. Le réalisateur a choisi des personnages qui ont su prendre de la distance avec leurs blessures de vie et distillent avec humour et tendresse des clefs du métier d’homme. C’est aussi un autre regard sur la vieillesse, loin de l’imagerie grise à l’odeur de naphtaline.


La nuit remue de Bijan Anquetil (2012-45’)
samedi 26 - 20h30 - La vie et demie - 53, avenue Lucien Sampaix - Tulle

en présence du réalisateur et de Hamid, protagoniste du film, entrée libre
Quelles images avez-vous de l’Afghanistan ? Savez-vous à quoi rêve un jeune Afghan, et quelle langue il peut parler à un ami le soir autour d’un feu de camp ? Pourriez-vous dessiner à la craie sur le sol à main levée le voyage qu’il faudrait accomplir pour rejoindre l’Europe, caché sous un camion ? Connaissez- vous le poème d’Henri Michaux La nuit remue ?
Le court-métrage de Bijan Anquetil est un voyage de nuit surprenant. Deux amis liés par un périple commun, Hamid et Soban, nous racontent leur voyage et la caméra les suit arrivés dans un Paris qu’on pourrait trouver froid et impersonnel si, justement, le regard de ces trois aliens : Hamid, Soban et Bijan Anquetil, le réalisateur, ne nous jouait pas un tour étrange. On avait oublié les coquelicots incongrus en bord de Seine.

 

 


pec en 2013 …
Réseau de diffusion du cinéma documentaire

Un peu plus de 10 ans maintenant que Peuple et Culture a commencé à fonder un réseau itinérant de
cinéma documentaire à Tulle et dans la campagne corrézienne...
De 60 à 70 projections, largement l’équivalent d’un festival mais tout au long de l’année, dans des petites communes, des salles non équipées, des granges, chez l’habitant, en plein air... et parfois dans des salles de cinéma, au Palace à Tulle et au Louis Jouvet à Uzerche.
Le cinéma documentaire puise dans toute la complexité du «réel» à travers le regard singulier d’un réalisateur, touche à la fois à l’intime et à l’universel, agit à l’articulation entre sensible et savoir et convoque ainsi plaisir, émotion, pensée, questionnement sur soi et sur le monde. Un cinéma qui laisse place au spectateur, qui concerne à la fois l’individu et le collectif. Ce travail dépasse la seule dimension de diffusion culturelle, il s’opère dans la tradition de l’éducation populaire pour qui le cinéma est une forme essentielle du récit, un art, un projet politique et pédagogique.
Aujourd’hui le réseau comprend St Jal, Uzerche, Chenailler-Mascheix, la librairie L’aire libre à
Argentat, Sérilhac, Lostanges... et bientôt « Le battement d’ailes » à Cornil. à Tulle, les projections ont lieu soit dans les salles municipales (Latreille le plus souvent), soit au Palace. à partir de ce mois de janvier s’instaurera à nouveau une plus grande régularité sur le principe de deux films au moins par mois dont un sera projeté dans un nouveau lieu : la Transformerie « La vie et demie » avec l’équipe de laquelle une complicité vient de s’établir.
Dans chaque lieu, appuyés par Peuple et Culture, associations et groupes d’habitants visionnent des films et font un choix (souvent très discuté) en se déterminant pour tel ou tel film, tel ou tel réalisateur et co-organisent les projections et l’accueil des cinéastes... ( non, le modèle institutionnel : des professionnels de l’art et de la culture ‘‘programment’’, puis ‘‘communiquent’’ pour convaincre les ‘‘publics’’, n’est pas un modèle unique !)
Pour toute initiative associative, municipale ou individuelle, prendre contact avec
Nadia Mokaddem - 05.55.26.04.69 - mokaddemnadia@gmail.com



Décade Cinéma et Société
du 13 au 17 mars en campagne et du 1er au 5 mai à Tulle


La Décade Cinéma et Société est la face visible de la base de données (créée et alimentée par l’association Autour du 1er Mai - autourdu1ermai.fr) sur les films autour de la société, de ses questionnements et de ses engagements.
Co-organisée par Autour du 1er Mai et Peuple et Culture depuis 2006, la Décade se déroule, comme son nom l’indique, pendant une dizaine de jours et en deux temps : en mars à la campagne (St Jal, Argentat, Chenaillers-Mascheix, Uzerche, Cornil, Naves) et autour du 1er mai à Tulle (au cinéma le Palace, à la Médiathèque et à la salle Latreille).
Les sujets et programmations alternent moments historiques forts et questionnements thématiques le Front Populaire et ses représentations (2006), Cinéma et Monde rural (2007), Les années 68 au cinéma (2008), Utopistes ? (2009), Le féminisme est-il un mauvais genre ? (2010), Ouvriers, ouvrières, la classe ! (2011), El Djazaïr, France-Algérie, du colonialisme à aujourd’hui (2012).
En 2013, le Décade Cinéma et Société s’intitulera étranges étrangers (titre repris du poème de Jacques Prévert). Une trentaine de films - fictions, documentaires, animation, courts ou longs - à partager pour…
… Aller au-delà des postures bien pensantes de dénonciation et d’indignation et tenter d’avancer dans la construction collective d’une pensée, de positions et d’actions… à partir de films et avec l’aide de chercheurs pour articuler les projections avec des approches diverses : historiques, philosophiques, anthropologiques, politiques, psychologiques…
… Interroger les figures de l’ «étranger», l’ «immigré», du «migrant» pour dépasser les préjugés et les stéréotypes (en premier lieu les nôtres), les fantasmes, les mensonges et nous approcher des réalités.
… Questionner les ressorts et les fonctions du racisme (qu’il émane de groupes sociaux et politiques ou de l’état), les mythes de la République, les effets encore à l’œuvre de la colonisation, les discours unificateurs et assimilationnistes.
… Débusquer les mots et expressions piégés qui s’installent à notre insu, dans le langage courant :
«français d’origine étrangère», «immigré de la 3ème, 4ème génération», «intégration», «diversité»…
… Dévoiler les amalgames et les glissements (ex : migrant/ immigré/ arriéré/ islamiste/ terroriste).
… Inventer ensemble, réalisateurs, chercheurs, spectateurs, citoyens, d’autres regards sur les migrants.
Parallèlement, Peuple et Culture a décidé d’anticiper questionnements et réflexions en s’appuyant sur une série d’ouvrages en lecture partagée, par petits groupes de travail. Voici les titres en circulation (à compléter et enrichir). Les ouvrages sont disponibles (sur demande et selon leur rotation) à Peuple et Culture pour quiconque voudrait s’associer à ce partage.
Parlons immigration, en 30 questions, François Héran, La documentation française / La contre-révolution coloniale en France, De de Gaulle à Sarkozy, Sadri Kiari, La Fabrique éditions/ Immigration postcoloniale et mémoire, Abdellali Hajjat, éditions l’Harmattan/ L’invention de la diversité, Réjane Sénac, PUF/ On bosse ici, on reste ici ! La grève des sans-papiers, une aventure inédite, Pierre Barron, Anne Bory, Sébastien Chauvin, Nicolas Jounin, Lucie Tourette, éditions la Découverte/ Histoire politique des immigrations (post) coloniales, France, 1920-2008, coordonné par Ahmed Boubeker et Abdellali Hojjat, éditions Amsterdam/ La fracture coloniale sous la direction de Pascal Blanchard, éditions la Découverte/ La domination policière, une violence industrielle, Mathieu Rigouste, La Fabrique éditions/ Le mal-être arabe, enfants de la colonisation, Dominique Vidal et Karim Bourtel, éditions Agone/ Féministes islamistes, Zahra Ali, La Fabrique éditions/ La République mise à nu par son immigration, sous la direction de Nacira Guénif-Souilamas, la Fabrique éditions/ Classer, dominer, qui sont les autres ?, Christine Delphy, la Fabrique éditions.



Résidences d’artistes
RADO

Le collectif RADO rassemble 9 artistes aux pratiques diverses : photographie, sculpture, vidéo, dessin… qui ont répondu à l’invitation de Peuple et Culture en proposant d’aborder l’actualité du territoire corrézien vu à travers les réseaux techniques (eau, voirie, électricité, etc.) qui déterminent notre quotidien.
« Le projet de RADO en Corrèze a franchi le mois dernier une étape importante, avec la livraison au Centre National des Arts Plastiques du rendu d’étude pour la commande publique. Ce rendu d’étude a pris la forme d’un «album-table» d’une cinquantaine de grandes pages cartonnées
(75 x 90 cm), sur lesquelles sont contrecollées – ou entre lesquelles sont insérées – des images, des textes, des documents de travail. Une vidéo accompagne l’album, intégrant au montage les réalisations filmiques.
Nous nous sommes assurés que l’objet, maintenant dans les collections du CNAP à la Défense (et propriété, évidemment, dudit CNAP) pourra faire le voyage jusqu’à Tulle. Ceux qui nous ont fait le plaisir de venir participer à la journée d’étude organisée par RADO et Peuple et Culture le 22 septembre dernier retrouveront, plus ou moins transformés, certains des éléments que nous présentions salle Latreille. Nous les remercions au passage pour leur attention, qui fut précieuse, tant elle a catalysé les décisions plastiques. Nous n’avons fait que poursuivre dans l’atelier de Madeleine, «collectivisé» pour l’occasion, le travail amorcé cet automne. En finalisant un objet collectif unique, bien sûr, ce qui change un peu la donne. Présenté à Tulle, notre «album-table» pourrait permettre à d’autres de se faire une première idée concrète des différents chantiers artistiques ouverts par RADO, et de la façon dont ils résonnent et «réseautent» les uns avec les autres.
Ils suivent leurs cours, ces chantiers, avec notamment le lancement, il y a un mois maintenant, d’un premier travail directement pédagogique, les «Enfantillages outillés», animés par Fanny et Adrien dans les écoles primaires de Hautefage, Marcillac-la-Croisille et Saint-Martin-la-Méanne. L’idée initiale est la suivante : proposer aux enfants de figurer, avec les outils et les machines de l’art (dessin, photographie, gravure, etc.), ce qu’ils peuvent imaginer du fonctionnement des divers outils et machines qui les entourent au quotidien.
La première session d’ateliers s’est déroulée à merveille, et c’est l’enthousiasme et l’imagination des enfants qui font merveille. La deuxième session comportera des visites photographiques à ces mystérieux voisins que sont les installations hydroélectriques de la Dordogne, du Doustre ou de la Maronne. Chaque session débouche sur l’édition d’un petit journal artistique, support d’une correspondance entre les trois écoles. Nous aurons le plaisir d’en montrer un échantillon dans le prochain numéro du journal de Peuple et Culture Corrèze. »


Pascale Guérin
« L’inventaire s’élargit ...

Jusqu’à présent j’ai travaillé surtout dans mon atelier, après avoir engrangé un certain nombre de photos de lieux parcourus dans toute la vallée du Doustre et visité aussi quelques lieux «fétiches»,
accompagnée par ceux qui ont bien voulu me les faire découvrir. Il en résulte une nouvelle série d’images, peintures, dessins et photos qui vont former des ensembles. A cela viennent s’ajouter des écrits de personnes qui ont évoqué leurs lieux : lieux d’enfance, lieux de voyages, lieux imaginaires. Je m’oriente à présent vers l’idée d’une confrontation de ces images et de ces textes dans l’exposition.
Les enfants de l’école de Marcillac la Croisille entrent aussi dans la ronde en photographiant leurs petits endroits secrets, leurs cachettes, et je vais bientôt les rencontrer et les aider à réaliser un travail sensé évoquer ces espaces, si différents des nôtres, les adultes, et qui ne manqueront pas, j’en suis sûre, de nous surprendre ... Ce travail en cours prendra la forme d’une exposition de mai à juin prochain à l’église St Pierre à Tulle. »
D’habitude, les enfants trouvent plus facilement que nous des champignons ou des pointes de flèches, pour cette simple raison qu’ils projettent moins de choses sur le paysage. Jim Harrison

 

 

 

 


 

Décembre 2012

cinéma : le jour le plus court

Le 21 juin c’est le jour le plus long, la fête où on peut découvrir toutes les musiques. Le 21 décembre, «Le jour le plus Court», est aussi une fête libre et participative, qui a pour volonté de valoriser et faire découvrir toutes les formes du court métrage, en incitant à organiser des projections publiques dans tous les lieux et sur tous les écrans. Proposée pour la première fois en 2011 par le Centre National du Cinéma, cette année encore nous en sommes le relais à Tulle avec le partenariat de la médiathèque Eric Rohmer l’après midi et du cinéma Le Palace en soirée.

vendredi 21 - à partir de 9 h 30 - local de Peuple et Culture, 51 bis rue Louis Mie à Tulle

L’absence Réalisateur : Mathieu Pheng
( Documentaire, 2007, 30’41)
A travers le regard de sa famille restée au Cambodge, le réalisateur franco khmer nous emmène sur un parcours chargé d’émotions. Trente ans après le départ de son père, il découvre un autre Cambodge profondément marqué par son histoire.
Under Construction Réalisateur : Zhenchen Liu
(Documentaire, 2007, 10’00)
Pour suivre la planification actuelle du gouvernement et des promoteurs immobiliers de Shanghai, chaque année, presque 100 000 familles sont obligées de déménager, parce que leur maison est détruite. Composé de photos animées avec des vidéos documentaires, le film propose un plan séquence à travers la destruction d’un quartier de Shanghai.
Sur la route du paradis Réalisateur : Uda Benyamina
(Fiction, 2007, 43’47)
Leila et ses deux enfants, Sarah et Bilal, ont quitté leur terre natale afin de s’installer en France. Sans papiers, et à la recherche de son mari réfugié en Angleterre, Leila, qui souhaite offrir à ses enfants une vie meilleure, tente de survivre et de les élever dans la clandestinité. Alors qu’elle retrouve enfin la trace de son époux et dispose de l’argent nécessaire, l’étau se resserre.
Chacun sa Palestine Réalisatrices : Nadine Naous, Léna Rouxel
(Documentaire, 2006, 57’00)
Sabrina, Rawad, Saïd et d’autres jeunes réfugiés palestiniens nés au Liban, entrent dans le studio de photographie un par un. Les règles du jeu sont simples, chacun choisit sa photo parmi 4 paysages de villes mythiques : New York, Paris, Beyrouth et Jérusalem. Chacun se raconte, se projette et s’interroge. Ils ont en commun la nostalgie d’une terre qu’ils ne connaissent pas et qu’ils ne connaîtront peut-être jamais : La Palestine.
Fond de teint Réalisatrice : Marie-Louise MENDY
2005 / Fiction / 09’30
Safi, une jeune femme africaine, va chercher son fils, métis afro européen, à l’école maternelle. Arrivée à l’école, ce dernier la dévisage comme s’il la voyait pour la première fois. Etrangement distant et déprimé depuis ce jour, elle découvre petit à petit la raison de son trouble : leur différence de couleur de peau...
Méditerranées Réalisateur : Olivier Py
2011 / Fiction / 32’00
Exhumés après vingt cinq ans, des films 8 millimètres donnent lieu à une médiation sur le destin d’une famille et d’une génération. Méditerranées est une autofiction, l’histoire d’un couple, d’une famille, qui se confond avec l’histoire de l’Algérie et de la France des années 1960, sur lequel Olivier Py porte un regard à la fois lucide et nostalgique.

de 14 h à 19 h- Amphithéâtre de la Médiathèque intercommunale Eric Rohmer - à Tulle
programme enfants de 16 h à 17 h 30.


Promesse Réalisateur : Jero Yun
2010 / Documentaire / 14’00
Nouvel an 2010. Cela fait déjà neuf ans qu’elle n’a pas revu son fils. «Mon fils viendra vers cette terre promise... Oui. Mon fils viendra vers cette terre promise». Elle ne perd pas espoir.
Brûleurs Réalisateur : Farid Bentoumi
2011 / Fiction / 15’00
Armé d’une caméra amateur, Amine, un jeune Algérois, filme les traces de son voyage vers l’Europe. Avec Malik, Lotfi, Mohammed et Khalil, ils embarquent sur une barque de fortune pour traverser la méditerranée.
Arthur flèche Réalisateur : Samuel Hercule
2012 / Fiction / 12’30
Depuis bientôt deux mois, Arthur Flèche a un gros problème: il a la main droite de gauche et inversement. La situation empire de jour en jour. Assis dans le bureau d’un thérapeute par un après-midi, il n’a plus que quelques heures pour résoudre son énigme.
Be quiet Réalisateur : Sameh Zoabi
2005 / Fiction / 19’40
Alors qu’ils sont en route vers chez eux, à Nazareth, un petit garçon palestinien et son père sont confrontés à la tension politique et à la réalité militaire environnantes. Une atmosphère qui rejaillit sur la relation entre le père et le fils.
Bye Bye Réalisateur : Edouard Leduc
2011 / Fiction / 11’12
Cécile, la cinquantaine, frange et collants bleus, divorcée, se fait épiler par sa fille Leila. Cette dernière annonce à sa mère que son père a une nouvelle copine. Jehanne, la deuxième fille de Cécile, les rejoint. Sa mère lui reproche de lui avoir caché la vie sentimentale de son père...
En rachâchant Réalisateurs : Jean- Marie Straub, Danièle Huillet
1982 / Fiction / 07’00 - dès 6 ans -
Un petit garçon têtu et sérieux comme un pape derrière de grosses lunettes de myope réalise le rêve de tous les enfants en âge d’aller à l’école primaire : celui de dire une bonne fois pour toutes ‘merde’ au professeur et à ce qu’il représente.
Junior Réalisatrice : Julia Ducournau
2011 / Fiction / 21’30
Justine, dite Junior, 13 ans, des boutons et un sens de l’humour bien à elle, est un garçon manqué un brin misogyne. Alors qu’on lui a diagnostiqué une gastro-entérite fulgurante, le corps de Junior devient le théâtre d’une métamorphose étrange…
Emilie Muller Réalisateur : Yvon Marciano
1993 / Fiction / 20’24
Le film raconte le bout d’essai d’une jeune comédienne, Emilie Muller.
Nécessaire(s) territoire(s) Réalisateur : Benoît Perraud
2006 / Documentaire / 21’00
Ce monde est injuste. Notre organisation inhumaine. On le sait. On le montre. Tout le temps. Je ne veux même pas proposer une dénonciation de tout ça. Je cherche autre chose...»
Nue Réalisateur : Catherine Bernstein
2008 / Documentaire / 07’58
Une femme est nue. Elle est filmée par sa fille qui s’attarde sur des détails de son corps. Sentant ce regard sur son corps adulte, marqué par les années, la femme raconte son histoire à travers celle de ses sourcils, de ses yeux, de ses seins, de son ventre, de ses jambes... Ce corps en morceaux devient petit à petit un tout.
18 ans Réalisateur : Frédérique Pollet Rouyer
2009 / Documentaire / 22’00
L’arrivée de ses dix-huit ans déclenche chez Morgan des sentiments contradictoires. Une sensation très forte de liberté d’un côté. De l’autre, le regret de l’enfance qui s’en va et avec elle l’espoir de pouvoir un jour compter sur sa mère.
Le remords Réalisateur : Yann Sinic
2006 / Documentaire / 04’00
Portrait d’une femme qui découvre, au moment de mourir, qu’elle n’a pas su vivre.
Ménage Réalisateur : Pierre Salvadori
1992 / Fiction / 12’00
Blanche est une «maniaque» du ménage. Colette, après avoir passé une nuit blanche très mouvementée, lui rend visite ..
Regards libres Réalisateur : Romain Delange
2005 / Documentaire / 11’20
Des enfants observent, commentent et critiquent un tableau.

Cinéma Le Palace à Tulle à 21 h
séance gratuite

ABCDEFGHIJKL MNOP(Q)RSTUVWXYZ Réalisateurs : Valérie Mrejen, Bertrand Schefer
(expérimental, 2011-6’)
Inventaire rêveur et éclectique d’images du Japon et de choses énumérées par ordre alphabétique.
Fleuve rouge, Song Hong, réalisateurs, Stéphanie Lansaque, Leroy François
(animation 2012, 15’)
Vietnam : les premières heures à Hanoi de trois jeunes frères fraîchement débarqués de leur village natal. Autour du pont Long Biên, trait d’union entre ville et campagne, ils croisent la route d’un jeune flic et d’une vendeuse ambulante.
Manque de preuves, réalisateur : Hayoun Kwon
(Documentaire Animation 2011, 09’20)
Chez les Nigériens, «être jumeaux» peut signifier une bénédiction ou une malédiction. Un jour, le père d’Oscar a tenté, lors d’une fête, de tuer ses deux fils : Oscar a réussi à s’échapper, mais a assisté au meurtre de son frère. Après s’être enfui et avoir traversé son pays, il a réussi, par chance, à sortir du Nigéria et à s’exiler en France. Il a demandé l’Asile dans ce contexte, mais sa demande a été refusée, car il ne pouvait pas fournir de preuve.
7h57 am-pm Réalisateur : Simon Lelouch
( Fiction, 2009 11’00)
Le 25 mai 2009, Renaud Capuçon a tenu à participer à ce film en interprétant sur la ligne 6 du métro parisien «La mélodie» de Gluck sur un Guarmerius de 1737 surnommé «le vicomte de Panette». Deux jours plus tard, sa prestation au théâtre des Champs Elysées affichait complet.
Action commerciale Réalisateur : Pascal Jaubert
(Fiction, 2011, 10’44)
Une maison de campagne isolée. Stéphane, jeune VRP, débarque valise à la main, espérant vendre ses produits ménagers. La maison semble déserte et alors qu’il entre pour s’en assurer, il se retrouve face à deux cadavres et un homme armé…. Comment sauver sa peau grâce à des produits d’entretien ?
Babioles Réalisateur : Matray
(Animation, 2010, 04’45)
Perdu dans une décharge, cherchant un peu d’attention des humains, Petit Lapin tente de rejoindre la ville avec son nouveau compagnon Petit Indien.
Foutaises Réalisateur : Jean-Pierre Jeunet
(1989 / Fiction / 07’18)
‘Tout ce que j’aime. Tout ce que je n’aime pas.’
Emilie Muller Réalisateur : Yvon Marciano
1993 / Fiction / 20’24
Le film raconte le bout d’essai d’une jeune comédienne, Emilie Muller.
Bye Bye Réalisateur : Edouard Leduc
2011 / Fiction / 11’12
Cécile, la cinquantaine, frange et collants bleus, divorcée, se fait épiler par sa fille Leila. Cette dernière annonce à sa mère que son père a une nouvelle copine. Jehanne, la deuxième fille de Cécile, les rejoint. Sa mère lui reproche de lui avoir caché la vie sentimentale de son père...
Agosto Réalisateur : Marc Picavez
2009 / Fiction / 29’00
Elsa partage son temps entre son groupe de rock et l’abattoir où elle travaille. Elle rêve d’un ailleurs et elle n’est pas seule. Sa grand-mère, Olga s’entête à vouloir rejoindre un amant oublié dans les montagnes. Seulement quand Olga décide quelque chose, Elsa sort la moto. La route du Sud comme une dernière danse. Ou le début d’une autre vie...



Scène ouverte
mercredi 19 décembre à 18 h salle des Lendemains qui chantent

La « scène ouverte » est un moment d’expression libre pour des artistes professionnels, amateurs ou passionnés qui souhaitent tester sur différents lieux, parfois insolites, leur numéro, répertoire, chorégraphie, texte…, ou bien juste partager le plaisir d’être sur scène avec un spectacle rôdé. Un moment convivial à partager ensemble autour d’un verre et d’une rondelle de saucisson ! Alors public, venez les soutenir ! L’entrée est gratuite. Rens. 05 55 26 99 10

Onirique – duo chanson
Sur la langue de ma mère un film de Nadia Mokaddem 20’
B.O.D - (Spectacle «Sur la fréquence») solo hip hop
Maloya Lamem – musique traditionnelle réunionnaise

 

Sur la langue de ma mère un film de Nadia Mokaddem
C’est une cité harkie perdue près d’une petite ville d’Ardèche. Tout tournait autour de deux histoires mêlées la mine de Pena Roya et l’histoire de ces harkis qu’on a parqués là. Ils y sont restés, y ont fait leur vie. Cité étrange perdue dans un paysage d’Ardèche qui évoque des paysage de Kabylie. Aujourd’hui la cité est déserte, endormie, la mine a fermé, les vieux harkis disparus. Au milieu de cette cité ensommeillée, j’ai rencontré deux femmes pleines de vie et de malice, veuves de harkis, elles me paraissent trop jeunes et belles pour s’endormir avec la cité. Nous ne parlerons pas histoire d’Algérie, nous n’avons pas la même. Mais nous sommes femmes et bien en vie. Je décide de les rencontrer dans leur cuisine, le temps de la préparation d’un couscous, j’aimerais qu’elles me racontent des bouts de leur vie, j’aimerais qu’elles me parlent de la place des sentiments dans leur vie…En y allant, je sais déjà que je vais me prendre les pieds dans le tapis de mes pudeurs, récit sensible d’une rencontre de femmes. Tandis que le couscous se prépare, comment délier les langues et les cœurs ?

 


 

Novembre 2012

Focus sur le réalisateur chinois Wang Bing
Si le documentaire est un continent du réel où chaque réalisateur opère un voyage formel, il nous semblait important pour ce mois du documentaire de programmer deux films du jeune réalisateur chinois Wang Bing : Fengming, chronique d’une femme chinoise et Le fossé. Deux films majeurs et courageux autant par le fond que par la forme. De quoi lever le voile sur un chapitre de l’histoire chinoise liée à la révolution culturelle d’une manière fine et sensible.

Le fossé de Wang Bing (fiction, 2010-112’)
vendredi 16 novembre - 21h - cinéma le Palace - Tulle

Wang Bing a interrogé des survivants du « camp de rééducation par le travail » de Jiabiangou, dans la province aride du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, au sinistre taux de mortalité de 50%. Ce camp fermé seulement en 1967, est longtemps resté un tabou absolu. Wang Bing a découvert ce camp à travers un livre - traduit en France sous le titre Le Chant des martyrs - dans lequel l’auteur, Yang Xianhui, raconte, sous une forme littéraire destinée à contourner la censure chinoise, des récits de survivants de Jiabiangou. Wang Bing réalise alors sa première fiction : Le fossé.


Fengming, chronique d’une femme chinoise de Wang Bing (2007-192’)
samedi 17 novembre - 20h - cinéma le Palace - Tulle

Wang Bing a rencontré Fengming lors de la préparation de son film Le fossé. Résultat : un film documentaire de 3 heures dont on ne sent pas la durée tant le récit nous happe et nous absorbe…
Fengming nous fait entrer dans l’enthousiasme et l’idéal révolutionnaire d’une époque et nous livre face à la caméra l’emballement de la grande Histoire et le déchirement de la sienne.

Pour saisir l’impact d’un cinéaste comme Wang Bing et vous donner envie de venir voir ces films, nous avons demandé à une réalisatrice, Michka Saäl, de nous livrer son regard sur ce cinéaste.
Michka Saäl vit au Québec. Née en Tunisie, elle a travaillé avec sensibilité et poésie la question de l’appartenance. Loin d’où, son premier court, aborde les sensations physiques et psychiques du décalage opéré dans le dépaysement, l’exil. Elle a réalisé Zéro Tolérance (2004) et Les prisonniers de Beckett (2005).
Depuis quelques années, elle travaille sur un documentaire intitulé China Me, comment interroger des femmes chinoises sur leur détresse sociale et morale, comment convoquer une poétesse chinoise et un Freud chinois ? Pour les besoins de ses films Michka Säal applique les mêmes lois fortes de l’existence : être bien accompagnée. Il se trouve qu’elle sera amenée à travailler pour les besoins de China Me avec la productrice exécutive de Wang Bing, Lihong K.

Michka, à quel moment as-tu rencontré le cinéma de Wang Bing et que représente-t-il dans ton trajet de spectatrice et réalisatrice ?
J’ai rencontré le travail de Wang Bing au cinéma le Champollion à Paris, en 2004 je crois, avec trois séances du film fleuve, À l’ouest des rails. Je n’avais jamais rien vu de pareil. Les films de Wang Bing sont souvent des épreuves, parce qu’ils correspondent à des partis-pris radicaux. À l’ouest des rails nous plonge dans la vie d’ouvriers d’une énorme usine qui vit son chant du cygne. Évidemment, il s’agit aussi de la mort de la classe ouvrière comme héroïne du marxisme, le passage de la Chine de l’économie planifiée à celle de la course au profit individuel. Trois séances, 9 heures de vie quotidienne avec ces ouvriers chinois, les lieux, l’usine, la neige, les trains. J’avais l’impression de découvrir la réalité chinoise dans toute la dimension de vies sacrifiées, de pessimisme noir, d’échec politique et social.
Mais surtout, comme documentariste, le travail sur la durée, sur le côté inconfortable du film, parce que cru, très long, terriblement réel et en même temps avec plein de plages où l’on décroche mais pas complètement, où l’on réfléchit sur la taille de la claque dans la gueule du cinéma documentaire que ce film représente. Et puis, ce travail énorme, à l’échelle du pays, ces plus de 300 heures de film sont tournées et montées par Wang Bing lui-même.
Parallèlement mais sans lien immédiat conscient, je commence à lire sur les conséquences socio-démographiques de la nouvelle Chine, la perte des valeurs anciennes, les problèmes de santé mentale et l’émergence de l’individualisme chinois. L’idée d’un film se précise et je rencontre par connaissances communes, une jeune femme chinoise vivant à Paris et qui m’aidera en Chine. Pour les repérages, l’interprétariat, la régie, les personnages, l’équipe, tout quoi ! Par ailleurs, je découvre qu’elle est une des collaboratrices principales de Wang Bing. [Il s’agit de Lihong K qui est la productrice exécutive de Wang Bing ]

Nous allons projeter Le fossé et Fengming, chronique d’une femme choinoise de Wang Bing. Peux-tu nous livrer ton regard sur ces deux films ?
J’ai vu Fengming avant tout le monde, parce que j’ai travaillé au sous-titrage. Déjà dans À l’Ouest des Rails, il y avait la durée du film, l’immersion dans la vie quotidienne des ouvriers, dans leur parole et surtout la durée toujours juste, presque morale, des plans. Il n’y a pas de montage démonstratif, pédagogue ou démagogue, il y a le temps que prend un rail pour rouiller. Un bol de soupe pour être avalé, une discussion pour s’éteindre et une culture pour nous rejoindre. Fengming, c’est un autre parti pris radical. Le film met en scène un seul personnage dans un seul lieu, presque en un seul plan et un seul cadre. Fengming, c’est une vieille dame chinoise, assise face à la caméra, qui raconte sa vie par le menu, qui raconte la vie de toute une génération, qui raconte l’épopée de la Chine de Mao. Elle est un peu sans âge, elle porte des vêtements incolores, des lunettes qui dissimulent les 3/4 de son visage, sa voix est égale, elle se lève une fois pour faire pipi, et répond une autre fois au téléphone. Son appartement n’est pas particulièrement beau ni intéressant, l’image est limite banale. Mais elle est juste, elle transmet l’obscurité, le confinement, le côté à la fois incroyablement humble et totalement lucide et courageux d’une femme chinoise qui vit toujours et uniquement dans le souvenir des évènements de sa vie, c’est-à-dire dans la mémoire de l’Histoire de la Chine.
Pourtant, Fengming agit comme un thriller. On est suspendu au récit de la vieille dame, on est choqué et abasourdi, on apprend des tas de choses précieuses, on se fait son cinéma dans sa tête, on a le coeur brisé en hors champs dans nos imaginaires, on partage les terribles péripéties de sa vie, on a faim, soif et peur. On est bouleversé.
Le fossé est une fiction, une adaptation littéraire même je pense. Cela pourrait être aussi un épisode horrible de la vie du mari de Fengming ou de beaucoup de chinois de sa génération, envoyés en camp de travail au milieu du désert et mourant littéralement de faim, d’isolement, d’humiliation et d’arbitraire. C’est une fiction qui se passe il y a plusieurs décennies, mais les éléments de reconstitution sont presque inexistants. Le réalisme et le choix des scènes souvent éprouvants, le jeu des acteurs, les cadrages et la lumière penchent du côté des choix documentaires.

Que dirais-tu à un ami qui hésite à aller voir ces deux longs films?
Je me souviens de réactions mitigées au film Le fossé, mais je les crois proportionnelles à nos capacités de défense. Le fossé est parfois à peine supportable, avec son dénuement, ses situations d’horreur, on en ressort comme après une bataille mais que nous n’aurons vécue, nous, que virtuellement. Alors au spectateur hésitant, je dirais, un peu de courage, cela fait du bien à la tête de regarder la cruauté des hommes en face, et de passer notre résistance de confort et d’indifférence à l’épreuve des espaces et du temps des films de Wang Bing. On y grandit.

Propos recueillis par Nadia Mokaddem.



Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger de Valérie Brégaint (2010-52’)
jeudi 15 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec Musicas Dreibidas

Zahia Ziouani a 32 ans, elle est la plus jeune chef d’orchestre française et dirige, en plus de sa carrière internationale, l’Orchestre Symphonique Divertimento et le Conservatoire de musique et danse de Stains (93).
Ce portrait est emblématique de l’aventure contemporaine d’une femme et d’une région, ainsi que des aléas de sa diversité. Il nous mène sur les traces de cette jeune femme généreuse qui construit en brisant les préjugés : entre Paris et la banlieue, où elle accueille à Stains des jeunes de trente nationalités différentes, entre la France et l’Algérie car elle y dirige l’Orchestre National en tant que Chef invitée depuis 3 ans.


Même la pluie de Icíar Bollaín (fiction, 2011-103’)
vendredi 23 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale avec Mashikuna et Corrèze environnement

Le film. Sebastian, jeune réalisateur passionné et son producteur arrivent dans le décor somptueux des montagnes boliviennes pour entamer le tournage d’un film. Les budgets de production sont serrés et Costa, le producteur, se félicite de pouvoir employer des comédiens et des figurants locaux à moindre coût. Mais bientôt le tournage est interrompu par la révolte menée par l’un des principaux figurants contre le pouvoir en place qui souhaite privatiser l’accès à l’eau courante. Costa et Sebastian se trouvent malgré eux emportés dans cette lutte pour la survie d’un peuple démuni. Ils devront choisir entre soutenir la cause de la population et la poursuite de leur propre entreprise sur laquelle ils ont tout misé.

Ce film s’inspire de faits bien réels : en 1999, le gouvernement bolivien décide de continuer ses réformes néolibérales et de privatiser la distribution de l’eau à Cochabamba, la 4ème ville du pays. Le but annoncé : apporter l’eau potable au tiers des habitants qui n’y ont pas accès. Avec l’appui de la Banque Mondiale et l’accord des autorités locales, la gestion de l’eau est confiée à Bechtel, la plus grande entreprise d’ingénierie des États-Unis. Le prix de l’eau devient très vite inabordable (jusqu’à 300% d’augmentation) et sa marchandisation scandalise une population qui considère l’eau comme un bien commun et sacré.
En janvier 2000, se crée une coordination pour l’eau et la vie composée d’un large front d’associations, de syndicats et de paysans. Pendant des mois, elle organise des manifestations et des blocages de rue auxquels toute la population participe. Le gouvernement tente de réprimer la contestation en déclarant l’état de siège et en arrêtant les dirigeants du mouvement. Loin de calmer les esprits, la colère monte et les manifestations qui suivent font un mort et des centaines de blessés. Pour éviter l’effet de contagion dans tout le pays le gouvernement est contraint de négocier et accepte toutes les revendications de la Coordination. Bechtel a dû partir et le gouvernement a dû modifier la loi sur l’eau.

Jeanne Wachtel, présidente de l’association Mashikuna : « Je ne connais pas la Bolivie, je connais seulement l’Equateur, plus particulièrement la région du Tungurahua où, avec Mashikuna, nous avons créé des liens avec la communauté kichwa d’Ambayata. Mais je suis attentive aux évènements qui secouent l’Amérique Latine et aux mouvements de résistance qui s’organisent pour l’accès aux droits fondamentaux.
Alors, lorsqu’en 2011, Le Palace a projeté ce film « Même la pluie » qui nous plonge au cœur d’une lutte féroce contre la privatisation de l’eau en Bolivie, je suis allée le voir… En sortant, je savais que nous le projetterions à nouveau dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale dès que ce serait possible. Ce sera donc cette année car c’est la question de l’eau, ici ou ailleurs, qui est au cœur de la Semaine.»

 


exposition marc pataut
Humaine et Pays, Paroles, Images
du 8 novembre 2012 au 9 février 2013 - vernissage le jeudi 8 à 18h
Hôtel Fontfreyde - Centre photographique - Clermont-Ferrand

Pour Humaine (voir page centrale), Marc Pataut a travaillé dans le Nord à Douchy-les-Mines, pendant trois ans; une commande du Centre régional de la photographie Nord-Pas-de-Calais dirigée par Pia Wiewing que Marc avait rencontrée une première fois au Centre d’art et de paysage de Vassivière en Limousin où elle travaillait lorsqu’il était en résidence à Tulle. Pia Wiewing avait, elle découvert le travail de Marc dans la grange de Yves et Sylvette Lidove, à Gumont.

Pays, Paroles, Images est le résultat d’un travail qui a associé de 1998 à 2000, des habitants de Tulle et du pays de Tulle, l’association Peuple et Culture et un artiste : Marc Pataut.
L’exposition comprend un mur d’images avec un film vidéo, une quarantaine de photographies (portraits et paysages) montées recto verso (pour découvrir toutes les photographies il faut donc les manipuler, ce qui est contraire à la règle muséale : on ne touche pas les œuvres!) et un mur de paroles (une vingtaine d’entretiens mis en forme graphiquement) qu’on peut prendre sur le mur et lire.
En 2000, cet ensemble a été présenté en Corrèze dans trois lieux non habituellement dévolus à l’art dans trois petites communes : à Gumont dans la grange de Yves et Sylvette Lidove, à Chanteix à la Boite en Zinc, et à la salle des fêtes de Sérilhac. Puis plus tard à l’espace Noriac à Limoges avec le Festival des Francophonies et enfin en 2001, dans le cadre de l’exposition Des territoires à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts à Paris.
Voici ce qu’écrivait Marc Pataut dans le document de présentation de l’exposition :
« Au départ de ce travail, il y a une double rencontre : celle que fit Manée Teyssandier en 1997, à la Documenta X de Kassel, de mon travail sur le terrain du Cornillon (une friche industrielle sur laquelle vivaient des Sans Domicile Fixe et où a été construit le Stade de France). Et de mon côté ma rencontre avec Peuple et Culture Corrèze, et mon intérêt pour les mouvements d’éducation populaire, pour ce qu’ils représentent : des actions, des forces, des procédures, et une question : « puisque ces mouvements ont fait après guerre et jusqu’à la fin des années 70 ce qui constitue mon travail aujourd’hui, comment ne pas ignorer ces acquis ? »
Ce constat commun nous a fait travailler et inventer une « forme/exposition » contraction de l’histoire et du présent. L’histoire c’est celle de PEC, des équipes volantes qui allaient de maquis en maquis, le présent c’est celui de notre travail, de l’exposition Sortir la tête. Exposition itinérante qui ira de lieu en lieu, dans le Pays et autour de Tulle questionner la notion de pays à un moment vital pour Tulle qui vit douloureusement, dans un contexte de mondialisation, la fin retardée d’une époque, celle d’une mono industrie de l’armement, avec une population ouvrière hautement qualifiée dans le domaine de la mécanique.
Questionner la notion de pays dans un tel contexte, c’est faire le pari qu’une approche sensible, poétique, artistique peut susciter et capter l’expression d’une identité forte, d’une souffrance mais aussi dévoiler de la force, des désirs et des recherches d’alternatives.
Habituellement l’art contemporain c’est au mieux avoir un lieu et y faire un programme en espérant que les gens y viendront. Mon travail avec une association d’éducation populaire, PEC (qui à Tulle n’a pas de lieu d’exposition ou plus de lieu) a une autre ambition : produire des échanges, poser des questions. L’exposition est une forme de pédagogie à la fois dans les entretiens et le jeu des images. Elle s’inscrit dans un réseau avec des associations, des chercheurs (le séminaire Des territoires de Jean-François Chevrier à l’école Supérieure des Beaux Arts de Paris), d’autres artistes. Elle donne l’idée d’un projet commun, les personnages y témoignent de leur histoire personnelle, en tant qu’elle participe d’un projet commun sinon collectif.
Cette forme artistique fonctionne d’abord et réellement, avec les habitants de Tulle et sa
région ; ils en sont les premiers destinataires. L’idée est à la fois de parler très concrètement du pays de Tulle, des gens qui y vivent et y mènent des aventures, qui ont une valeur d’exemple locale. Et de poser une question plus générale : en quoi un travail local, intime, peut atteindre une valeur générale, donc une valeur politique ?

 

 

 


 

Octobre 2012

cinéma documentaire
Voix de garage de Philippe Guilloux (2011-71’)

vendredi 12 octobre 2012 - 20h30 - Saint Jal avec l’Amicale laïque en présence de Stéphane Jacquinot-Lacara du garage Réseau Solidaire(RS) de Cosnac
Voix de garage est le récit sensible et polyphonique d’une construction précaire, une tentative fragile de résister à la casse sociale.
Dès les premiers plans, la tonalité est donnée par le témoignage d’une femme qui vient d’amener sa voiture recalée de tous les garages conventionnels, « faire réparer cette épave ? vous n’y pensez pas ! » Pour qui a possédé une vieille guimbarde, une voiture à laquelle on tient pour de multiples raisons, à commencer par le manque d’argent ou le lien affectif, ce film résonne fortement.
Il raconte la vie d’un garage solidaire, les mécaniciens qui y travaillent se réparent en réparant. Ils sont en contrat aidé et à les entendre, au-delà de la rémunération et réinsertion professionnelle, il y a le geste de remettre en état des voitures de gens comme eux, et de remettre en mouvement ces gens. Il y a cette reconnaissance de leur travail et de leur humanité.
Premier long métrage de Philippe Guilloux, Voix de garage existe en deux formats : un 52 minutes pour les télés parce qu’il le dit lui-même : « la télé ça va vite alors il faut accrocher le spectateur très vite » et une version pour un public de cinéma, de festivals qui aura choisi d’être là. Dans la version longue, on sent une attention presque maladroite, presque enfantine et impolie portée aux objets. On nous a tous dit, petits : « ne regarde donc pas comme ça ce monsieur, tu vas le mettre mal à l’aise ». Ici, la caméra s’autorise ce regard et s’attarde sur des vieux boulons de récup, des boîtes d’outils, autant de natures mortes qui nous ramènent à cette société du tout jetable. à commencer par les gens, tout abîmés qu’ils sont par ces règles du jeu de la consommation qui va vite.
Le réalisateur a posé une caméra juste sur ces salariés, sur le fondateur du garage solidaire, sur quelques clients de ce garage singulier et sur une entreprise voisine, une entreprise « normale » qui accueille d’un œil positif la démarche et s’étonne même que Pôle Emploi ne lui ait jamais adressé des salariés aussi consciencieux qu’au garage solidaire. Une caméra juste et juste une caméra : pas de voix off, pas de commentaire, « les gens sont assez intelligents pour comprendre ce qui n’est pas dit » commente Philippe Guilloux. Son film a reçu le prix du jury au festival du film de l’action sociale de Nancy en 2012.

 

 


La ruée vers l’Est de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier (2010-58’)
vendredi 19 octobre - 20h30 - Chenailler-Mascheix avec l’association culturelle et sportive,
en présence du réalisateur Vincent Gaullier


La projection sera précédée du court métrage
Taraneasca de Tim Moreau (2006 - 21’)
Tim Moreau est parti un jour avec son collectif de vidéastes. Un voyage simple comme un élan de curiosité vers une contrée en voie de disparition. Un bus Eurolines, l’idée de savoir ce qu’il adviendra des petits paysans de Roumanie après son entrée dans l’Union Européenne et un regard tendre et à la bonne place sur un vieux couple de paysans. On sent une immersion assumée dans un univers qui rappellera peut-être à une ancienne génération, des gestes d’autrefois qu’on aurait presque oubliés.
Il nous a semblé juste de programmer Taraneasca en contrechamp de La ruée vers l’Est parce que ce geste documentaire s’inscrit dans une vocation très forte du documentaire de création : restituer un album de famille, d’une paysannerie qui s’éteint.
J’avais vu le film de Tim Moreau il y a quelques années, je l’avais trouvé empreint d’une petite musique nostalgique et désuète. En le revoyant aujourd’hui après avoir découvert La ruée vers l’Est, il m’apparaît au contraire comme une chance inestimable, un bel objet de mémoire, où la photographie et le sens du cadre et du détail filmé participent d’une intuition forte d’assister à la fin d’une époque. C’est comme si nous pouvions feuilleter ensemble l’album de famille et comprendre de manière incarnée ce que signifieront des mots comme « entrée dans l’Union Européenne » pour un pays comme la Roumanie.

Autre voyage en car, même destination : la Roumanie. La ruée vers l’Est de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier nous embarque dans un voyage pour le moins surprenant au coeur d’une Roumanie à vendre.
Les deux réalisateurs se connaissent bien, ils ont travaillé ensemble près de trois ans sur un autre film intitulé Le lait sur le feu où le milieu agricole est aussi questionné à travers un éleveur haut en couleur, Alain Crevé. Connaissant ses 60 vaches sur le bout des doigts, Alain sera contraint d’abattre son troupeau entier parce que l’une d’entre elle aura contracté la maladie de la vache folle.
Récit d’une tragédie agricole qui renvoie à d’autres questions sur l’économie, le travail, Le lait sur le feu est à l’origine de La ruée vers l’Est. Alain Crevé raconte en effet aux réalisateurs qu’il pense à acheter des terres ailleurs, à investir. Il leur parle de sociétés, comme la Golden Valley, qui organisent des voyages pour futurs investisseurs agricoles dans les pays de l’Est.
Raphaël Girardot et Vincent Gaullier décident d’en être et d’aller filmer un de ces voyages. Ils relancent alors Alain Crevé, qui avait fini par renoncer à ce projet mais qui accepte cependant de les accompagner, offrant ainsi aux deux réalisateurs une porte d’entrée plus juste dans cette aventure agricole. « Avec Alain, me confie Raphaël Girardot, on était sûr d’avoir une parole forte même si nous tombions sur un groupe un peu introverti. »
Et de fait, on discute beaucoup dans ce bus, entre professionnels et experts de la terre. On discute éthique, politique, économie et avenir d’une agriculture qui se transforme à une vitesse vertigineuse. Un français installé en Roumanie dira au groupe de visiteurs : « dites-vous bien qu’en Roumanie vous serez chef d’entreprise, fini le tracteur. » Il faut voir ces agriculteurs flatter, soupeser la terre roumaine ou ses céréales. La beauté du geste renseigne plus que ces discours sur leur savoir-faire, leur rapport au travail ou leur amour de la terre.
Déroutant et complexe dans la manière d’aborder ces transformations, La ruée vers l’Est n’est jamais manichéen. Il interroge aussi nos projets de vie et nos choix politiques : où et comment vivre mais surtout à quel prix ?
Nadia Mokaddem, Peuple et Culture


 

 

Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger
de Valérie Brégaint (2010-52’)
dimanche 21 octobre - 17h - salle des fêtes - St Privat
avec l’Amicale européenne de la Xaintrie
Zahia Ziouani a 32 ans, elle est la plus jeune chef d’orchestre française et dirige, en plus de sa carrière internationale, l’Orchestre Symphonique Divertimento et le Conservatoire de musique et danse de Stains (93).
Ce portrait est emblématique de l’aventure contemporaine d’une femme et d’une région, ainsi que des aléas de sa diversité. Il propose différentes rencontres entre Zahia et son entourage, l’orchestre et le public. Il nous mène sur les traces de cette jeune femme généreuse qui construit en brisant les préjugés : entre Paris et la banlieue, où elle accueille à Stains des jeunes de trente nationalités différentes, entre la France et l’Algérie car elle y dirige l’Orchestre National en tant que Chef invitée depuis 3 ans. Le film aborde les questions qu’elle se pose en tant qu’actrice du monde musical dans l’Europe d’aujourd’hui : sur l’identité, l’éducation et le rapport aux médias, la création. Les réflexions et l’expérience de Zahia Ziouani ouvrent des perspectives, comme autant de promesses.
L’orchestre. Crée en 2003, l’Orchestre Symphonique Divertimento est un ensemble symphonique réunissant 70 musiciens permanents de renom issus de Seine-Saint-Denis, Paris et de la Région Ile-de-France. Depuis 2007, son activité est fortement ancrée en Seine-Saint-Denis. Une de ses grandes orientations, est la diffusion de l’art symphonique sur l’ensemble du territoire régional et national et tout particulièrement auprès de nouveaux publics. L’Orchestre Symphonique Divertimento mène également de nombreuses actions de sensibilisation et de diffusion et participe à des projets éducatifs. Depuis 2010, il participe aux côtés de l’Orchestre de Paris à l’encadrement musical du projet de créations d’orchestre de jeunes DEMOS, initié et piloté par la Cité de la Musique.


cycle psychiatrie
Premier volet d’un cycle de projections et d’échanges sur la souffrance psychique, la place de la psychiatrie dans notre rapport à la folie et sur les différentes luttes qui continuent de défendre un refus de l’enfermement quel qu’il soit.
Fous à délier de Marco Bellochio, Silvano Agosti, Stefano Rulli et Sandro Petraglia (1ère partie 1975-71’)
samedi 27octobre - 17h - local de Peuple et Culture
- Tulle avec le ciné-club de Tarnac
En 1968, alarmée par l’état catastrophique de la psychiatrie publique en Italie, la municipalité communiste de Parme confia à Mario Tommasini, un ancien ouvrier du gaz, la direction du secteur de la santé mentale et sa réorganisation dans des voies révolutionnaires.
Cette initiative politique, inspirée par les travaux du célèbre psychiatre Franco Basaglia - critique de l’institution asilaire - marqua le début d’une vaste entreprise de réinsertion sociale des patients.
Considérant que la souffrance de l’un est l’affaire de tous, Fous à délier illustre magistralement les propos de Basaglia : rendre la folie à la société, et la vie sociale à la folie. Le film débute par les portraits de trois de ces « malades », un enfant et deux jeunes adultes. La parole leur est donnée, ainsi qu’à leur entourage (famille, amis, psychiatres), que la caméra restitue dans une impressionnante proximité.
Les « fous », filmés avec un évident respect, surprennent par la force et la lucidité de leurs propos. Ce film invite à questionner le terreau individuel et social de la folie, l’état d’enfermement et les conditions d’un retour dans la « vie normale ».


Un tramway nommé désir d’Elia Kazan (1952 - 122’)
samedi 27 octobre - 20h - cinéma le Palace - Tulle
avec le ciné-club de Tarnac (sous réserve)
Un Tramway nommé désir est certainement l’oeuvre la plus connue de Tennessee Williams. C’est le récit de la descente aux enfers d’une jeune femme, Blanche Dubois (Vivien Leigh), dont l’univers dominé par l’imaginaire s’effondre car elle ne trouve pas sa place dans le monde matérialiste représenté par sa soeur et son mari, Stanley Kowalski (Marlon Brando). Venue vivre quelque temps à la Nouvelle Orléans chez sa soeur Stella, Blanche déplore la grossièreté de son beau-frère et évoque continuellement le passé d’aristocrates de leur famille et la perte de leur plantation Belle Rêve. Après de vives tensions entre elle et Stanley, Blanche finira par être internée.
Une oeuvre difficile car les thématiques abordées lui ont donné une réputation sulfureuse : sexualité, marginalisation, folie…
La pièce dont est tirée le film d’élia Kanzan date de 1947, d’où l’importance des thèmes de l’immigration, de la redéfinition des rapports homme-femme après la seconde Guerre Mondiale, de l’opposition entre le Vieux Sud (l’agriculture, les plantations) et le Nouveau Sud (les industries, les machines).


artothèque
Collection en mouvement, Œuvres de Gilles Aillaud, Equipo Cronica, Erro, Peter Klasen, Jacques Monory, Hervé Télémaque, Gérard Schlosser, Gérard Tisserand…
Exposition réalisée par l’artothèque du Limousin, le FacLim et Peuple et Culture
du 2 au 23 octobre - Galerie du Musée du pays d’Ussel - Ussel
entrée libre du mardi au samedi : 14h - 17h30
mardi 2 - 18h - vernissage de l’exposition
jeudi 11 - 18h - visite guidée avec David Molteau de Peuple et Culture


du 26 octobre au 18 novembre - place Delmas - Argentat
entrée libre du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 15h à 18h
vendredi 26 - 18h - vernissage de l’exposition
Cette exposition aborde les multiples registres de l’image. La plupart de ces artistes ont participé à l’exposition Mythologies quotidiennes de 1964 au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris et revendiquent un renouveau figuratif se démarquant des expériences de l’abstraction mais également du Pop Art américain.
Ancrés dans les réalités contemporaines, politiques et sociales, ces artistes vont exploiter toutes les possibilités de manipuler et transformer les images en essorant les nouvelles formes venues de la publicité, de la photographie, du cinéma, de la bande dessinée ou du dessin animé, du roman noir ou même de la peinture classique. Opérant par détournements, juxtapositions, superpositions et combinaisons de cadrages, ils réintroduisent du récit, de la citation, des métaphores, de l’humour et de la dérision.
Animés par le désir commun de faire à nouveau de l’art un outil de transformation sociale et portés par l’effervescence des mouvements politiques de l’époque, ils seront impliqués dans les événements de mai 1968.
Cette exposition montre l’inventivité de ces artistes qui marquent l’histoire de l’art en France et en Europe dans les années 60 et 70.
David Molteau, Peuple et Culture.


 

et aussi…
(In)Dépendances, du joug colonial à la dictature du marché proposé par Mémoire à Vif

jeudi 4 octobre - 20h30 - cinéma le Lido - Limoges (5€ la séance)
Festival Panafricain d’Alger de William Klein (1970 - 90’)
William Klein filme le premier festival culturel panafricain organisé par l’Algérie indépendante. «L’Afrique n’existe pas» avait lancé le sinistre Salazar. Ici, elle bouillonne de vie à chaque coin de rue. Elle dit non à toute forme de domination. Elle fait de son combat pour l’émancipation une fête.
Présenté par Christophe Kantcheff, critique de cinéma et rédacteur en chef de Politis et Michel
Beretti, auteur dramatique et médiateur, avec le Festival des Francophonies, Autour du 1er mai et PEC


Présenté par Christophe Kantcheff, critique de cinéma et rédacteur en chef de Politis
et Michel Beretti, auteur dramatique
La culture africaine sera révolutionnaire ou ne sera pas.

Tout est fête, euphorie, exubérance dans ce film qui nous plonge au cœur du premier festival panafricain d’Alger, organisé en 1969. La caméra s’immerge littéralement dans la foule en délire. Explosion de couleurs. Visages fiers, épanouis, captés en gros plan. On chante, on danse, on lève le poing. Encore et encore.
« L’Afrique n’existe pas » avait lancé le sinistre Salazar. Ici, elle bouillonne de vie à chaque coin de rue. Elle explose en mouvements de foule impressionnants. Elle dit NON à toute forme de domination. Elle fait de son combat pour l’émancipation une fête.

Des images d’archives rappellent l’exploitation éhontée, les exactions terribles contre ceux qui ont osé lever la tête face aux colonisateurs. Mais l’Afrique se réveille. L’Afrique se libère. L’Afrique est debout. Malgré le néocolonialisme qui s’insinue perfidement avec ses bases militaires, ses profiteurs qui continuent à exploiter les richesses nationales. Prises de parole, musique, théâtre, danses se poursuivent jusqu’au petit matin. Tous unis dans le même élan pour une Afrique libre et fraternelle.

Le réalisateur. Photographe, peintre, cinéaste et graphiste, William Klein est l’un des artistes contemporains les plus controversés, les plus passionnés. Ses engagements, ses combats, ses changements de modes d’expression, ses allers et retours de la peinture à la photographie en passant par le cinéma font de Klein un artiste polymorphe qui impose un style unique et va influencer des générations de photographes et de cinéastes.
Né (en 1928) à New York, il découvre l’Europe lors de son service militaire, s’inscrit à la Sorbonne puis étudie la peinture avec Fernand Léger. De retour à New York, il travaille à Vogue et, pour son premier livre, photographie sa ville à sa manière : chaotique, désordonnée. Le résultat est un brûlot d’une intensité et d’un dynamisme inégalés. à partir de 1965, il se consacre au cinéma avant de revenir à la photo dans les années 80.

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mardi 9 octobre - 20h - cinéma le Lido - Limoges (5€ la séance)
Lumumba, la mort du prophète de Raoul Peck (1991 - 69’)
Patrice Lumumba devient à 36 ans, le 30 juin 1960, le premier chef de gouvernement du Congo, nouvellement indépendant. Refusant de composer avec l’ex-colonisateur belge, il choisit de se débarrasser de la tutelle européenne, de lutter contre la corruption et de réorganiser la répartition des ressources du pays. Son pouvoir durera deux mois.
Thomas Sankara de Balufu Bakupa-Kanyinda (1991 - 24’)
En présence de Bruno Jaffré, auteur de Biographie de Thomas Sankara
De 1983 à 1987, l’ex Haute-Volta, devenue indépendante en 1960 et baptisée, en 1984, Burkina Faso (Pays des hommes libres et dignes) connaît des bouleversements politiques, sociaux et économiques sans précédent en Afrique Noire : c’est « La Révolution Burkinabé » menée par le Capitaine Thomas Sankara.


jeudi 11 octobre - au cinéma Grand écran - Limoges (5€ la séance - 8 € les 2)
à 18h : Voukoum de François Perlier (2011 - 52’) en sa présence
Un Voukoum, en créole guadeloupéen, c’est un mouvement massif et bruyant, un désordre provoqué sciemment pour provoquer l’éveil politique et artistique des gens de la rue, des « vyé nèg » (vieux nègres). C’est aussi le nom choisi par les membres du mouvement culturel implanté depuis le début des années 80 dans le quartier populaire du Bas du bourg à Basse Terre, en Guadeloupe.

à 20h30 : Afrique 50 de René Vautier (1950 - 17’)
1950. L’Afrique Occidentale française est sous domination coloniale depuis près d’un siècle. Le film ose montrer ce qui existe derrière l’image officielle de la colonisation, à savoir l’exploitation éhontée de la main-d’oeuvre noire qui enrichit les grandes compagnies. Pourtant, peu à peu, le peuple d’Afrique se dresse.

Cameroun, autopsie d’une indépendance de Valérie Osouf et Gaëlle Le Roy (2008 -52’)
Derrière l’imagerie officielle de l’indépendance du Cameroun, se cache une autre réalité, une guerre qui n’osa jamais dire son nom et fit pourtant plusieurs centaines de milliers de victimes.


samedi 13 octobre - à partir de 14h30 - théâtre de L’Union, CDN du Limousin (libre)
- Lecture par la Cie Asphodèle de textes :
de Kousy Lamko (extrait d’Aurore),
de Daniel Mermet (extrait de Carnets de route)
et de William Sassin (extrait de L’Afrique en morceaux)
Projection du film : Le profit et rien d’autre, réflexions abusives sur la lutte des classes de Raoul Peck (2000 - 57’)
- Débat sur la Françafrique avec l’association Survie
à 20h30 : Le poète comme boxeur : montage réalisé par Samuel Gallet de textes inédits de Kateb Yacine. Mise en scène : Kheireddine Lardjam. Avec : Azeddine Benamara et Larbi Bestam.
Théâtre-concert atypique où un musicien et un comédien portent la parole du poète.
Un dialogue entre théâtre et musique pour dire des mots qui cognent. Infos/Réserv: 05 55 79 90 00

 

 

 


 

 

Septembre 2012

cinéma documentaire
Vol spécial de Fernand Melgar (2011-100’)

vendredi 21 - 21h - cinéma le Palace - Tulle avec RESF 19
Chaque année en Suisse, des milliers d’hommes et de femmes sont emprisonnés sans procès ni condamnation. Pour la seule raison qu’ils résident illégalement sur le territoire, ils peuvent être privés de liberté pendant 18 mois dans l’attente de leur expulsion.

Après La Forteresse - Léopard d’Or au festival de Locarno - qui traitait des conditions d’accueil des requérants d’asile en Suisse, Fernand Melgar porte son regard vers la fin du parcours migratoire. Le cinéaste s’est immergé pendant 9 mois dans le Centre de détention administrative de Frambois à Genève, l’un des 28 centres d’expulsion pour sans papiers en Suisse.
Pêle-mêle, on trouve à Frambois des requérants d’asile déboutés ou des clandestins. Certains sont établis en Suisse depuis des années, ont fondé une famille et travaillent. Ils cotisent, envoient leurs enfants à l’école. Jusqu’au jour où les services d’immigration cantonaux décident arbitrairement de les jeter en prison pour garantir leur départ.
Le problème, c’est qu’aucun détenu n’est disposé à quitter la Suisse volontairement. Commence alors un long acharnement administratif pour les forcer à partir.
Dans ce huis clos carcéral, le face-à-face entre le personnel et les détenus prend au fil des mois une dimension d’une intensité parfois insoutenable. D’un côté une petite équipe soudée et motivée, pétrie de valeurs humanistes, de l’autre des hommes en bout de course, vaincus, épuisés par la peur et le stress. Se nouent alors des rapports d’amitié et de haine, de respect et de révolte, de gratitude et de rancœur. Jusqu’à l’annonce de l’expulsion, souvent vécue par les détenus comme une trahison, comme un ultime coup de poignard.

Avec ce film, Fernand Melgar entend dénoncer les conditions de détention et surtout de renvoi des demandeurs d’asile dans leur pays, et ce avec d’autant plus de force qu’il filme de façon objective, dans un centre réputé « modèle », en nous mettant face à nos responsabilités individuelles et collectives, en tant que spectateurs mais également en tant que citoyens (rappelons que la Suisse relève d’une démocratie directe et que les lois relatives à la détention et l’expulsion de sans-papiers reflètent la volonté du peuple).
A travers l’exemple suisse, c’est en fait l’existence d’un problème géopolitique et social d’envergure internationale que met en lumière le film, compte tenu du manque de volonté politique croissant des états au profit d’objectifs de volume désincarnés et de leur terrifiant nécessaire administratif. Dans Vol spécial, ces objectifs de volume ont des noms : Pitchoun, Ragip, Jeton, Wandifa, Serge… La caméra de Fernand Melgar se fait leur porte-parole.

Le réalisateur. Fernand Melgar est né en 1961 dans une famille de syndicalistes espagnols exilés à Tanger au Maroc. Il accompagne clandestinement ses parents qui émigrent en Suisse en 1963 comme saisonniers. Il interrompt ses études de commerce au début des années 80 pour fonder avec des amis le haut lieu de la culture underground de Suisse romande, Le Cabaret Orwell puis la scène rock internationalement réputée, La Dolce Vita. Après y avoir programmé de la vidéo de création, il devient, en autodidacte, réalisateur et producteur indépendant. À partir de 1983, il bricole des films expérimentaux et des reportages iconoclastes pour la télévision. Depuis 1985, il a réalisé une dizaine de documentaires sur les questions d’immigration et d’identité : Classe d’accueil sur l’intégration de jeunes étrangers en Suisse (1998), Remue-Ménage sur un père de famille qui a choisi de s’habiller en femme (2002, primé à Traces de Vie en 2003), La forteresse (2008).


 

arts plastiques
Exposition de l’atelier d’expression picturale
de l’EPDA1 du Glandier
du mercredi 5 au dimanche 30 - à l’Eglise St Pierre et à La Cour des Arts - Tulle
vernissage le vendredi 14 - 17h - église St Pierre
en présence des artistes et du groupe Yakatapé (formation de l’atelier de musique de l’EPDA du Glandier encadré par Charles Naras - percussions/accordéon)
(Voir page centrale)
La ville de Tulle, l’association Entropie et Compagnie, Peuple et Culture Corrèze, la Cour des Arts et le Conseil Général de la Corrèze2 ont souhaité s’associer à la direction de l’EPDA du Glandier pour donner à voir au plus grand nombre la remarquable qualité de ces travaux.
Cet atelier, créé par deux employés de l’établissement, Charles Naras et Marie-Christine
Favart, existe en tant que lieu dédié à part entière à la création plastique au sein du Glandier depuis 2006.
43 résidents de l’établissement le fréquentent toute la semaine. C’est un lieu de plaisir et de liberté et cela se ressent sans aucun doute dans le caractère jubilatoire des productions qui en émanent.

A partir d’un désir... pas toujours facile à saisir, chacun est accompagné dans une recherche de technique et de style au plus près possible de ses envies et de ses moyens, l’objectif étant de permettre aux membres de l’atelier d’atteindre la plus grande autonomie et la plus grande liberté possibles dans leur démarche d’expression. C’est ainsi, grâce à la qualité de cet accompagnement, que chacun a pu développer une personnalité artistique qu’il apprend à maîtriser peu à peu et qui est pour certains particulièrement remarquable.
Une partie de l’exposition sera consacrée au travail de Dominique Bertoliatti, qui séjourna au Glandier durant les dernières années de sa vie tout en ayant une production artistique personnelle autonome et antérieure à sa fréquentation de l’établissement et dont le talent était alors déjà reconnu par son entourage et fut ensuite confirmé par des spécialistes de l’art brut (une partie de ses oeuvres graphiques a été déposée au musée d’art brut de Lausanne par sa famille).
1. établissement Public Départemental Autonome
2. Cet évènement reçoit également le soutien financier de la CPAM et de l’AG2R La Mondiale pour la réalisation du projet vidéo mis en œuvre pour l’occasion.

 


rado
Journée d’étude autour des premiers travaux
de Rado en Corrèze
samedi 22 - de 9hà 18h - salle Latreille - Tulle
(Voir document joint)
Peuple et Culture et le groupe RADO en résidences d’artistes à Tulle depuis septembre dernier, ont répondu à un appel à projet du Centre National des Arts Plastiques dans le cadre de la commande publique.
Cette demande soutenue par la DRAC Limousin a abouti : sur 70 projets déposés, 6 ont été retenus dont celui de RADO. Seul projet émanant d’une association d’éducation populaire. Tous les autres sont issus de Centres d’art.
Au-delà du projet même de RADO, cette commande publique est signe d’une reconnaissance des initiatives de Peuple et Culture notamment les 15 dernières années avec les trois temps forts des résidences de Marc Pataut, Patrick Faigenbaum et Ahlam Shibli.
Le tolet des jeunes artistes est fondé sur les hypothèses suivantes :
« La première hypothèse tire son origine de l’intérêt de plusieurs d’entre nous pour une activité artistique menée en collaboration avec un public non artiste. Nous voulons mettre en place des situations de travail collective avec des habitants, associations, entreprises, établissements scolaires, dans lesquelles la dimension pédagogique ne sacrifie rien à l’ambition artistique.
La seconde souhaite mettre l’accent sur une géographie : les citoyens, et les artistes les premiers, ignorent généralement combien la géographie d’un territoire (a fortiori rural) détermine et est déterminée par un ensemble dynamique de réseaux techniques (voirie, énergie, télécommunications). Nous voulons comprendre et montrer comment tel système technique exploite telle particularité du paysage (de la géologie, de l’hydrographie, etc.), comprendre et montrer comment une ville comme Tulle et un département comme la Corrèze s’insèrent dans des réseaux techniques et technologiques plus vastes (régionaux, nationaux, européens, mondiaux), comprendre et montrer enfin comment les paramètres de cette insertion dessinent l’image de leur futur. »
Un travail artistique qui passe par des repérages et des enquêtes sans s’y réduire bien sûr ! Les œuvres réalisées donneront lieu en 2014 à plusieurs expositions plutôt dans des lieux non habituellement dédiés à l’art.



et aussi…
Ateliers souffle et voix avec Iris Bugl
les mardi de 18h à 19h30 - Peuple et Culture, 51 bis rue Louis Mie - Tulle
les mercredi de 19h à 20h30 - école Jules Ferry, entrée Rue Dalton - Brive
Il ne s’agit pas d’apprendre des techniques spéciales de respiration mais de prendre conscience de son souffle tel qu’il est à un moment donné, de son corps, de ses états intérieurs. Et à partir de là, commencer à élargir ses propres possibilités corporelles et émotionnelles.
Le travail se pratique assis sur un tabouret, debout, en mouvement et parfois allongé. Des étirements doux préparent le corps pour que le souffle puisse mieux l’habiter. Des séquences de mouvements simples, seul ou avec l’aide d’un partenaire, et un travail d’exploration des sons permettent de stimuler la respiration et de l’expérimenter sans la forcer. Peu à peu se découvrent les lois de son fonctionnement naturel. La sensibilité et la conscience corporelle se développent.
Les effets sont multiples : relaxation, libération de la respiration, prévention de la santé globale. Une pratique régulière permet plus d’équilibre, de reprendre confiance en soi et d’approcher son véritable potentiel de vitalité et la joie de vivre.
Chanteurs, musiciens, enseignants peuvent aussi y trouver un travail en profondeur qui ne forme pas seulement la voix, mais aide à libérer le son et le geste, à être présent et plus en contact avec soi et les autres.
Cette méthode est née en Allemagne sur les bases des années vingt. Fondée par Ilse Middendorf, elle est connue dans les pays germanophones sous le terme de Erfahrbarer Atem.
Iris Bugl l’a implantée en France depuis 1997, en proposant des ateliers, des stages de formation continue ainsi que des séances individuelles.

Après cinq années d’études supérieures en Sciences de l’éducation, psychologie et sociologie à l’université de Berlin, Iris Bugl a travaillé pendant plusieurs années dans le secteur des échanges internationaux de jeunes et de la formation des adultes. Puis elle a engagé une formation de trois années à l’Institut pour l’enseignement du souffle de Berlin dirigé par Erika Kemmann. Elle est actuellement pédagogue et thérapeute par le souffle et membre agréé de l’association professionnelle allemande des thérapeutes par le souffle (AFA).

Des sessions souffle et voix ont lieu aussi en week-end 4 fois par an :
En 2012 : le 29 et 30 septembre au château de Poissac (près de Tulle ) et le 10 et 11 novembre au château de Ligoure (près de Limoges)
En 2013 : le 12 et 13 janvier, le 16 et 17 mars et le 15 et 16 juin au château de Ligoure
Tarifs : les ateliers : 55€ par mois/ les stages en week-end : 120 €
Contact : Iris Bugl : 06.08.30.63.24 ou 05.55.26.01.49 / iris.bugl@wanadoo.fr

 

 


 

 

juillet - aout 2012

 


les docs de l’été

Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger de Valérie Brégaint (2010-52’)
mardi 17 juillet - 21h - librairie L’aire libre - Argentat

Zahia Ziouani a 32 ans, elle est la plus jeune chef d’orchestre française et dirige, en plus de sa carrière internationale, l’Orchestre Symphonique Divertimento et le Conservatoire de musique et danse de Stains (93). Ce portrait est emblématique de l’aventure contemporaine d’une femme et d’une région, ainsi que des aléas de sa diversité. Il propose différentes rencontres entre Zahia et son entourage, l’orchestre et le public. Il nous mène sur les traces de cette jeune femme généreuse qui construit en brisant les préjugés : entre Paris et la banlieue, où elle accueille à Stains des jeunes de trente nationalités différentes, entre la France et l’Algérie car elle y dirige l’Orchestre National en tant que Chef invitée depuis 3 ans. Le film aborde les questions qu’elle se pose en tant qu’actrice du monde musical dans l’Europe d’aujourd’hui : sur l’identité, l’éducation et le rapport aux médias, la création. Les réflexions et l’expérience de Zahia Ziouani ouvrent des perspectives, comme autant de promesses.


The Black Power Mixtape de Göran Olsson (2011-93’)
vendredi 20 juillet - 21h - ciné-club - Tarnac

De 1967 à 1972, des équipes de télévision suédoises se sont intéressées au mouvement des droits civiques aux États-Unis. Du quotidien d’une famille noire qui manque de tout au désespoir des habitants de Harlem après les assassinats de Martin Luther King et Bob Kennedy, d’un discours de Bobby Seal au procès très médiatisé de l’égérie des Black Panthers, Angela Davis, ces journalistes ont relayé le soulèvement de la population afro-américaine en tentant d’en comprendre les causes.
Ils ont approché les grands leaders du Black Power lors de prises de positions publiques, mais aussi dans l’intimité. Dans une séquence particulièrement forte, Stokely Carmichael interviewe sa mère, qui raconte la misère et les discriminations. Dans un autre entretien d’une franchise stupéfiante, Angela Davis, interrogée depuis sa prison sur l’usage de la violence, s’emporte contre le journaliste avant d’évoquer son enfance, marquée par les meurtres raciaux et la possession vitale d’armes pour se défendre.



Babel Caucase toujours ! de Mylène Sauloy (2007-90’)
mardi 24 juillet - 21h - librairie L’aire libre - Argentat

Au printemps 2007, une caravane, de huit camions attelés et d’une cinquantaine d’artistes, part de trois coins de France vers le Caucase pour des étapes de rencontres et d’échanges, un geste de solidarité culturelle. Au bout de la route et du rêve, il y a Grozny en Tchétchénie.
Un projet mûri depuis la venue au théâtre du Soleil d’une troupe d’enfants danseurs de
Grozny, Daymokh. Pour les retrouver et ouvrir au monde la petite république tchétchène, meurtrie par 12 ans de guerre, une bande hétéroclite de musiciens, danseurs, voltigeurs équestres, cuistots, syndicalistes, marionnettistes, cinéaste, éleveur et plasticiens, roule à bord d’un bus cinéma et d’un camion vidéo, un semi remorque plein de cadeaux, une cuisine sur roues et, tractées, une roulotte scène, une fête foraine et un manège d’animaux marins.
Caravane de la solidarité culturelle, Babel Caucase tisse des liens entre les peuples, crée des métissages, donne à voir, à entendre, nourrit l’âme de beauté et offre espoir à ceux qui en manquent, de se sentir moins seuls, de se sentir plus proches.



Djembéfola de Laurent Chevallier (1991-67’)
mardi 14 août - 21h - librairie L’aire libre - Argentat

Mamady Keita, l’un des grands maîtres de la percussion africaine (un djembefola), rentre au pays, à Balandugu, dans la région de Malinké (Guinée). Émotion des retrouvailles, rencontres mêlées de rires et de larmes, de musique et de danse avec des artistes mais aussi des villageois qui l’ont aidé à devenir cet artiste à la stature internationale. Caméra à la main, Laurent Chevallier a suivi son périple.
Mamady Keïta est né en 1950 à Balandugu, un village situé près du fleuve Fé, en Guinée. Son père est maître chasseur et fida tigi (maître des plantes et guérisseur). Il est initié au djembé dès l’âge de 7 ans par Karinkadjan Kondé, djembéfola de son village. A 14 ans, il est sélectionné pour entrer au ballet national Djoliba en tant que batteur principal et soliste.
Il en sera le directeur artistique de 1976 à 1986 et entreprend de nombreuses tournées en Afrique, en Asie, en Europe et aux États-Unis.
En 1988, il s’installe à Bruxelles où il donne des cours de percussions, enseignant plus particulièrement les rythmes mandingues, au sein de l’école Répercussions. Il crée également son nouveau groupe de musiques traditionnelles mandingues Sewa Kan, avec lequel il donne plusieurs concert en Europe.
En 1989, il sort son premier album intitulé Wassolon et fonde dans les années suivantes sa propre école TamTam Mandingue. Il organise, deux ans plus tard son premier stage en Guinée. Son dernier album Hakili est sorti en 2010.



Soirée courts métrages
mardi 21 août - 21h - librairie L’aire libre - Argentat
Avant que les murs tombent
de Eve Duchemin (2008 - 27’)
Près de Charleroi, Colin, jeune exclu, écrit du rap avec ses potes…
Les hommes s’en souviendront de Valérie Müller (2006 - 10’)
Les dernières minutes d’intimité qui ont précédé, le 26 novembre 1974, l’entrée de Simone Veil dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale pour y présenter son projet de loi pour l’avortement.
L’amour à contre champ de Frédéric Murarotto (2011 - 6’)
Mélanie et Louis s’aiment. Ou plus précisément, ils doivent s’aimer. Ils sont même payés pour ça. Malheureusement pour eux, ils se détestent.
La Saint Festin de Anne-Laure Daffis et Léo Marchand (animation - 2007 - 15’)
Hourrahhhh ! Demain c’est le 40 novembre ! C’est la Saint-Festin, la grande fête des ogres ! Alors si vous n’avez pas encore attrapé d’enfant, dépêchez-vous et bonne chasse !
Cul de bouteille de Jean-Claude Rozec (animation - 2010 - 9’)
La nouvelle, terrible, est tombée : profondément myope, Arnaud doit porter d’affreuses binocles.



les ateliers
Venez écouter les ateliers Chant traditionnel et Retour ô 35 choeurs...

mercredi 4 juillet - 20h30 - salle polyvalente du Lycée René Cassin - Tulle
Soirée chants et poésies (à l’initiative de l’association Amitiés Droujba 19 qui accueille en Corrèze le Forum des professeurs de français de Russie et d’Arménie)
- atelier chants traditionnels sous la direction de Sylvie Heintz
- poèmes pour le partage : Pierre-Etienne Heymann dira des textes de Victor Hugo, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Henri Michaux, Paul éluard, Louis Aragon, Jacques Prévert, Boris Vian et Aimé Césaire.
- atelier Retour ô 35 chœurs, chants de luttes et de résistances, sous la direction de Jean-Yves Depecker et Béatrice Bonnevie.


 

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.. et vous promener avec l’Atelier Théâtre
jeudi 5 juillet - 18h30 - rive droite de la Corrèze
jeudi 19 juillet - 18h30 - rive gauche
départ devant le parking St Pierre - durée : 1h

L’atelier théâtre de Peuple et Culture accompagné par le Bottom Théâtre travaille depuis plusieurs années comme un laboratoire. En 2012/13, selon le désir des participants actuels, nous allons monter Oncle Vania de Tchekhov
Toutefois , nous nous donnons la liberté de faire des parenthèses dans ce projet pour nous rendre disponibles à la rencontre avec le public, pour essayer, faire entendre, questionner.
Il y a aussi notre désir de découvrir l’écriture d’auteurs vivants, d’ici ou d’ailleurs. Qu’est-ce qui s’écrit aujourd’hui ? De quoi y parle-t-on ? Quelles sont les langues des auteurs de théâtre ? On prend, on lit, on laisse ou on garde ce qui rencontre les participants.
Ainsi, cette fois, nous donnerons à entendre des extraits de Emmanuel Darley, Bernard Marie Koltès, Jean Marie Piemme, Laurent Comantin, Daniel Dannis, Philippe Minyana…
Dans la proposition d’être présents dans la ville avec les jeudis de l’été, il y a notre envie de faire résonner des morceaux de textes, de langues, dans des lieux parfois secrets de Tulle, là où d’autres ont vécu, là où nous vivons. Il y a notre envie de promenade, d’ardoises, de paysage et de mots, notre envie d’essayer.
Travail dirigé par Marie-Pierre Bésanger et Philippe Ponty
Avec : Karima Alouani, Audrey Arnal, Pierre Daniel, Grégoire Durif, Claudine Le Guen, Gaëtan Murat, Olivier Philippson, Clément Pichot, Romane Ponty Bésanger.



arts plastiques
Cabinet de curiosités et La peinture dans tous ses états
mardi 3 juillet - 16h30 - écoles primaires de St Martin la Méanne et de St Clément

Présentation aux parents et au public du résultat des projets Arts Plastiques réalisés par Peuple et Culture (David Molteau) dans les écoles de Saint-Martin-la-Méanne et Saint-Clément.
Au total, huit projets Arts Plastiques ont été réalisés cette année par Peuple et Culture dans des classes de maternelle, primaire et lycée.

Le projet de Saint Martin la Méanne s’est déroulé tout au long de l’année avec 12 élèves d’une classe unique pour la réalisation d’un Cabinet de curiosités regroupant une collection d’images, d’objets et d’inventions en tout genre.

à Saint Clément, les élèves ont flirté avec les interdits, laissant couler la peinture à même le sol (protégé !), sur divers objets, vaisselle, cahiers, jouets, vêtements... une expérience rare et jubilatoire ! Des œuvres de l’artothèque ont été associées à ce projet sur la question de la matérialité de la peinture.


festivals ciné doc
Résistances
du vendredi 6 au samedi 14 juillet - Foix

Le festival de films Résistances explore les frontières d’un cinéma subversif. Fondé en 1997, il s’est donné comme objectif de promouvoir un cinéma engagé, rarement diffusé, et proposer un nouveau regard sur le monde. Ainsi, Résistances s’affirme comme un lieu de rencontre entre le 7ème Art et la politique. Véritable levier pour l’esprit critique, le festival offre 9 jours de projections, de rencontres avec des cinéastes et de débats construits autour de 4 grands thèmes.
Cette année : Norme sociale et handicap, Montagne sacrée, montagne sacrifiée, Jeunesse, musique et rébellion, La fabrique des croyances. Depuis 2008, une région du monde est mise à l’honneur dans la programmation (Zoom Afrique pour cette édition).
Résistances, c’est aussi des évènements satellites et des invités. Depuis sa création, le festival accueille des personnalités de la culture et divers analystes, venus échanger avec le public leur point de vue sur les sujets abordés. Plus d’infos sur le site du festival : http://festival-resistances.fr/



états généraux du film documentaire
du dimanche 19 au samedi 25 août - Lussas

Manifestation non compétitive, la ligne éditoriale des États généraux est marquée par trois axes de programmation :
- les séminaires développent, sur plusieurs séances, une réflexion théorique sur le cinéma. Cette année : Nécessité de la critique (avec Emmanuel Burdeau, Jean-Louis Comolli, Antoine Guilloy, Christophe Kantcheff).
- les rencontres professionnelles proposent des temps privilégiés d’échange entre les différentes catégories professionnelles, destinés à s’informer, se mobiliser et à engager une réflexion commune à tous les secteurs de la profession autour des perspectives économiques et de diffusion du documentaire.
- les programmations «Films» permettent de découvrir ou revisiter des œuvres documentaires exceptionnelles, des filmographies ou l’évolution du documentaire d’un pays : le regard sur la production francophone européenne de l’année met en avant des œuvres récentes et peu diffusées, les «Histoire de doc» renforcent la dimension de formation à travers la programmation d’œuvres de référence ou de patrimoine (cette année, les Pays Baltes) les «Fragments d’une œuvre» proposent des rétrospectives d’auteurs confirmés ou la découverte de la filmographie de jeunes auteurs (B. Dziworski, documentariste polonais pour cette édition), la «Route du doc» propose de faire le point sur l’évolution du documentaire hors de nos frontières (le Portugal). Et les séances plein air du soir n’oublient pas les films à caractère plus événementiel... Plus d’info sur : http://www.lussasdoc.com

 

 


avril 2012
Avec Dédé de Christian Rouaud (2010-79’)
vendredi 11 - salle Cerous, mairie - Seilhac
en partenariat avec le Centre Régional des Musiques Traditionnelles en Limousin (CRMTL) et la médiathèque de Seilhac, autour de la collecte et de la mise en valeur des musiques traditionnelles.
19h : projection des Danseurs de bourrée de Treillet réalisé par Charly Beyer et le CRMTL
19h30 : casse-croûte sorti du sac (chacun amène du salé, du sucré ou du liquide à partager)
20h30 : projection du film Avec Dédé de Christian Rouaud
En Bretagne où il est né, André Le Meut partage son temps entre deux activités, qui se nourrissent l’une l’autre : pour collecter et faire connaître la culture orale du Morbihan, il part à la rencontre de ceux qui la détiennent encore, l’enregistre, la met en mémoire et l’offre à la disposition du public. Par ailleurs virtuose de la bombarde, imprégné jusqu’au plus intime de la tradition bretonne, il cherche, dans la confrontation avec d’autres musiciens, une voie singulière pour la musique qu’il a en tête, en même temps qu’il fait sonner son instrument inlassablement, dans les fest-noz, les églises et les salles de concert. Grand, efflanqué, embarrassé de lui-même et de ses bras qui renversent d’un même geste partitions et verres de bières, il arpente le film de sa démarche saccadée, se heurte aux obstacles que la vie s’ingénie à lui opposer en s’excusant d’un «hop là!» ou en faisant un pas de côté pour effacer son corps trop encombrant.
Le réalisateur. Christian Rouaud a d’abord été professeur de lettres, puis responsable de formation audiovisuelle dans l’éducation Nationale. Durant cette période, il a réalisé des films pour le système éducatif et participé à différents projets sociaux et culturels, notamment un circuit interne de télévision à la prison de Fresnes et la création de l’Association «Audiovisuel Pour Tous dans l’éducation» (APTE), qu’il a présidée pendant 5 ans. Il est également l’auteur d’un roman, La saldéprof (Editions Syros, 1983).
Filmographie sélective : Paysan et rebelle, un portrait de Bernard Lambert (2002), L’Eau, la terre et le paysan (2006), Les LIP, l’imagination au pouvoir (2007), Tous au Larzac (2011)...
Les danseurs de bourrée de Treillet. Nous avons souhaité lors de cette soirée mettre en résonance le travail d’André Le Meut en Bretagne et celui effectué par le CRMTL en ce qui concerne le travail de collecte et de mémoire des musiques et cultures traditionnelles. C’est pourquoi nous projetterons un film réalisé par le CRMTL, Les danseurs de bourrée de Treillet. Robert Pouget et André Dupuy habitent le village de Treillet, commune de Beaumont, niché au pied des Monédières. Un petit pré sépare leurs deux maisons mais la danse les a toujours réunis. La danse, c’est la bourrée pratiquée par l’un et par l’autre, chacun avec son génie propre.
Le CRMTL. C’est une association qui a pour but d’informer, de coordonner, de soutenir et de développer les musiques traditionnelles en Région Limousin. C’est un centre de ressources dans le domaine de l’information, la mise en réseau, le conseil et l’expertise, et une structure de développement d’actions dans le domaine du patrimoine et de la mémoire, de la formation ainsi que de la création et la diffusion.


 


télé-brouette PEC
Un magazine vidéo réalisé par Peuple et Culture…
mercredi 9 - 18h - locaux PEC - 1ère rencontre autour de cette nouvelle aventure
Une «télé-brouette» c’est un programme vidéo diffusé de la main à la main sous forme de DVD que l’on peut choisir de regarder ensemble, dans un café, une bibliothèque, chez soi avec quelques amis, dans un lieu public. C’est une télévision ancrée dans le territoire sur lequel elle travaille, qui s’adresse à ses habitants, non pas à des consommateurs, pour dévoiler un pays vivant.

Pourquoi ? Pour aller à la rencontre du mouvement social en Corrèze, donner à voir des tranches de vies rebelles et sensibles, des actions collectives et solidaires, des expériences alternatives qui donnent envie de se mettre en mouvement.
Comment ? En créant un « comité de rédaction » à géométrie variable, qui serait associé au projet selon les disponibilités et les intérêts de chacun(e) : de la simple participation à une
« conférence de rédaction » qui propose et décide des sujets, à une implication plus large : prendre les contacts, conduire des entretiens, s’associer au montage et à la réalisation complète du document final qui comporterait plusieurs rubriques, sans formatage préconçu. Les sujets pourraient durer de 1 à 20 ou 30 minutes et certains pourraient faire l’objet d’un suivi.
Selon quelle fréquence ? Une fréquence régulière non encore arrêtée (1 fois par trimestre par exemple)
Par quel mode de diffusion ? Sur DVD qui serait proposé à des points de diffusion (à établir) et éventuellement projeté tout ou partie dans le réseau de diffusion du cinéma documentaire de Peuple et Culture. Le magazine serait aussi accessible sur le net.
Quelques exemples possibles de courtes rubriques régulières en complément des sujets évoqués en introduction :
- la présentation d’un livre par un libraire ou/et un ou des lecteurs dans une librairie,
- une rubrique cinéma sous la forme d’un débat après un film, entre spectateurs ou /et avec le réalisateur,
- une rubrique activités de PEC (déjà réalisées ou à venir) : droits de questions, interventions en milieu scolaire (ateliers de pratiques artistiques, projection cinéma documentaire), suivi de résidence d’artistes…
- une information (qui pourrait être réalisée en lien avec les syndicats) sur la situation dans les entreprises.
Nous vous attendons nombreux pour partager des idées et nous rejoindre dans cette aventure....


 


scènes ouvertes
jeudi 24 - 19h - Le battement d’ailes à Lauconie - Cornil
Les scènes ouvertes se mettent au vert !
Nous partons en fanfare à la campagne, accueillis cette fois-ci par l’association Le battement d’ailes à Cornil.
Entre yourte et jardin venez déguster un brin de musique et écouter une rondelle de saucisson, ou bien le contraire…

Implantée sur un terrain de 5 hectares, le Battement d’ailes est une proposition d’alternative sociale, économique et culturelle pour celles et ceux qui ressentent le besoin de la mise en oeuvre d’un mode de développement local respectueux des humains et de leur environnement. Fonctionnant sur un modèle participatif et démocratique, se revendiquant des valeurs de l’éducation populaire, elle élabore des outils visant à la sensibilisation, l’information et la transmission de savoirs dans les domaines de l’écologie appliquée (écoconstruction, connaissance du vivant) et du développement culturel. Tél : 05 55 26 49 98

 



PEC change de constitution

En 2011, pour le 60ème anniversaire de Peuple et Culture Corrèze, le travail qui a été mené sur l’origine de l’association, son histoire, son évolution (essentiellement par une longue série d’entretiens avec son fondateur Roger Eymard) a permis de vérifier que nous avions à la fois une grande fidélité aux valeurs qui l’ont fondée et en même temps des capacités de transformation et de renouvellement.
L’activité de Peuple et Culture fait l’objet d’une reconnaissance régionale mais aussi nationale et parfois même au-delà du cadre national. C’est sur ces bases-là que les questions sur lesquelles nous avons voulu mettre l’accent lors de l’Assemblée Générale élective (qui a eu lieu le 17 avril dernier) ne concernaient pas la nature des actions ni leur volume (conséquent), ni la situation financière de l’association qui reste favorable. En revanche, il nous a semblé nécessaire d’interroger les modes de fonctionnement et les questions de transmission.

Ainsi, l’Assemblée Générale a procédé à un changement de statuts inspirés par une réflexion guidée par les intentions suivantes :
- imaginer une « architecture » permettant d’expérimenter un fonctionnement alternatif plus collectif, dégagé du phénomène de « présidentialisme » qui depuis la Constitution de 1958 déteint sur toutes les structures sociales y compris associatives et personnalise à outrance les modes de fonctionnement.
- questionner les appellations utilisées pour désigner les instances (« bureau », « comité directeur ») qui depuis longtemps empruntent un vocabulaire issu des partis politiques traditionnels ou de l’administration.

Selon les nouveaux statuts adoptés à l’unanimité, l’Assemblée Générale a élu un « Conseil » composé de 31 membres, parmi les adhérents actifs de Peuple et Culture.
Ce Conseil qui travaillera à définir les orientations de l’association a élu en son sein un « Collectif » qui sera, lui, chargé du fonctionnement plus quotidien et opérationnel de l’association. Le Collectif est composé de 6 membres parmi lesquels un(e) président(e) et un(e) trésorier(e) ont été tirés au sort (ainsi que cela se pratique dans le fonctionnement des coopératives) et seront renouvelables chaque année. Conseil et Collectif seront élus chaque année.

Le Conseil est composé de :
Marie Albaret, Marie-Pierre Bésanger, Iris Bugl, Didier Christophe, Sylvie Christophe, Nadège Colladant, Jean Combasteil, Carmen Deguil, Odile Delaunay, Estelle Duquenois, Marie Durin, Olivier Durin, Dominique Fleygnac, Cathy Froidurot, Dominique Grador, Sylvie Heintz, Pierre-Etienne Heymann, Anne-Marie Leymarie, Pierre Leymarie, Marie Maugein, Marilyne Mertens, Bernard Mullet, Sophie Petitpré, Philippe Ponty, Josette Pouget, Edmond Pouget, Marie Trillo-Pouget, Mary Rochais, Jean-Bernard Servières, Manée Teyssandier.

Le Collectif est composé de :
Marie Maugein, Maryline Mertens, Bernard Mullet, Sophie Petitpré, Josette Pouget,
Manée Teyssandier.
Présidente tirée au sort : Josette Pouget / Trésorière tirée au sort : Sophie Petitpré


 


et aussi…
Algérie : combats d’hier, résistances d’aujourd’hui
mardi 15 - 20h - cinéma le Lido - Limoges avec l’assocation Mémoire à Vif - 5 €
« Algérie : l’indépendance a 50 ans.
50 ans après, pourquoi convoquer, une fois encore, notre mémoire sur cette histoire toujours douloureuse ? Parce que Mémoire à Vif, née de la résurgence d’une résistance locale à la guerre d’Algérie, se doit de participer au cinquantenaire de l’indépendance qui mit fin à 132 ans de cette « nuit coloniale » dont parlait Ferhat Abbas, d’autant que certains ont tenté de nous vendre les aspects positifs de la colonisation et nous parlent du choc des civilisations, continuant à instrumentaliser un racisme au quotidien.
C’est aussi pour nous le moyen de faire entendre une autre voix que celle diffusée par les grands médias- presse écrite, radio, télévision - qui, dans la plupart des cas, continuent, 50 ans après, à avoir un regard de colonisateur. Bien peu osent encore dénoncer les méfaits du colonialisme et dire que les Algériens avaient raison de se révolter. Le point de vue reste résolument français, une manière de nous conforter dans l’idée que nous étions là-bas chez nous.
C’est, enfin, l’occasion de parler, en toute liberté, de l’Algérie d’aujourd’hui. N’oublions pas que le gouvernement français, qui a décidé qu’aucune commémoration officielle ne serait organisée le 19 mars, date du cessez-le-feu, a suggéré aux autorités algériennes de fêter ce cinquantenaire « dans un esprit de modération, en essayant d’éviter les extrémismes de tous bords ». Et le Premier Ministre algérien, Ahmed Ouyahia, a cru bon de dire : « Il faut cesser de faire de la colonisation de l’Algérie un fonds de commerce ». Visiblement, les consignes de la France seront appliquées à la lettre. Vous avez dit : Indépendance ?» Danièle Restoin, Mémoire à Vif

Jacques Charby, porteur d’espoir de Mehdi Lallaoui (2006-52’)
Le film est le premier volet du triptyque En finir avec la guerre...d’Algérie, autour de portraits de femmes et d’hommes aux itinéraires et engagements très différents. Ce sont, pour la plupart, des histoires occultées ou peu abordées, comme celle de Jacques Charby, comédien de talent, qui s’est engagé dans le réseau Jeanson. Mort le 1er janvier 2006, le film est un hommage posthume à son parcours étonnant.
Octobre noir d’Aurel et Florence Cotte (2011-12’)
17 octobre 1961 à Paris. Cinq jeunes gens, Algériens et Français, sont en route pour manifester pacifiquement contre le couvre-feu instauré par le préfet de police Maurice Papon. Pour Malek, cette manifestation est signe d’espoir d’un avenir pour sa génération en France. Saïd, lui, y trouve l’occasion d’exprimer sa frustration. Les trois Français, eux, manifestent pour une France respectant sa devise républicaine. Tous se lancent, confiants, dans les rues de Paris...
Mollement, un samedi matin de Sofia Djama (2011-28’)
« Dans l’Alger d’aujourd’hui, où tout sent la déliquescence, une jeune femme belle et libre peut-elle être considérée autrement que comme une prostituée ? Et que faire, face à « un violeur défaillant » ? Fiction à la limite du documentaire, court-métrage qui laisse une empreinte plus forte que bien des longs-métrages, chute de l’histoire aussi intéressante que peu prévisible : une grande réussite que ce premier film franco-algérien. » Martine Delahaye, Le Monde 29/30 janvier 2012


 


Rencontres africaines
du jeudi 31 mai au samedi 2 juin - salle Latreille - Tulle
jeudi 31 mai : Cette soirée sera consacrée au cinéma africain avec Peuple et Culture. Au programme, des courts métrages qui montrent les difficultés et les espoirs de l’Afrique vus par des africains et en particulier un superbe film d’animation.
vendredi 1er : soirée avec la troupe de musiques et de danses Saaba du Burkina Faso déjà présente lors des Rencontres de 2008, en partenariat avec la Maison des Droits de l’Homme de Limoges.
samedi 2 : Participation à l’événement de la Ligue contre le cancer avec un spectacle tout public de Mamadou Sall et l’intervention de la troupe de danses et percussions tulliste Tassouma avant le grand spectacle sur la place de la cathédrale de Boney M.
En partenariat avec la médiathèque Eric Rohmer : Des séances de contes avec un conteur mauritanien, Mamadou Sall, dans les collèges Victor Hugo, Seilhac et à la médiathèque elle-même ; une animation avec l’illustratrice Bénédicte Nemo autour du Sénégal et présentation de son travail. Elle fera expérimenter la technique de linogravure aux collégiens de Victor Hugo et de Seilhac .
Durant la journée, à la salle Latreille, vous pourrez participer à des apéritifs dinatoires, des ateliers (batik, souwere, henné), visiter des stands d’associations de solidarité internationale...

 

 


 

décade cinéma et société
El Djazaïr!
France-Algérie, du colonialisme à aujourd’hui
du mercredi 11 au dimanche 15 à Tulle
et le vendredi 20 au battement d’ailes à Cornil

mercredi 11
15h - cinéma le Palace -
en présence du réalisateur
Les Folles années du twist de Mahmoud
Zemmouri (1983-90’)
18h - médiathèque éric Rohmer - en présence
de Gilles Manceron*, historien, LDH
J’ai 8 ans de Yann Le Masson (1961-10’)
Octobre à Paris de Jacques Panijel (1961-70’)
21h - cinéma le Palace - en présence
de René Vautier* et Marceline Loridan-Ivens
Peuple en marche de René Vautier (1963-60’)
Algérie, année zéro de Marceline Loridan-Ivens (1962-40’)


jeudi 12
14h - cinéma le Palace - en présence
de Naïma Yahi de l’association Pangée Network
Le Général de Bollardière et la torture de André Gazut (1974-52’)
18h - médiathèque éric Rohmer - en présence de Jean Labib*, réalisateur
et de Geneviève Dreyfus-Armand, historienne
Déchirures algériennes de Jean Labib (1987-57’)
L’engagement de Gérard Follin (1988-32’)
21h - cinéma le Palace - en présence du réalisateur*
Bled number one de Rabah Ameur-Zaimèche (2005-97’)


vendredi 13
14h - médiathèque éric Rohmer
Kateb Yacine : l’amour et la révolution de Kamal Dehane (1960-60’)
18h30 - cinéma le Palace - en présence de Monique Martineau,
directrice de Cinémaction
Elles de Ahmed Lallem
Algériennes, 30 ans après de Ahmed Lallem
21h - cinéma le Palace - en présence de Jean-Pierre Burdin, consultant
arts-travail et Marie-José Nat, comédienne, interprète d’élise*
élise ou la vraie vie de Michel Drach (1970-105’)


samedi 14 - cinéma le Palace
de 15h à 18h - en présence de Béatrice de Pastre, directrice de collections
des Archives françaises du film
Carte blanche au CNC, sélection de films tournés pendant la période coloniale (1896-1962)
20h - en présence des réalisateurs *
La Guerre sans nom de Bertrand Tavernier et Patrick Rotman (1992-230’)


dimanche 15 - cinéma le Palace
14h45 - en présence de Naïma Yahi de l’association Pangée Network
Algérie, histoires à ne pas dire de Jean-Pierre Lledo (2006-160’)
21h - en présence de
Nicole Fernandez-Ferrer, du centre audiovisuel Simone de Beauvoir
et de Habiba Djahnine,
réalisatrice
Avant de franchir la ligne
d’horizon de Habiba Djahnine
(2010-64’)

vendredi 20 - 20h - au battement d’ailes - Lauconie - Cornil
Mémoires d’immigrés : les enfants de Yamina Benguigui (1997-52’)
Projection suivie d’un apéro débat et d’un concert avec le Cabaret Constantine


droit de questions
Changer d’économie ! par Mireille Bruyère,
«économiste atterrée»
vendredi 6 - 20h30 - salle Latreille - Tulle

Début 2012, la récession menace de s’installer à nouveau. Tirant prétexte de la pression exercée par les marchés financiers, les gouvernements européens veulent imposer aux peuples des politiques d’austérité et de régression sociale. De surcroît, l’Europe est menacée d’un recul sans précédent de la démocratie. Si l’on veut échapper à la catastrophe sociale qui se prépare dans les laboratoires de l’idéologie néolibérale, c’est dans des voies nouvelles qu’il faut résolument s’engager.
Dans ce contexte et à l’heure où se préparent dans notre pays des élections majeures, les ‘‘économistes atterrés’’ s’invitent dans le débat. Le désarmement des marchés financiers, la réorientation du système bancaire, une profonde réforme fiscale, le renouveau des services publics, la refonte des traités européens pour mettre fin à la concurrence fiscale et sociale, la relance des investissements publics pour organiser la transition écologique, de nouvelles gestions des entreprises : voilà autant de sujets majeurs où les économistes atterrés formulent des propositions afin d’ouvrir de nouvelles perspectives. Aujourd’hui, le réalisme a changé de camp. Après trente ans d’aveuglement, les politiques néolibérales ont perdu toute crédibilité. Il est urgent de changer d’économie !

« Pour saisir les origines de la crise de la dette il faut d’une part saisir les dynamiques contemporaines du capitalisme dont la plus importante est la montée des inégalités mais aussi les évolutions de la pensée économique libérale. La conférence aura cette double ambition. Le lien entre la pensée économique libérale et les politiques mises en œuvre apparaît alors évident. Une pensée économique critique devient alors absolument nécessaire aujourd’hui. Le collectif des économistes atterrés a la vocation de rendre visible cette pensée critique. Cette pensée critique est plurielle. Nous présentons alors au débat citoyen des alternatives aux politiques néolibérales suivies dans toute l’Europe.» Mireille Bruyère

Mireille Bruyère est maître de conférences en économie à l’université de Toulouse 2 et membre du conseil scientifique d’ATTAC.
Ses travaux portent sur l’emploi et le travail. Elle est membre du Laboratoire CERTOP-CNRS (Centre d’étude et de Recherche Travail Organisation Pouvoir).
Elle fait également partie du groupe des économistes atterrés, qui comptent près de 2000 membres en France, et s’opposent au diktat néo-libéral de la logique économique actuelle. Ils éclairent le débat public sur la possibilité et la nécessité d’autres politiques. En octobre 2010, ils ont publié leur Manifeste qui a rencontré un grand succès international.



scènes ouvertes
jeudi 5 - 19h - théâtre des 7 Collines - Tulle - entrée gratuite

La scène ouverte est un moment d’expression libre pour des artistes professionnels, amateurs ou passionnés qui souhaitent tester sur différents lieux, parfois insolites, leur numéro, répertoire, chorégraphie, texte… ou bien juste partager le plaisir d’être sur scène avec un spectacle rôdé. Un moment convivial à partager ensemble autour d’un verre et d’une rondelle de saucisson !
Infos, prochains rendez-vous, vidéos, son sur : http://www.myspace.com/sceneouverteencorreze
Prochain rendez vous : jeudi 24 mai à 19h au Battement d’ailes à Cornil. Nous recherchons des participants, toutes les formes sont les bienvenues. Renseignements et inscriptions : les 7 Collines, 05 55 26 89 60
Les scènes ouvertes de Tulle sont organisées en partenariat avec le théâtre des 7 collines, la Fédération des Actions Laïques de la Corrèze, Peuple et Culture et la salle des «Lendemains qui chantent».

 

 

 

 


 

programme mars 2012

Le fond du garage de Loïc Balarac (2004 - 52’)
vendredi 9 mars - 20h30 - salle polyvalente - Sérilhac, avec le foyer culturel

Le Garage moderne n’est pas un garage comme les autres. C’est un lieu associatif, installé à Bordeaux depuis fin 2000, où l’on peut tout à la fois venir avec son véhicule pour raison mécanique, ou découvrir sur place une activité artistique (car le site accueille des performances multiples) dans l’architecture industrielle d’une ancienne raffinerie d’huiles du quartier des docks. Le garage est donc une sorte de passerelle entre un type d’économie militante (« l’accès aux soins automobiles pour tous ») et un lieu de rencontres ouvert à toutes les propositions d’expressions artistiques. Le lien social, c’est ce qui définit le mieux ce qu’offre le Garage moderne. Sans demander, les gens apportent tous quelque chose, un concert de musique, de la nourriture, leur savoir-faire ou une de leurs œuvres…
Anecdote : « L’autre jour, un homme nous a apporté du pain rassis. On l’a apporté à une femme qui a des poules, et qui nous a promis en échange de nous donner des œufs ». C’est ça l’effet papillon du Garage moderne. Il compte aujourd’hui 600 adhérents tout public, on compte certes des Rmistes ou des chômeurs, mais également, dans un registre d’économie différent, un chanteur d’opéra, un avocat, une jeune femme professeur de japonais, ou encore une « vieille » dame de 85 ans…
Le réalisateur. Régisseur durant 10 ans pour la télévision et le cinéma, Loïc Balarac est réalisateur de films documentaires, auteur et scénariste pour d’autres réalisateurs. Il est aussi l’auteur d’un roman écrit en 2008 : Prêt à l’emploi (éditions Artistfolio). Filmographie sélective : Un certain temps de réaction (2002), Une fille en mouvement (2003)...


 

Le temps des grâces de Dominique Marchais
(2009 - 123’)
mardi 20 mars - 20h - salle des fêtes - Monestier-Merlines, avec l’association Trait d’union en pays d’Eygurande

Une enquête documentaire sur le monde agricole français aujourd’hui, à travers de nombreux récits : agriculteurs, chercheurs, fonctionnaires, écrivains... Un monde qui parvient à résister aux bouleversements qui le frappent - économiques, scientifiques, sociaux - et qui, bon gré mal gré, continue d’entretenir les liens entre générations. Un monde au centre d’interrogations majeures sur l’avenir.
Au gré des rencontres de Dominique Marchais, se dessine l’euphorie de la modernisation des techniques agricoles, initiée dans les années 50 et ses atouts dans l’amélioration des conditions de travail des ouvriers de la terre. Cette époque de grands desseins fait aujourd’hui place aux inquiétudes et à une certaine nostalgie d’acquis perdus, que ce soit en termes de savoir-faire ou de respect de la nature. L’exode rural et les difficultés financières ont mis fin aux exploitations à taille humaine pour faire place à d’immenses champs de plusieurs centaines d’hectares. On assiste alors à une rationalisation des productions au détriment de la biodiversité.
Au cours de cette promenade dans les campagnes françaises, le réalisateur ne se contente pas de remonter le temps en évoquant un passé où l’homme vivait davantage au rythme de la nature, il se tourne aussi résolument vers l’avenir en rencontrant ceux qui, optimistes, se battent pour trouver des solutions pérennes.
Le réalisateur. Entre 1995 et 1999, Dominique Marchais est critique de cinéma aux Inrockuptibles. De 1998 à 2001, il travaille sur le film Dans La Chambre de Vanda, de Pedro Costa; Trois Ponts sur la rivière, de Jean-Claude Biette, et L’Adolescent, de Pierre Léon. Parallèlement à cela, il réalise des reportages pour le magazine Court Circuit d’Arte. En 2003, il écrit et réalise un court-métrage de 9 minutes, Lenz Echappé, qui obtient le prix du jury du festival Images en région, à Vendôme en 2004. En 2009, il réalise Le Temps des grâces, son premier long-métrage.


 

Les nouveaux chiens de garde de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat (2012-104’)
vendredi 23 mars - 21h - cinéma le Palace - Tulle, en présence de Michel Naudy, journaliste et écrivain, protagoniste du film

Scénario de Serge Halimi, Pierre Rimbert, Renaud Lambert, Gilles Balbastre, Yannick Kergoat

Les médias se proclament « contre-pouvoir ». Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations prémâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.
En 1932, Paul Nizan publiait Les Chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en gardiens de l’ordre établi. Aujourd’hui, les chiens de garde, ce sont ces journalistes, éditorialistes et experts médiatiques devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, Les Nouveaux chiens de garde dresse l’état des lieux d’une presse volontiers oublieuse des valeurs de pluralisme, d’indépendance et d’objectivité qu’elle prétend incarner. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information pervertie en marchandise.
Les réalisateurs. Ancien pigiste à France 2, France 3 et M6, Gilles Balbastre a tiré de cette expérience une analyse lucide des ressorts socio-économiques de la profession, décrits dans Journalistes précaires (Le Mascaret, 1997), ainsi qu’une détermination ferme à corriger le « parti de la presse et de l’argent » (il fut directeur de la publication du Plan B, un journal de critique radicale des médias). Il est l’auteur d’une série de documentaires consacrés aux rouages et aux effets de l’ordre libéral, tous diffusés sur France 5, dont Le chômage a une histoire (2001), Moulinex, la mécanique du pire (2003), EDF, les apprentis sorciers (2006) et Fortunes, Infortunes (2008).
Yannick Kergoat a réalisé plusieurs documentaires pour la télévision avant de se fâcher avec elle. Il a alors entamé une carrière de monteur de long-métrages, collaborant notamment avec
Rachid Bouchareb (Indigènes, Hors-la-loi), Costa-Gavras (Amen, Le Couperet), Mathieu Kassovitz (Assassins(s)), Cédric Klapisch (Ni pour ni contre (bien au contraire)), Dominique Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien, César du meilleur montage 2000) et Eric Zonca (La vie rêvée des anges). En parallèle, il mène depuis plusieurs années une activité militante sur la question des médias en tant que co-animateur de l’association Acrimed (Action-Critique-Médias).
L’intervenant. Michel Naudy a été chef adjoint du service politique de l’Humanité de 1977 à 1981, chef du service politique de France 3 de 1982 à 1986, rédacteur en chef adjoint de l’émission Taxi (France 3), rédacteur en chef de Hors sujet (émission sur l’éducation) et Droit de regard. Il est le président du Cercle Lakanal (association libre de citoyens qui ne le sont pas moins, le Cercle Lakanal est un lieu de résistance et de propositions, un lieu de débat comme un lieu de combat. Plus d’informations : www.cerclelakanal.fr). Michel Naudy est aussi l’auteur de nombreux livres : PCF, Le suicide (Albin Michel, 1986), L’affaire Loiseau (Plon, 1993), Le Cercle noir (Stock, 1995), Un rien de trop (Le Temps des cerises, 2000),…



décade cinéma et société
El Djazaïr !
France-Algérie, du colonialisme à aujourd’hui
du mercredi 14 au dimanche 18 mars, à Uzerche, St Jal, Naves, Tulle et Argentat


mercredi 14 mars - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche
avec l’association Musicas Dreibidas,
Soirée d’ouverture de la Décade
en la présence exceptionnelle du réalisateur Mohammed Lakhdar Hamina
Techniquement si simple de René Vautier (1970-15’)
Le Vent des Aurès de Mohammed Lakhdar Hamina (1966-95’)

jeudi 15 mars - 20h30 - salle polyvalente - St Jal avec l’Amicale Laïque,
en présence de Naïma Yahi, association Pangée Network
Ici on noie les Algériens de Yasmina Adi (2011-90’)

vendredi 16 mars - 20h - chez Bernard Mullet - Naves
en présence du réalisateur Medhi Lallaoui et de l’historienne Geneviève Dreyfus-Armand
Le manifeste des 121, les intellectuels dans la guerre d’Algérie de Medhi Lallaoui (2011-52’)
Retour sur l’île Seguin de Medhi Lallaoui (2003-52’)

samedi 17 mars
15h - salle de l’Université Populaire - Tulle,
Carte blanche à l’INA autour des archives de la télévision
en présence de Christine Angoujard, déléguée régionale INA-Atlantique
et Joëlle Olivier, chef de projets culturels, INA.
1ère partie : 5 colonnes à la Une et le Bloc-notes
2ème partie : Une autre guerre d’Algérie de Djamel Zaoui (2004-52’)


samedi 17 mars
21h - cinéma le Palace - Tulle,
en présence de Danièle Restoin de l’association Mémoire à Vif
Guerre et bâillon, Atelier cinéma du lycée professionnel Marcel Pagnol de Limoges (2001-26’)
Octobre noir (film d’animation) de Aurel et Florence Corre (2011-12’)
Mollement un samedi matin de Sofia Djama (2011-26’)

dimanche 18 mars - 16h - librairie L’aire libre- Argentat
Leçon de cinéma de Dominique Cabrera en sa présence
Autour de l’Algérie (extraits de ses films)
L’ Autre côté de la mer de Dominique Cabrera (1996-90’)



nouvelles zébrures
Permafrost, texte de Manuel Antonio Pereira,
mise en lecture de Marie-Pierre Bésanger (55’)
samedi 24 mars - 14h - médiathèque éric Rohmer - Tulle,

dans le cadre du festival des Francophonies en Limousin
Lecture par Gabriel Durif, Clément Pichot, Philippe Ponty, Romane Minati, Agnès Guignard, Stéphane Schoukroune.
Permafrost vient de l’anglais et désigne un sous-sol gelé en permanence, au moins pendant deux ans. Ni racines, ni animaux ne peuvent pénétrer le vrai permafrost. Là où il est présent depuis plusieurs cycles glaciaires, il peut être épais de plusieurs centaines de mètres.
Un homme apparaît, bloc minéral, silencieux, à peine humain. Le jour, il erre sur les routes, le long des voies ferrées. La nuit, dans une immense fabrique, il surveille les machines. Il se couche contre les calandres, aime le contact du métal et de la rouille.
Tout ce qui est dur le rassure. Et la certitude des machines toujours vient l’apaiser. Il revient chaque nuit devant l’immeuble d’une jeune fille endormie. Il grimpe à l’étage et il voit, par la fenêtre, le corps de la dormeuse. Il joue à caresser de son ombre les hanches, le flanc, la nuque, le visage de la jeune femme, et redescendre et remonter tout le long de ce corps exposé. Il ne dit rien, puis il s’en va errer le long des routes, intranquille fantôme, incapable d’habiter cette vie autrement… La jeune fille le sent venir chaque nuit. Lui, et ce qui vient avec lui : en même temps ce désir et cette peur, comme depuis son enfance ; l’homme, ce mystère déjà dans l’obscurité de sa chambre.
Mais tout cela nous est conté par la voix d’une autre femme, témoin, attentive, qui peu à peu prend le pas sur ce qui survient. Et la rencontre de l’homme et de cette femme là peut semble-t-il survenir. Comme une tentative d’histoire à deux. Comme la mise au monde de quelque chose de plus grand que soi.
Cette pièce fait partie d’une trilogie, nommée La Trilogie des machines, dont le premier volet Requiem pour une cascadeuse est publié, tout comme le deuxième Permafrost, aux éditions Espace 34. Le troisième volet est en cours d’écriture.

L’auteur. Né à Porto en 1965, Manuel Antonio Pereira réside en Belgique depuis plus de 15 ans. Diplômé de l’INSAS (Institut National des Arts du Spectacle à Bruxelles), il fonde en 1995, le groupe Tsek et depuis se partage entre écriture, mise en scène et création vidéo.
De 2006 à 2009 une résidence lui est proposée au théâtre Les Tanneurs, à Bruxelles. Il y a réalisé un long travail d’accompagnement à l’écriture avec des sans abris et des gens vivant ou ayant vécu dans une grande précarité. Ce travail, intitulé Les Invisibles, a été présenté aux Tanneurs, en mai 2008 et novembre 2009.

Marie-Pierre Bésanger, metteur en scène, Bottom Théâtre
« Ce qui fait pour moi de Permafrost un vrai coup de coeur, c’est avant tout la langue de Manuel Antonio Pereira, à la fois sobre, fluide et très précise, une langue, créatrice d’une atmosphère, sensible, singulière, qui vient nous chercher et nous conduit au plus près de l’autre, une écriture très maitrisée dans sa capacité à construire des images fondatrices, qui font soudainement référence pour chacun de nous. Une langue attentive et tragique qui n’a pas besoin de l’outrance pour dire la violence des êtres et des situations, aucune brusquerie mais une dramaturgie très déterminée qui avance pas à pas.
Il y a aussi dans Permafrost notre goût commun pour les gens de l’ombre, les sans voix, les travailleurs silencieux, ceux que l’on croise tous les jours et que l’on entend si peu.
Ensuite dans Permafrost il est question d’un homme et d’une femme, de son désir à elle, vers lui, son désir de s’approcher, de comprendre, d’apprivoiser, de prendre place « aux côtés ».
Pour cette deuxième lecture après les Zones théâtrales d’Ottawa, nous tenterons avec les acteurs français de rendre compte de tout cela, sobrement, humblement, je dirais. S’approcher du silence de l’homme, de l’enragement contenu, de la profondeur du texte et le laisser agir avec justesse dans toute sa complexité, à l’instant de la rencontre avec le public. »

 

 

 


 

février 2012

cinéma documentaire
Les Roses noires de Hélène Milano (2010-52’)
vendredi 3 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive


Farida, Claudie, Coralie, Kahina, Moufida sont des adolescentes âgées de 13 à 18 ans. Elles vivent en banlieue parisienne, au Blanc Mesnil, Stains, Clichy-sous-Bois ou dans les quartiers nord de Marseille, et toutes disent les mots des garçons. Elles ont la parole et interrogent leur langue et leur rapport au langage. Elles parlent de leur langue maternelle, de la langue des cités, de l’école, de leurs difficultés face au langage normé. Elles expriment leurs contradictions ; elles revendiquent leur particularité et l’attachement à l’identité d’un groupe qui s’affirme dans la langue. Elles disent aussi la blessure liée au sentiment d’exclusion, au manque.
Et puis au sein de leur quartier, au-delà des mots des garçons qu’elles disent comme un masque qui les protège, elles dévoilent les enjeux intimes de cette stratégie langagière. Traversant la mutation de l’adolescence, c’est la construction fragile de leur vie de femme qu’elles protègent et inventent.


« Nous avons découvert ce film lors des Etats Généraux du cinéma documentaire à Lussas l’été dernier et il nous paraissait important de le diffuser car il est d’une exceptionnelle qualité. Ce n’est pas un film de plus sur la banlieue! mais un véritable travail d’approche de la réalité de ces jeunes adolescentes, de leur rapport au langage, des questions d’identité qui les traversent vivement, de leurs blessures, de leur extraordinaire vitalité (et au-delà du contexte propre qui est le leur, une interrogation sur l’état de régression de notre société dans son ensemble quant à l’image des femmes).
Hélène Milano nous disait à Lussas que, conduisant ses propres enfants chaque matin dans une école proche d’un collège de banlieue, et voyant quotidiennement de jeunes adolescentes se comporter, elle a eu l’envie de les approcher et de leur proposer de les rencontrer. Ce qu’elle a fait petit à petit avec la caméra, prenant le temps d’échanges et conversations profondes. Puis plutôt que de se contenter de ce seul matériau, avant le montage, elle a lu de nombreux ouvrages et rencontré des chercheurs qui lui ont permis de vérifier que ses intuitions, ses observations, ses hypothèses semblaient fondées. Ce travail dans la durée, propre au cinéma documentaire et tellement différent des reportages télévisuels, donne bien sûr à son travail une qualité et une épaisseur qui bouleversent nos représentations plutôt schématiques quant aux ‘‘jeunes de banlieue’’. Une occasion plutôt rare.»
Manée Teyssandier



La stratégie du choc de Michael Winterbottom et
Mat Whitecross (2010-79’)
mardi 7 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec Musicas Dreibidas


En 2007, Naomi Klein publiait La Stratégie du choc. Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc. Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger.
S’il est une personne à avoir compris très tôt ce phénomène, c’est Milton Friedman, Prix Nobel d’économie en 1976.
Friedman soutenant l’ultralibéralisme, conseilla aux hommes politiques d’imposer immédiatement après une crise les réformes économiques douloureuses avant que les gens n’aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de
« traitement de choc ». Naomi Klein la nomme « stratégie du choc ».


En utilisant de nombreuses images d’archives Michael Winterbottom et Mat Whitecross
démontrent la puissance du texte de Naomi Klein et la nécessité de résister.
Naomi Klein est une journaliste canadienne, auteure, cinéaste et militante altermondialiste. Sa carrière d’écrivain commença avec ses contributions au journal The Varsity, un journal étudiant de l’Université de Toronto dont elle était rédactrice en chef. Elle est devenue une représentante de l’altermondialisation grâce à son livre No Logo (2000), dans lequel elle dénonce la réduction de l’espace public, social et citoyen au profit des multinationales au travers de la prolifération de leurs logos. Elle y évoque l’exploitation de la misère que conduisent selon elle les multinationales envahissantes telles que McDonald’s, Nike, Coca-Cola, etc.
Elle a également écrit Fences and Windows (2002) ainsi que des articles pour différents
journaux (The Nation, The Globe and Mail, Harper’s Magazine, The Guardian, Rolling Stone et In These Times), et participé (avec son mari, le journaliste de la télévision canadienne Avi Lewis) à la réalisation d’un film (The Take) sur le phénomène des entreprises autogérées par les salariés en Argentine. Elle est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.
Les réalisateurs. Mat Whitecross et Michael Winterbottom ont réalisés ensemble The road to Guantanamo en 2006. De son côté Michael Winterbottom a réalisé The Killer inside me (2010), Un cœur invaincu (2007), Tournage dans un jardin anglais (2005), In this world (2003), 24 Hour party people (2003).



An angel in Doel de Tom Fassaert (2011 - 76’)
mercredi 8 - 20h30 - salle Latreille bas - Tulle


Doel est une bourgade près d’Anvers, vouée à la démolition, pour faire place à de nouvelles installations portuaires. L’évacuation totale après l’expropriation de ses habitants a été décidée en 1999 par l’autorité régionale flamande. Une poignée d’habitants vit toujours dans cette ville presque fantôme. Emilienne est l’une d’entre eux, elle ne partira sous aucun prétexte. Veuve, elle vit avec ses chats et ses plantes. Sa cuisine est un lieu central dans ce village, tout le monde s’y retrouve et discute. On y rencontre le prêtre, autre figure importante du film, dont la santé décline en concomitance avec Doel. Il est pourtant bien vivant, et nous le prouve à grands coups de prêches insolites et de visites à ses paroissiens peu nombreux…


An angel in Doel est un film sur la lente mais inexorable agonie de Doel, filmée avec beaucoup de délicatesse, captant des dialogues savoureux et parfois surréalistes d’êtres humains aux vies qui se délitent peu à peu mais qui refusent d’être déracinés. Les rues se vident, les maisons s’éventrent et disparaissent, mais le dernier ange de Doel, porte-parole de la protestation, n’a pas l’intention de partir…
« Monsieur Hulot était condamné à évoluer dans un monde « moderne » où il était incapable de s’adapter. Emilienne me fait penser au personnage de Tati, car elle appartient à cette masse de gens des laissés pour compte de cette société ultra libérale. Mais à la différence de Monsieur Hulot,
Emilienne ne pense même pas avoir à appartenir à ce monde : elle est chez elle à Doel, elle entend bien y rester. Et même si l’atmosphère de Doel ne donne pas forcément envie de s’y installer, on resterait bien avec elle. Pour résister avec cette vieille dame têtue et bougonne, mais terriblement attachante. Pour que l’on puisse vivre là où on veut, et comme on le veut.»
Marie Durin



Duch, le maître des forges de l’enfer de Rithy Panh (2011- 113’)
lundi 20- 21h - cinéma le Palace - Tulle en présence de James Burnet


James Burnet est journaliste, ancien collaborateur au Monde. Il a couvert les conflits au Cambodge et au Vietnam. Il est aussi ami de Rithy Panh et a suivi le tournage de S21, la machine de mort Khmer rouge.
Entre 1975 et 1979, le régime Khmer rouge a causé la mort d’environ 1 million 800 mille personnes soit un quart de la population du Cambodge.
Kaing Guek Eav dit Duch a dirigé durant quatre années M13, une prison des maquis Khmers rouges, avant d’être nommé par l’Angkar (« l’Organisation», entité sans visage et omniprésente qui règne sans partage sur la destinée de tout un peuple) au centre S21 à Phnom Penh. En qualité de secrétaire du parti à S21, il a commandé entre 1975 et 1979 cette machine de mort Khmer rouge où périrent, d’après les archives restantes, au moins 12 380 personnes. Mais combien d’autres ont disparu, «écrasées, réduites en poussière», sans qu’on ait retrouvé leur trace ?
En 2009, Duch a été le premier dirigeant de l’organisation Khmer rouge présenté devant une cour de justice pénale internationale. Condamné à trente-cinq années d’emprisonnement, il a fait appel. C’est dans l’attente de ce nouveau procès que Rithy Panh l’a questionné en profondeur. Il recueille sa parole nue, sans fioritures, dans l’isolement d’un tête-à-tête. Parallèlement il la met en perspective avec des images d’archives et des témoignages de survivants. Implacablement, au fil du récit, se dessine la machine infernale d’un système de destruction de l’humain à travers la description maniaque de ses minutieux rouages.
Le réalisateur. Rithy Panh échappe très jeune aux camps de la mort des Khmers Rouges. Après avoir étudié en France à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC) dans les années 80, il signe son premier documentaire, Site 2, centré sur les camps de réfugiés cambodgiens, en 1989. Une grande partie de son œuvre est consacrée à la tragédie de son pays, notamment La Terre des âmes errantes (1999), S21, la machine de mort Khmère rouge (2003), dans lequel il filme la rencontre entre les victimes et les bourreaux, ou des longs métrages de fictions tels Les Gens de la rizière et Un soir après la guerre (1998).

L’Elimination, un livre de Rithy Panh, avec Christophe Bataille
Ed. Grasset, 2012, 336 p.

Rithy Panh a survécu aux camps de la mort des Khmers rouges dans lesquels il fut enfermé dès l’âge de 13 ans avec ses parents et ses soeurs qui eux furent éliminés.
Dans L’élimination, qu’il a écrit avec le romancier et éditeur Christophe Bataille, il raconte pour la première fois son histoire personnelle, de l’arrivée des Khmers rouges dans PhnomPenh, en 1975, à la chute du régime de Pol Pot, quatre ans plus tard.
Rithy Panh raconte : « Tout part de ce film sur Duch que j’ai mis des années à faire et qui a été très
déstabilisant. Ce n’est pas Duch comme personne qui m’a fasciné, mais l’idéologie qui est la sienne, comment elle a été conçue, appliquée… Tout cela m’a ramené à mon histoire personnelle. Je
savais depuis toujours qu’un jour il faudrait raconter, redonner leur place à mes proches. Mais parmi ceux qui ont vécu des situations pareilles, certains ont envie ou besoin de
témoigner, et d’autres non. Moi j’espérais ne pas avoir à le faire. Je me disais que mes films suffiraient. Mais la rencontre avec Duch a été tellement importante qu’elle m’a fait vaciller. Il fallait passer par les mots pour dire des choses qu’on ne peut pas dire dans un film.»
(Le Monde, 13/01/12)

 


Maquisarbres
vendredi 24 - 18h - salle de l’université populaire - Tulle
Stéphane Hessel et Michelle Guinguoin (fille de Georges Guinguoin) sont Présidents d’honneur et parrains de l’action Maquisarbres. Ils seront tous deux présents (sous réserve).

Exposition, projection du film-documentaire, lectures par des jeunes, des élus, des metteurs en scène, échanges avec d’anciens résistants, buffet participatif, sont au programme de cette soirée ouverte à toutes et à tous, dont l’entrée sera gratuite.

Ce sera l’occasion de rassembler les membres du comité de soutien éthique de Maquisarbres et tous les participants à l’action qui reconnaissent et soutiennent ses valeurs pédagogiques, artistiques, culturelles et républicaines.
Parrainée par Stéphane Hessel, résistant, ambassadeur de France, co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, et Michèle Guingouin, fille de Georges Guingouin, premier maquisard de France, libérateur de Limoges, compagnon de la Libération, l’action artistique et culturelle “Maquisarbres” a été mise en place en 2009 par l’association Pulsart en partenariat avec l’Ecole Forestière de Meymac, auprès d’élèves en Bac Pro « Gestion et conduite de chantiers forestiers » qui se sont interrogés sur ce qui
pourrait les amener à s’engager, à résister aujourd’hui. L’action traite des notions de résistance et d’existence avec comme point central l’arbre puisant par ses racines le terreau du passé, pour envoyer plus haut des messages vers l’avenir. « Maquisarbres », au-delà de l’idée de commémoration, va, au travers de la métaphore de l’arbre, à la recherche de ce qui peut fonder les luttes individuelles et collectives, présentes et à venir, les causes nécessitant un engagement et les moyens de les défendre.
Labellisée au titre de l’«année internationale des forêts - 2011 - des forêts pour des hommes» par le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de
l’Aménagement du Territoire, l’action a été reconduite en 2010 et 2011, auprès d’autres élèves du Lycée Forestier.
L’action « Maquisarbres » a permis de réaliser, à travers des ateliers d’écriture, de gravure sur bois et de sérigraphie, de ferronnerie, de musique et de vidéo, avec des artistes de l’association Pulsart et le soutien d’anciens Résistants, une exposition d’affiches, de sculptures et de tracts qui traduit les préoccupations de ces jeunes ayant l’âge de ceux entrés en Résistance en 1940-1944.
L’action nous donne à voir un travail plastique autour de la lettre et du symbole, nous donne à penser par le sens des mots, des phrases, des slogans, que le domaine des idées est à investir comme une relation à l’autre, à l’humanité.

Partant du principe qu’un devoir de mémoire n’est justifié que si un droit de résistance peut s’exercer pour les générations à venir, les créations de l’action artistique « Maquisarbres » sont des interrogations du monde dans lesquelles chacun peut se retrouver, trouver l’Autre, trouver des raisons et des moyens de résister, des façons de promouvoir les valeurs d’humanité défendues par les maquisards.
Le film, documentaire pédagogique basé sur le dialogue intergénérationnel entre les acteurs du passé, du présent et de l’avenir, retrace la première session de 2009. En 2011, «Maquisarbres» a subi un coup d’arrêt brutal au Lycée de Meymac.
Pourtant «Maquisarbres» avait été reçue au Sénat, soutenue par le Conseil Régional et le Conseil Général, qualifiée « d’exceptionnellement pédagogique » par le Ministre de l’Agriculture, et soutenue un temps par le Directeur du Lycée forestier qui déclarait publiquement que
« former les citoyens techniciens de demain c’est aussi former des résistants »… Les raisons de cet arrêt ? Idéologie, incapacité, absence d’intérêt pour le bien commun ? Bien sûr que non, il n’y a pas de raison car il n’y a pas d’arrêt ! L’esprit de résistance ne s’arrête pas si facilement en Corrèze et en terre Limousine, il se cultive au plus près de chacun dans l’humus de nos cultures partagées où nous voulons que nos enfants grandissent.
Cette soirée est dédiée à José Fortuni et Daniel Espinat, résistants ayant
participé à Maquisarbres et décédés récemment.

 

 

 


 

programme janvier 2012

Bonne année !

aux pauvres, aux chômeurs, aux salariés en congé maladie…
assimilés à l’infime minorité de « fraudeurs » ( qui d’ailleurs pour la plupart « fraudent » non par manque de ressources mais par pur
plaisir et vice ), et à nous-mêmes subissant cette insupportable
propagande qui finit parfois par entamer nos convictions et nos discernements.

Sans que pour l’instant ( mais l’histoire n’est pas finie ! ) nous trouvions les moyens de résistance et de transformations à la hauteur de l’entreprise de démolition violente des services publics et des acquis sociaux.


La Rue est à eux de Isabelle Regnier (2010 - 93’)
vendredi 13 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, à l’initiative de Autour du 1er Mai
en présence de la réalisatrice

Un documentaire sur Rue 89, « site d’information et de débats sur l’actualité ».
La réalisatrice est elle même journaliste au Monde. Stéphanie Legrand de l’association Autour du 1er Mai l’a rencontrée.

Dans quel contexte a été réalisé ce film ?

A la fin de l’année 2007, la presse papier traversait une grande crise, alors qu’au même moment foisonnait une nouvelle forme de journalisme : la presse Internet, avec notamment la création de Rue 89, Mediapart, Bakchich… Ainsi, alors qu’était ressenti au sein des équipes des grands journaux un sentiment d’angoisse et de peur, une nouvelle forme de journalisme se développait sur Internet, à l’initiative de journalistes issus de la presse papier, qui s’entouraient de jeunes qui eux n’avaient jamais travaillé ailleurs. Indéniablement, une nouvelle pratique était en train de naître, avec de nouveaux codes : un lecteur qui participe et donne son avis, des supports multiples (photo, article, film, dessin…), et des formats variés. C’est cette nouvelle pratique que j’ai voulu interroger.

Quelle a été votre approche de Rue 89 ?

En 2007, lorsque j’ai rencontré l’équipe pour proposer mon projet, un vrai côté « laboratoire » transparaissait : beaucoup de choses étaient testées, discutées, on modifiait, on retravaillait, je trouvais cette ambiance de travail particulièrement intéressante.

Finalement, mon projet a un peu changé car, lorsque je suis revenue en 2009 pour filmer, le côté « laboratoire » était moins présent, et j’ai trouvé alors plus intéressant de questionner le côté
« média participatif » dont se réclame Rue 89. La devise de ce site est « La Rue est à nous », j’ai voulu savoir ce qui se cache derrière cette phrase : qui participe, comment, quel est le nouveau rôle des journalistes, et celui des lecteurs.

On ressent une certaine tranquillité, une lenteur agréable dans vos images, vous avez pris le temps de filmer, vous êtes allée plusieurs fois à la rencontre des gens… Racontez-nous ce tournage…

Oui, ce film a été réalisé dans la durée, j’ai tourné de mars à septembre 2009. Grâce à la grande disponibilité de Sophie Verney-Caillat, j’ai pu saisir une véritable expérience journalistique qu’elle mettait en œuvre à l’époque, un travail au long cours mené auprès des salariés de l’usine Continental au moment où elle était menacée de fermeture. Je faisais des allers-retours entre la production de l’information et sa réception, en allant régulièrement prendre le pouls du côté des «riverains», comme on appelle les internautes de Rue 89. J’avais choisi deux des intervenants les plus célèbres du site, que je faisais se rencontrer à intervalle régulier dans un Internet café à Paris, et à qui je demandais de discuter de l’actualité, de son traitement dans la presse et sur Rue 89 en particulier, de leur pratique de commentateurs et éventuellement blogueurs sur Rue 89.

Comment le film a été reçu par l’équipe de Rue 89 ?

Les réactions ont été diverses. J’ai raconté une histoire de Rue 89. Il y en avait 1000 possibles. Certains ont apprécié mes partis pris, d’autres moins. L’effet de miroir déformant qu’ont pu produire mes choix a été, je pense, assez déconcertant pour certains.

Au montage, de fait, j’ai renoncé à beaucoup de choses que j’avais filmées, et que j’aimais bien. Sans parler du cas du journaliste qui ne m’a pas donné son autorisation de droit à l’image, de nombreux membres de l’équipe n’apparaissent jamais dans le film. C’était pour moi la manière la plus efficace de raconter une histoire, et de poser des questions sur le journalisme. Mais évidemment, cela ne pouvait pas donner, au final, une image objective et exhaustive de la boîte.

Aujourd’hui, il faut bien être conscient que même si ce film est récent, les choses ont beaucoup changé depuis, Rue 89 a beaucoup évolué, ils ont déménagé, d’autres outils ont été mis en place, l’équipe a été largement renouvelée... A l’échelle d’Internet, deux ans, c’est presque l’équivalent d’une génération. Ce film est déjà un film historique, c’est une photographie de Rue 89 à un temps T.


 

Fumel, de feu, de fer, de rock de Jacques Mitsch et Jean-Christian Tassy (2006 - 52’)
vendredi 20 - 20h30 - salle des fêtes - Lostanges, avec le Foyer rural

À l’heure de la mondialisation généralisée, à l’heure des délocalisations industrielles en tout genre, ce film fera l’autopsie d’un processus irréversible en essayant de comprendre comment, à Fumel (Lot-et-garonne), une usine de 3 000 ouvriers en 1970, est aujourd’hui en situation de survie avec ses 480 rescapés qui tentent de reprendre en main la gestion administrative et comptable de leur usine.

Et comment parler de Fumel sans parler de Rock ? Fumel fut dans les années 80, la capitale du Rock français : des dizaines de groupes, plusieurs salles de concerts dans la ville, le premier festival Rock français contre le racisme.

Note du producteur :

« Une entreprise, 386 patrons » par Philippe Baqué ( l’Humanité le 16 avril 2005, extrait)

« L’aventure exceptionnelle de ces salariés est l’aboutissement d’une longue histoire. En un siècle et demi d’existence, l’usine a totalement dominé l’économie et la vie sociale de Fumel et de son environnement rural. En 1970, alors propriété du groupe Pont-à-Mousson, elle employait plus de 3 000 personnes. Depuis, les différentes restructurations ont élagué ses effectifs et réduit ses activités malgré les luttes acharnées des salariés. Le coup de grâce aurait dû être porté à l’usine en 2003, quand son propriétaire d’alors, l’Union des banques suisses, envisagea de déposer le bilan, suite à de sombres opérations financières. Le dernier carré des salariés, 386 personnes, s’y opposa. Les syndicats, le comité d’entreprise et un cabinet d’experts proposaient alors un plan de reprise alternatif, fondé sur un actionnariat partiel des salariés et la venue d’un repreneur, actionnaire majoritaire. Le tribunal de commerce donna son accord, malgré le désengagement d’une banque censée soutenir le projet. Fumel Technologies fut créé avec 150 000 euros de capital et avec des actifs industriels et un stock acquis pour 3 euros. En octobre 2004, les salariés se séparaient de l’actionnaire majoritaire, soupçonné de préparer la délocalisation de l’usine en Chine, et rachetaient ses parts. »


 

Retour à Gorée de Pierre-Yves Borgeau (2007 - 102’)
mardi 24 - 20h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle
dans le cadre du festival Du Bleu en hiver, organisé par les 7 Collines,
Des lendemains qui chantent, la FAL et le Maxiphone Collectif

Retour à Gorée raconte le périple du chanteur africain Youssou N’dour sur les traces des esclaves noirs et de la musique qu’ils ont inventée : le jazz. Son défi : rapporter en Afrique un répertoire de jazz et le chanter à Gorée, l’île symbole de la traite négrière, en hommage aux victimes de l’esclavage.

Guidé dans sa quête par le pianiste Moncef Genoud, Youssou N’Dour parcourt les Etats-Unis et l’Europe. Accompagnés par des musiciens d’exception, ils croisent de nombreuses personnalités, et créent, au fil des rencontres, des concerts et des discussions sur l’esclavage, une musique qui transcende les cultures. D’Atlanta à la Nouvelle Orléans, de New York à Dakar en passant par le Luxembourg, les chansons se transforment, s’imprègnent de jazz et de gospel. Mais déjà le jour du retour en Afrique approche et beaucoup reste à faire afin d’être prêt pour le concert final…

Le réalisateur. Né dans le Valais suisse en 1963, Pierre-Yves Borgeaud étudie les lettres et rédige le mémoire Le Jazz dans le roman, avant d’œuvrer comme journaliste indépendant. Egalement batteur et attiré par la captation de musique live, il se forme à New York à la production vidéo, et crée sa propre structure.


 

Le bonheur… Terre promise de Laurent Hasse (2011 - 93’)
dimanche 29 - 14h30 - librairie L’aire libre - Argentat
en présence du réalisateur, projection suivie d’un goûter sorti du sac *

On pourrait dire que ce film a été fait par accident. Quelques temps auparavant, Laurent Hasse, le réalisateur, a été fauché par une voiture et plongé dans un long coma. Il en est sorti avec le risque de ne plus pouvoir marcher. Il a finalement retrouvé l’usage de ses jambes avec l’envie folle de les utiliser.

Son projet : traverser la France à pied, en suivant au plus près le méridien de Paris
(« la méridienne verte »), de la frontière espagnole jusqu’à la mer du Nord. En plein cœur de l’hiver. Seul avec son sac à dos et une petite caméra, progressant de rencontres en rencontres. Il n’y a pas de scénario : le réalisateur savait seulement d’où il allait partir et où il allait arriver. Le film repose sur le hasard des rencontres, privilégiant l’humain. Le tout avec une question lancinante : qu’est-ce que le bonheur ?

Le réalisateur. Laurent Hasse a étudié l’audiovisuel à Poitiers. Il a réalisé entre autres : L’âge d’or ? (1996), « un voyage au pays des vieux » ; Sur les cendres du vieux monde (2001) ; Aimé Césaire (2007) avec Laurent Chevallier. Avec son film Sur les cendres du vieux monde, sur la fin des usines dans une région auparavant considérée comme le fleuron de la sidérurgie, il fut un des premiers réalisateurs invité à Tulle par Peuple et Culture tout au début de l’activité cinéma documentaire en 2001.

* chacun amène gâteau ou boisson à partager en continuant la discussion...


 

Université Populaire Virtuelle

Une université populaire en ligne, ouverte à tous, gratuite et animée bénévolement…

Il ne s’agit pas uniquement de dispenser des cours mais bien de mettre en place un projet d’autoformation basé sur la coopération et l’échange où la place de l’apprenant est la même que celle du formateur. L’idée est de développer des rapports différents à la formation, à l’accès au savoir.

Guy Veyssière, professeur certifié d’informatique et de mathématiques au Lycée agricole public Henri Queuille de Neuvic est l’initiateur de ce projet. Il est membre de plusieurs associations travaillant à la promotion des logiciels libres.

En pratique :

Cette première formation, expérimentale, aura pour thème l’informatique de communication et débutera dès le mois de janvier.

L’objectif sera de réaliser un projet de communication complet par le biais de l’informatique : création de supports papier de plusieurs formes (affiche, bulletin, flyer…), traitement de texte approfondi, PAO (publication assistée par ordinateur), PréAO (présentation assistée par ordinateur), Internet site et courrier, réseaux sociaux, web 2.0.

Ce projet devra être traité obligatoirement par groupe (2 personnes minimum).

Le travail demandé est d’environ 4 heures par semaine, cours et travaux pratiques, sur 9 mois. La progression est organisée semaine par semaine et chacun peut travailler quand bon lui semble, le jour ou la nuit. La forme de travail et de collaboration dans les groupes est gérée par chaque groupe.

L’ensemble de la formation et de l’évaluation se fait sans regroupement, sans déplacement mais pas sans relation. Cela permettra entre autres à des personnes isolées géographiquement ou à mobilité réduite de participer aussi bien comme apprenants que comme encadrants.

Nous demandons aux participants de se rendre disponibles environ une fois par semaine, dix minutes, un quart d’heure, pour un suivi individualisé avec les formateurs par visioconférence.

Cette formation se fait uniquement sur des logiciels libres ou gratuits et donc légaux.

Elle est ouverte à tous avec deux pré requis : l’adhésion à PEC et la motivation.

Actuellement, les encadrants sont des enseignants certifiés de l’enseignement public mais chaque personne porteuse d’un projet peut le proposer. Les autodidactes sont évidemment les bienvenus.

Vous pouvez dès à présent nous contacter à l’adresse suivante : upvpec@gmail.com

Plus de renseignements sur le site de l’UPV : http://www.peupleetculture.fr/upv


 

scènes ouvertes

vendredi 27 - 19h - salle Latreille - Tulle,
dans le cadre du festival du Bleu en hiver

Un joyeux mélange, pas prévisible, parfois iconoclaste, de plusieurs esthétiques du spectacle, un brassage pas savant mais généreux d’hommes et de femmes qui se lancent, s’essaient, se livrent sur un plateau. Un public qui joue le jeu de la surprise et de la découverte, qui soutient les artistes sur la scène. Des rencontres, des surprises, un homme-orchestre pour ponctuer le tout. Et toujours l’apéro. C’est un peu l’auberge espagnole les scènes ouvertes !

Et comme c’est le festival du Bleu en hiver, cette scène ouverte sera consacrée au jazz.

 

 

 


 

programme décembre 2011

cinéma documentaire
La mort de Danton de Alice Diop (2011 - 64’)
vendredi 2 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal

Steve a décidé de devenir acteur. Pendant trois ans, il a suivi l’enseignement délivré au cours Simon. Il vit en Seine-Saint-Denis, dans un quartier populaire, il est noir et il rêve de tenir le rôle de Danton, mais Danton n’était pas noir...

Steve Tientcheu habite la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois. Il a un secret qu’il cache à son entourage. Il se rend régulièrement à Paris pour rejoindre le Cours Simon avec l’espoir de réaliser son rêve : devenir comédien professionnel.
Pour Steve, 24 ans, au physique imposant, ce passage au Cours Simon est une véritable épreuve. Seul élève noir, à venir d’un quartier « chaud », il n’arrive pas à faire corps avec le reste de la troupe et reste très en retrait. Lui et ses camarades ont grandi dans le même pays mais il a l’impression de ne pas faire partie du même monde. Et ceux qui discutent avec lui ne cessent de lui rappeler que son physique « armoire à glace » et sa personnalité impressionnent.
Mais ce qu’il ne semble pas voir et qu’Alice Diop révèle aux yeux des spectateurs, c’est le carcan dramatique dans lequel ses professeurs l’ont enfermé. Depuis son arrivée au Cours Simon, ils ne distribuent Steve que dans des rôles écrits pour des noirs (indigène, militant des droits civiques américain, gangster du ghetto…). Pourtant, lui rêve d’incarner Danton et réciter sur scène le discours prononcé avant son exécution mais il n’aura jamais l’audace de réclamer ce rôle.
La réalisatrice. Alice Diop a grandi dans la Cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, en banlieue Nord de Paris, dans une famille sénégalaise. Elle a étudié les rapports entre cinéma et société avant de réaliser des documentaires. Avec La Tour du monde en 2006, elle revenait aux 3 000 pour en proposer un autre regard à travers le portrait de familles immigrées. La même année, elle cherchait dans Clichy pour l’exemple les raisons de la colère des banlieues de 2005. En 2007, avec Les Sénégalaises et la Sénégauloise, elle se confrontait aux femmes de sa famille d’origine à Dakar et à leur façon de gérer la séduction pour arriver à leurs fins. La mort de Danton, son dernier film a obtenu le Prix des bibliothèques au festival du Réel à Paris en mars dernier.



Les roses noires de Hélène Milano (2010-53’)
mardi 13 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche

Farida, Claudie, Coralie, Kahina, Moufida sont des adolescentes âgées de 13 à 18 ans. Elles vivent en banlieue parisienne, au Blanc Mesnil, Stains, Clichy-sous-Bois ou dans les quartiers nord de Marseille, et toutes disent les mots des garçons.
Elles ont la parole et interrogent leur langue et leur rapport au langage. Elles parlent de leur langue maternelle, de la langue de cité, de l’école, de leurs difficultés face au langage normé. Elles expriment leurs contradictions ; elles revendiquent leur particularité et l’attachement à l’identité d’un groupe qui s’affirme dans la langue. Elles disent aussi la blessure liée au sentiment d’exclusion, au manque.
Et puis au sein de leur quartier, au-delà des mots des garçons qu’elles disent comme un masque qui les protège, elles dévoilent les enjeux intimes de cette stratégie langagière. Traversant la mutation de l’adolescence, c’est la construction fragile de leur vie de femme qu’elles protègent et inventent.



Le jour le plus court... à Tulle
mercredi 21 - 21h - cinéma le Palace - Tulle (tarif unique 3€)

Le jour le plus Court est une grande fête du film court qui aura lieu le 21 décembre prochain, jour du solstice d’hiver, dans toute la France… et à Tulle. Initié par le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée), c’est une première.
Le message est simple : en ce jour le plus court et cette nuit la plus longue, diffuser des courts métrages partout, sur les écrans et sur les murs !
Des milliers de films courts sont réalisés chaque année, d’une inventivité et d’une créativité extrême, or ils sont trop peu connus du grand public. Une situation d’autant plus paradoxale que la révolution numérique élargit les publics autant qu’elle crée de cinéastes.
Aussi l’idée est de faire chaque année, en ce moment charnière du calendrier, un événement libre et joyeux, à la portée de tous, créateurs professionnels comme amateurs, diffuseurs traditionnels et nouveaux médias, un événement qui apporte des surprises, du sens et de la beauté, « une grande promenade sans but où l’on ne trouve rien de ce qu’on cherche, mais bien des choses qu’on ne cherchait pas » (Eugène Green).

Je pourrais être votre grand-mère de Bernard Tanguy (France /2010 / Fiction / 19’)
Un jeune avocat d’affaires réalise qu’une vieille femme d’origine roumaine qui mendie en bas de chez lui ressemble à sa grand-mère. Une nuit, il lui fabrique une pancarte en carton «Je pourrais être votre grand-mère». Les passants se montrent soudain très
généreux. D’autres SDF lui réclament une pancarte. L’avocat est rapidement dépassé par la demande...
Tout le monde descend de Laurent Bachet (France / 1997 / Fiction / 11’)
1995... Un bus, quelque part en France. Un chauffeur. Des passagers. Trois contrôleurs. Un étranger en situation irrégulière. Le regard d’une jeune fille. Un drame. Presque banal. Trop banal.
Les hommes s’en souviendront de Valérie Müller (France / 2006 / Fiction / 09’)
Le 26 novembre 1974, quelques heures avant sa présentation à l’Assemblée Nationale du projet de loi pour l’avortement, Simone Veil se prépare dans un appartement bourgeois, comme dans l’antichambre du torero avant d’entrer dans l’arène.
Le jour où Ségolène a gagné de Nicolas Pariser (France /2009 /Fiction /14’)
6 mai 2007, jour de l’élection présidentielle. Alice, une jeune mère et militante socialiste essaie de faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire gagner Ségolène Royal. Pour elle et pour le spectateur, tout ne se passera pas comme prévu et il se pourrait bien que pour Alice, le 6 mai 2007 soit le jour où Ségolène a gagné.
Deweneti de Dyana Gaye (France / 2006 / Fiction / 15’)
Dakar. Sénégal. Ousmane, qui n’a pas sept ans mais gagne déjà sa vie en mendiant dans le centre ville de la capitale, se met en tête d’écrire au Père Noël...
Merci ! de Christine Rabette (Belgique / 2002 / Fiction / 08’)
Une grande ville de nos jours. Un drôle de personnage prend le train et réinvente à sa façon le transport en commun.
L’an 2008 de Martin Le Chevallier (France / 2010 / Fiction / 18’)
L’an 2008 met en scène une collection d’archétypes de la mondialisation : le consommateur insouciant, la sociale dumper chinoise, le défricheur amazonien, le surendetté américain, le trader inconséquent etc. Tous ces personnages, à la fois dérisoires et emblématiques, vont s’interpeller mutuellement, s’accuser des maux qu’ils subissent et s’excuser pour les dommages qu’ils provoquent.
Eût-elle été criminelle de Jean-Gabriel Périot ( France /2006 / Documentaire / 09’30)
France, été 1944. Les femmes accusées d’avoir entretenu des relations avec des soldats allemands durant la guerre sont publiquement châtiées.
100 papiers de Gérard Ollivier (France / 1998 / Animation / 01’)
Arrêté d’expulsion du territoire, arrêté d’expulsion du territoire, arrêté d’expulsion du territoire... Les formulaires imprimés s’empilent, le tapis roulant tourne sans fin, les rouages s’entraînent irrésistiblement, la machine fonctionne à merveille, rien ne l’arrêtera, rien n’empêchera l’interminable procession des expulsés.
Amal de Ali Benkirane (France / 2004 / Fiction / 17’)
Amal est une petite fille de 12 ans qui vit dans la campagne marocaine. Elève studieuse et passionnée, son rêve est de devenir médecin. Jusqu’au jour où ses parents décident de ne plus l’envoyer à l’école.



droit de questions
Réforme de la psychiatrie, l’entrée en résistance d’une profession avec Olivier Labouret *
vendredi 9 - 20h30 - médiathèque Eric Rohmer - Tulle

Le 2 décembre 2008, trois semaines après la mort d’un étudiant de 26 ans, poignardé dans le centre de Grenoble par un homme qui s’était échappé d’un hôpital psychiatrique où il avait été hospitalisé d’office, Nicolas Sarkozy a présenté des mesures pour que «le drame ne se reproduise pas». A Antony, il a tenu un discours sur la psychiatrie que certains spécialistes jugent le plus «sécuritaire» depuis des décennies, mettant ainsi le monde de la santé mentale en ébullition.
(cf page centrale)

* psychiatre, président de l’Union Syndicale de la Psychiatrie, membre du Collectif contre la Nuit Sécuritaire



de retour de Palestine…
Rencontre avec Anne Tanné (Peuple et Culture Cantal), témoignage, photographies…
vendredi 16 - 20h30 - au local de Peuple et Culture - 51 bis rue Louis Mie - Tulle

« Chemins de Palestine : aux racines de l’olivier.
Du 15 au 23 octobre 2011 avec Diwan voyages, tout le contraire des voyages qu’on collectionne et qu’on consomme juste pour le plaisir. De Jérusalem à Ramallah en passant par Bethléem, Hebron, Jericho, Naplouse, Sabastya...un séjour inoubliable.
Parce que c’est la Palestine, une histoire douloureuse, une terre martyrisée, une terre ou on ne va pas par hasard. Parce que c’est la découverte de lieux mythiques, fabuleux et dont les noms ont bercé notre imaginaire. Parce que notre guide, Sabri Giroud, créateur de Diwan, est aussi l’auteur du guide Palestine et Palestiniens, qu’il a une remarquable connaissance de l’histoire, de l’histoire de l’art, des enjeux politiques, mais aussi des contacts qui nous ont permis des rencontres étonnantes et chargées d’émotions.
Un voyage dont on revient avec un mélange de colère, mais aussi d’espoir lié à la force, la dignité, le courage des femmes et des hommes que nous avons rencontrés ou croisés, et qui nous savent une immense reconnaissance d’être venus les voir et nous demandent juste de témoigner, chez nous, et nous donne l’envie d’agir, comme on le peut, même modestement...» Anne Tanné



scènes ouvertes
jeudi 1er - 19h - salle des Lendemains qui chantent - Tulle

Des artistes, des chanteurs, des poètes, des humoristes ou des rêveurs viennent s’essayer à la scène le temps de quelques morceaux. Un maître de soirée les accueille et vous les présente.
Les scènes ouvertes sont ouvertes à tous et tous les genres sont représentés. Du punk à la chorale, du conte à la danse en passant par des lectures…, toutes les expressions sont les bienvenues.
Si vous ne voulez pas monter sur scène mais plutôt encourager tous ces artistes en herbe, discuter et manger du saucisson, réjouissez-vous, l’entrée est gratuite !


 


 


 


 

programme novembre 2011

cinéma documentaire


Sub de Julien Loustau (2007 - 45’)

vendredi 4 novembre - 20h30 - salle de l’exposition Rado, avenue Ventadour - Tulle
projection proposée par le groupe Rado
Le lac Vostok est prisonnier sous les glaces de l’Antarctique, isolé du reste du monde depuis des millions d’années. La seule technologie qui permettrait d’atteindre le lac sans risquer de le contaminer serait le cryobot, une sonde conçue par la Nasa pour l’exploration d’océans subglaciaires sur Mars. En Chine, dans la région des Trois Gorges, on finit de construire le plus grand projet hydroélectrique du monde. Le barrage a déjà noyé 600 km de vallées, déplacé plus de 1,8 millions de Chinois.
Le long d’un voyage nocturne sur le fleuve Yangtze, dans l’exploration distante de ses berges, Sub envisage l’odyssée solitaire du cryobot à travers les glaces jusqu’au lac Vostok, demeuré jusqu’ alors inexploré.
A partir de données scientifiques concernant deux territoires très éloignés, dont l’actualité renvoie à des enjeux écologiques majeurs, Julien Loustau produit un récit métaphorique qui n’existe paradoxalement que par la disjonction du son et de l’image, et donc par l’expérience sensorielle et intellectuelle à laquelle le spectateur est invité.
Le groupe Rado est très heureux d’accueillir Julien Loustau pour un dialogue sur son film, qui par sa forme interroge la possibilité d’une œuvre documentaire et poétique, en écho aux problématiques que nous souhaitons aborder dans notre travail en Corrèze.


 


Water makes money de Leslie Franke et Herdolor Lorenz (2010 - 82’)

mardi 15 novembre - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche
dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale, avec Corrèze environnement et l’association Qualité de la vie en pays d’Uzerche
Tout comme l’air que nous respirons, l’eau est un élément indispensable à la vie. Ainsi, le 27 juillet 2010, l’accès à l’eau potable a été intégré à la Déclaration des Droits de l’Homme par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Malgré tout, l’eau reste en proie aux intérêts économiques des entreprises multinationales obsédées par leurs profits. Cette mainmise sur l’or bleu touche aussi bien les pays en voie de développement que les riches pays industrialisés…
Dès qu’une commune cherche à remanier sa gestion de l’eau, les deux plus importants groupes mondiaux de l’eau pointent leur museau. Ensemble, ils constituent un oligopole qui pèse sur toute la surface du globe. En France, par exemple, ils approvisionnent près de 80% de la population. Conséquences : hausse vertigineuse des prix à la consommation, baisse de la qualité de l’eau, manque de transparence souvent lié à un climat de corruption… Même s’il ne s’agit plus de privatisation à proprement parler, mais de partenariat public-privé, le résultat est le même : les profits sont privatisés et les pertes collectivisées.
Le documentaire Water Makes Money explique comment les entreprises multinationales s’accaparent la distribution de cet élément vital et créent ainsi une alchimie déroutante : elles transforment l’eau en argent ! L’analyse de ce phénomène par des experts est agrémentée par plusieurs exemples de communes, allemandes et françaises, en proie à la domination de ces entreprises peu soucieuses d’offrir un service de qualité. Mais, à l’instar de Paris, des collectivités se soulèvent pour passer en régie publique.
Depuis 1998, la 3ème semaine de novembre est consacrée chaque année à la solidarité internationale. Ainsi, la Semaine est un grand rendez-vous national de sensibilisation à la solidarité internationale et au Développement Durable.
Du 12 au 20 novembre. Renseignements : Corrèze environnement 05 55 25 70 75 -
correzeenvironnement@free.fr ou Mashikuna 05 55 27 31 78 - mashikuna@free.fr


 


Un combat singulier de Xavier Villetard (2004 - 52’)
jeudi 17 novembre - 20h30 - salle de l’Université populaire - Tulle
à l’occasion des 10 ans de Leitmotiv Production, 10 ans de films «made in Limousin», en présence du réalisateur et de Jérôme Amimer, producteur
Le destin du général Jacques de Bollardière représente un cas unique dans l’histoire contemporaine. Devant lui, c’était la gloire. Les combats, les exploits, les médailles. D’une guerre à l’autre, sans état d’âme. Un jour de 1957, pourtant, il refuse d’obéir à sa hiérarchie qui justifie l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie. Le ‘‘baroudeur par excellence” bascule alors du côté de la non-violence. Son geste continue de nous interroger au moment où la mémoire de la guerre d’Algérie reste approximative des deux côtés de la Méditerranée.
Le général est mort en 1986 mais son épouse Simone de Bollardière, signataire de l’appel contre la torture durant la Guerre d’Algérie, continue de perpétuer ses idées. Mieux encore : elle les incarne et les fait partager.
Cette projection est proposée dans le cadre du mois du film documentaire qui réunit chaque année en novembre plus de 1200 lieux culturels en France, dans les Dom-Tom et à l’étranger. Bibliothèques, salles de cinéma, associations et structures culturelles organisent des projections. L’objectif : rendre visibles des films documentaires peu diffusés.


 


Ici on noie les algériens - 17 octobre 1961 de Yasmina Adi (2011 - 90’)
du 18 au 21 novembre - cinéma le Palace - Tulle, avec la ligue des Droits de l’Homme, présence de la réalisatrice à confirmer durant cette période
A l’appel du Front de Libération Nationale (F.L.N.), des milliers d’Algériens venus de Paris et de toute la région parisienne, défilent, le 17 octobre 1961, contre le couvre-feu qui leur est imposé. Cette manifestation pacifique sera très sévèrement réprimée par les forces de l’ordre.
50 ans après, Yasmina Adi met en lumière une vérité encore taboue. Mêlant témoignages et archives inédites, histoire et mémoire, passé et présent, le film retrace les différentes étapes de ces événements, et révèle la stratégie et les méthodes mises en place au plus haut niveau de l’Etat : manipulation de l’opinion publique, récusation systématique de toutes les accusations, verrouillage de l’information afin d’empêcher les enquêtes...


 


festival
Traces de vies
du 21 au 27 novembre, Clermont-Ferrand

Chaque année en novembre, Traces de Vies propose une semaine d’immersion dans un cinéma qui sait être singulier et multiple. L’inépuisable surprise de la diversité des formes filmiques, des écritures, des récits renouvelle l’identité et la richesse de chaque édition.
Le festival est né en 1991 de la volonté de formateurs de l’Unité de Formation de Travailleurs Sociaux (U.F.T.S.) à Vic-le-Comte (Auvergne). Ce désir s’était, en partie, concrétisé cinq ans auparavant sous la forme des Rencontres du film institutionnel et documentaire, réunissant étudiants, professionnels du travail social et professionnels de l’image. L’évolution progressive de la sélection des films et de la programmation vers les questions de société, l’ouverture au grand public, ont conduit les organisateurs à imaginer Traces de Vies, au-delà du champ de la formation.
Renseignements : http://www.tdv.itsra.net


 


de Ahlam Shibli…
« Aujourd’hui, [18 octobre] les prisonniers qui ont été libérés des prisons israéliennes grâce à l’accord passé contre la libération du soldat israélien, ont été accueillis à Ramallah. C’était triste de voir leur familles avoir attendu si longtemps et d’autres familles qui portaient des photos de leurs fils où était écrit « mon fils ne fait pas partie de l’accord ». Je suis allée avec deux femmes dans une des maisons des prisonniers libérés et de là, encore dans une autre famille.
Puis je me suis rendue au camp de réfugiés de Ama’ari près de Ramallah, j’ai juste marché seule là-bas, en prenant des photos, en lisant des graffitis sur les murs et en demandant aux personnes qui étaient ces gens dont les noms étaient inscrits sur les murs. Il y avait le nom d’une femme, la première femme kamikaze palestinienne à Jérusalem ouest. J’ai pris des photos de la maison où elle vivait et parlé d’elle avec sa famille. J’ai marché pendant deux heures en rond en ressentant une grande colère contre l’occupation israélienne.
J’ai pensé à Patou pendant que je marchais et je me suis demandée comment se sentaient les gens de Tulle qui le connaissaient, j’ai pensé à Daniel Espinat, à Renée et Dédée (Lavigne) et je me suis demandé comment ils ressentaient l’absence de Patou. »
Ahlam


et aussi…
Résidence d’artistes - Merveilleux prétexte
présentation du travail de Bruno Even, Pascale Guérin et David Molteau

samedi 5 novembre - 17h30 - Merveilleux Prétexte - Cerice - Tulle.
Notre projet de résidence à Cerice découle d’une proposition de création de collectifs d’artistes par l’association Merveilleux prétexte en 2006 ; chacun devait envoyer un élément, photographie, objet, texte…en recevoir à son tour des autres, créant ainsi un réseau sensé inciter l’un ou l’autre à s’approprier d’une manière ou d’une autre une démarche, des modalités de travail ne lui appartenant pas, une thématique inhabituelle, etc. Des formes ont ainsi émergé, hybrides, livres objets, dessins.
Au-delà de ce qui nous a semblé s’apparenter à un simple jeu de cadavres exquis, il nous est apparu qu’ un système d’ échos, de relations entre nos recherches respectives existait, et qu’il pouvait se développer plus en avant, en s’articulant autour de quelques notions choisies qui reviennent de façon récurrente dans l’actualité de notre travail. Abandonnant donc l’échange hasardeux d’objets, nous décidons de prendre point d’ancrage dans un lieu précis, Cerice, et après réflexions, échanges d’impressions, nous retenons trois pistes, pouvant être également abordées par chacun d’entre nous :
- Comment un lieu devient-il ‘‘habitable’’, ou qu’est ce qui fait que l’on s’y retrouve, s’y ‘‘reconnaît’’ ; comment on finit par se l’approprier, le limiter, le définir à son image, ses proportions.
- Le mystère contenu dans un lieu, apparemment sans intérêt particulier, et qui devient équivoque, ‘‘dépaysant’’, parce que soudainement, au hasard d’une rencontre, d’un détail aperçu, on y entrevoit de multiples possibles, on y projette nos mythologies personnelles, on le met en scène.
- Les marques de passage, le seuil, le point de flottement entre intérieur et extérieur, la frontière un peu indéterminée entre espaces privés et autres.


 


Anniversaire de l’association Mémoire à Vif
En 2011, Mémoire à Vif fête ses 10 ans.
Mais il n’est pas question d’entretenir la nostalgie du passé. La mémoire doit servir à construire l’Histoire d’aujourd’hui et de demain. Et il nous semble que donner à entendre et à voir la parole des femmes des pays arabes et musulmans est une belle manière de fêter cet anniversaire.
D’abord, parce que leur donner la parole alors que, trop souvent, beaucoup la prennent à leur place, c’est rappeler le rôle qu’elles ont joué dans les combats d’hier et qu’elles poursuivent aujourd’hui. Ensuite parce que la dépossession identitaire des femmes est séculaire et n’a pas de frontières. D’une rive à l’autre, ici et là-bas, les luttes des femmes pour leur égalité et leur liberté se rejoignent.
jeudi 24 novembre - 20h30 - Cinéma le Lido - Limoges
Projection du film Hors jeu de Jafar Panahi (Iran, 2006 - 88’)


vendredi 24 novembre - 20h30 - Cinéma le Lido - Limoges
Projection du film Femmes du Caire de Yousri Nasrallah (Egypte, 2010 - 135’)


samedi 26 novembre - Théâtre de l’Union - Limoges
à partir de 14h30

Lecture de Marcelle, Denise, un printemps à Limoges de Arezki Mellal par la compagnie
Asphodèle
Projection du film La moitié du ciel d’Allah de Djamila Saharoui (1999-55’)
Débat avec Nadia Chaabane, initiatrice de l’Appel des femmes tunisiennes du 23 janvier 2011, Sdiga Dauger, représentante du gouvernement sahraoui en exil, Fadela M’Rabet, écrivaine algérienne.
à 20h30
Théâtre. A mon âge, je me cache encore pour fumer.
Texte, Rayhana. Mise en scène, Fabian Chapuis.
Peuple et Culture dispose de 10 places pour cette représentation (tarif 10€).
Contacter Gaëlle au 05.55.26.32.25

 


 

 

 


Octobre 2011

cinéma documentaire


La république Marseille de Denis Gheerbrant (2009 - 360’)
Quand un cinéaste explore la notion de peuple…
Une journée de projections et de débats en présence du réalisateur
samedi 8 - salle de l’Université Populaire (Marie Laurent) - Tulle
10h - La Totalité du monde (14’), Les Quais (46’), L’Harmonie (53’)
midi - un casse croûte sorti du sac est prévu : chacun apporte du salé, du sucré ou du liquide à partager
14h - Les Femmes de la cité Saint-Louis (53’), Le Centre des Rosiers (64’), Marseille dans ses replis (45’)
21h - salle des fêtes - Saint Jal, avec l’Amicale laïque : La République (85’)

La République Marseille nous emmène à travers sept univers qui composent une ville comme une république : celui des dockers, des militants ouvriers, des femmes d’une cité jardin ou des habitants d’une énorme cité ghetto et, dans ses replis, à la rencontre de tout un peuple, ancien junkie, boxeur ou toutes jeunes filles devant la vie. Face à une violente opération immobilière, toutes ces histoires viennent se rejouer. Au final, ces sept épisodes sont autant de rencontres attachantes, sous le regard attentif et chaleureux de Denis Gheerbrant.
Cette œuvre est le fruit de deux ans de travail. Denis Gheerbrant y croise pour chaque film un lieu précis avec la parole d’un personnage principal qui l’habite et nous le fait découvrir. Qu’ont en commun, à ce titre, le docker à qui le réaménagement du port ferme l’accès à la mer, les anciens communistes qui continuent de se réunir à l’Harmonie de l’Estaque, les femmes de la cité-jardin Saint-Louis qui ne veulent pas céder leurs maisons, les jeunes de la cité des Rosiers privés de tout avenir, ou les résidents de la rue de la République qu’on voudrait bien expulser à l’occasion du réaménagement urbain? Rien d’autre, par le fait même d’exister, qu’une résistance à des mutations qui tendent peu ou prou à effacer les plus démunis du paysage urbain, sous couvert de progrès.


 


La terre des âmes errantes de Rithy Panh (2000 - 98’)
vendredi 14 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix,
avec l’Association culturelle et sportive
projection proposée par le groupe RADO

Lorsque les membres de RADO sont venus une première fois dans le pays de Tulle, ils ont eu la chance d’assister, dans le village de Chenailler-Mascheix à la projection du documentaire La pépinière du désert, de Laurent Chevallier. Ce film montrait, entre autres choses, l’installation d’une éolienne dans une pépinière du sud du Maroc. En proposant aujourd’hui la projection de La Terre des âmes errantes, RADO souhaite associer le public de Chenailler-Mascheix et d’ailleurs à une réflexion sur les liens entre réseaux techniques et territoire.

En 1999, les travaux de pose du premier câble de fibres optiques cambodgien traverse le pays. Cette « autoroute de l’information », dont le but est d’intégrer le Cambodge à l’économie mondiale, relie l’Europe à la Chine en suivant la Route de la Soie. Les travaux impliquent le creusement d’une tranchée d’un mètre de profondeur de la frontière thaïlandaise à la frontière vietnamienne, pour y enfouir le câble à peine plus gros que le pouce. C’est là une occasion pour de nombreux Cambodgiens (paysans pauvres, soldats démobilisés, familles sans ressources) de trouver du travail. Tout au long de son creusement à la pioche, ou à la houe, cette tranchée rencontre la présence obsédante de millions de morts dont les âmes « errent », harcelant les survivants, faute de sépultures.
Mais qui dispose et jouit de l’information circulant dans ce câble ? Qui aura le droit d’accès ? Y aura-t-il un échange culturel ou encore un transfert de technologie vers cette région du monde ? Le réalisateur Rithy Panh et son équipe cambodgienne, ont suivi la progression du chantier, s’attachant à quelques personnages centraux qui symbolisent les difficultés et les contradictions que doit surmonter ce pays. Dans la nécessité de survivre à une violence économique quotidienne, ces hommes et femmes tentent de renouer avec une culture ancestrale laminée, elle aussi, par les années de guerre.


 

 


D’égal à égales de Corinne Mélis & Christophe Cordier (2010 - 52’)
vendredi 21 - 20h30 - salle polyvalente - Salon la Tour
avec l’association Qualité de la vie au pays d’Uzerche

Ce film s’intéresse à des pionnières. Elles sont migrantes ou filles d’immigrants, et syndicalistes. Elles ont choisi de s’engager face à la dureté des conditions de travail et à la précarité des salariés dans les secteurs du nettoyage, du commerce, des services aux particuliers, d’industries à l’agonie, où l’on retrouve nombre de femmes issues de l’immigration. En provenance d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest, elles s’inscrivent dans une histoire migratoire post-coloniale qui imprègne leur cheminement individuel. Travailleuses et syndicalistes, elles bousculent les stéréotypes sur les « femmes immigrées ». Activistes en milieu masculin, elles sortent des rôles féminins attendus. Enfin, elles ne cessent de se déplacer : des banlieues de résidence à leur lieu de travail, d’un lieu de travail et d’une région à l’autre lorsque l’usine ferme ou qu’elles sont licenciées, de leur lieu de travail au syndicat, de « tournées syndicales » en négociations, de réunions en manifestations, de l’espace public aux espaces privés.
Traversant et retraversant ces multiples frontières, elles incitent leurs interlocuteurs à modifier leur regard sur les femmes, sur les immigré-e-s, sur les ouvrièr-e-s et les précaires. Elles sont peu nombreuses dans ce cas : Nora, l’assistante maternelle dont les premiers pas de secrétaire générale ouvrent le film est l’une de ces pionnières, tout comme Dorothée, Keira, et Anissa.Par-delà les conflits du travail, elles nous racontent une démarche d’émancipation individuelle et collective dans une société où sexisme et racisme restent d’actualité, tandis que s’accentue la précarisation du salariat. Dans l’espoir d’être traitées, enfin, « d’égal à égales ».


 


droit de questions
17 octobre 1961, le racisme d’Etat, d’hier et d’aujourd’ hui par Olivier Le Cour Grandmaison

jeudi 13 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, avec la Ligue des Droit de l’Homme
Le 5 octobre 1961, 7 ans après le début de la guerre d’Algérie, le préfet de police de la Préfecture de Paris, Maurice Papon, publie un communiqué interdisant aux travailleurs algériens de circuler de nuit à Paris et en banlieue et de se déplacer à plus de deux. Pour protester contre ce couvre-feu discriminatoire, le FLN en France organise une manifestation pacifique à Paris le 17 octobre. Venus de la banlieue, les manifestants qui convergent vers le centre de Paris voient les policiers se déchaîner : tabassages, coups de feu, manifestants jetés à la Seine, arrestations. Bilan officiel de cette sinistre journée : 3 morts, alors que les estimations les plus sérieuses font état de 200 à 300 morts.
Depuis, une chape de plomb s’est abattue sur les mémoires, comme si cette terrible journée était portée disparue. En 2011, 50 ans après, l’Etat français n’a toujours pas reconnu ce crime et la xénophobie d’Etat fait des ravages.
Olivier Le Cour Grandmaison est historien, spécialiste de la citoyenneté sous la Révolution française et de l’histoire coloniale. Il est partie prenante du collectif «D’ailleurs nous sommes d’ici». Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le 17 octobre 1961 : un crime d’Etat à Paris (2001), Coloniser, exterminer : Sur la guerre et l’Etat colonial (2005), La République impériale : politique et racisme d’Etat (2009).


 


ouverture
Le groupe RADO installe son atelier à Tulle
du 9 septembre au 4 novembre
visites accompagnées ou ateliers sur rendez-vous

Depuis le 9 septembre, dans l’ancien magasin de luminaires de l’avenue Ventadour, RADO, un collectif de neuf jeunes artistes, présente une sélection d’œuvres issues de leurs recherches individuelles et de projets pédagogiques. Photographies, vidéos, albums, montages d’images et sculptures soulèvent des questions géographiques, politiques et poétiques liées à différents territoires. Ces œuvres ont été choisies pour inaugurer un travail de deux années dans le pays de Tulle, au cours duquel RADO souhaite aborder avec les habitants l’actualité du territoire vu comme milieu géographique structuré par des réseaux techniques.
Cette exposition et les événements qui l’accompagnent permettent de collecter des informations, d’initier des enquêtes, d’ouvrir les débats et de proposer des coopérations. Des balades ont eu lieu autour de l’exposition, et des projections sont prévues, en rapport avec la problématique choisie par RADO pour le travail à Tulle. Nous tous n’ignorons-nous pas souvent les réseaux qui déterminent notre quotidien ?
RADO regroupe actuellement Fanny Béguery, Madeleine Bernardin Sabri, Florian Fouché, Adrien Malcor, Anaïs Masson, Marie Preston, Maxence Rifflet, Claire Tenu, Antoine Yoseph.
www.groupe-rado.org / blog du projet : http://correze.groupe-rado.org

vendredi 14 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix
Projection de La terre des âmes errantes de Rithy Panh
(voir rubrique cinéma documentaire)
samedi 15 - 20h - local de l’exposition RADO - Tulle
Projection du film Trois jardins de Marie Preston, en sa présence
Trois jardins potagers, biologiques et parfois pédagogiques ont été filmés par huit élèves du collège Michelet à Saint-Ouen accompagnés par Marie Preston. Pendant un an, ils ont filmé le jardin qui se trouve dans la cour de leur collège et leurs camarades jardiniers. Pendant quatre jours, le jardin maraîcher des Amanins, un centre agro-écologique dans la Drôme où ils ont séjourné. Et, enfin, pendant quelques heures, le jardin partagé de l’Association des Femmes Maliennes de Montreuil. Le film restitue cette expérience où le jardin est pratiqué comme le lieu de transmission d’une histoire et d’un savoir-faire, mais aussi comme un lieu de vie et de partage.
Trois Jardins a été réalisé par Marie Preston accompagnée de Madjid Amine Adjabi, Khadidja Dia, Jane Garcia Fernandez, Grégoire Kwedi, Georges Mendes, Wilfrid Ornecipe, Solène Sahnoun et Océane Veeren.

A suivre en novembre…
vendredi 4 novembre : projection du film Sub du Julien Loustau en présence du réalisateur - local de l’exposition - Tulle
mercredi 9 novembre: Projection de Louisiana Story de Robert Flaherty - salle Latreille -Tulle


 


artothèque
Collection en mouvement, Abstraits #2

Oeuvres de Franck Badur, Charles Kalt, Didier Mencoboni, Jane Harris…
Exposition du 4 au 28 octobre 2011- Galerie du musée du Pays d’Ussel - Ussel
réalisée par l’Artothèque du Limousin, le FacLim et PEC
Entrée libre du mardi au samedi : 14 h - 17 h 30
mardi 4 - 18 h- vernissage de l’exposition
Jane HARRIS, Spacers 4, 2009. Crayon sur papier, format 76 x 56 cm


 

 


ateliers
Chansons traditionnelles

L’atelier Chansons traditionnelles a repris son activité le 22 septembre et se réunira les jeudis de 19h à 20h30 dans les locaux de Peuple et Culture, rue Louis Mie à Tulle.
Animé par Sylvie Heintz, cet atelier fonctionne depuis 10 ans , il propose de découvrir le large répertoire de la chanson traditionnelle du Limousin et d’ailleurs, de se saisir de la richesse et de la complexité de cette matière pour chanter seul ou à plusieurs, à l’unisson ou en polyphonies. Il s’adresse à tous ceux pour qui chanter est un plaisir et une nécessité!


Retour ô 35 choeurs

Le groupe de chant «Retour ô 35 choeurs» a repris ses activités le vendredi 23 septembre au local Peuple et Culture à Tulle.
En ces temps d’ «industrie financière» triomphante sur les peuples du monde entier et le nôtre en particulier, cet atelier propose sous la houlette de Jean-Yves Depecker assisté de Béatrice Bonnevie de se faire plaisir en partageant des chants passés et présents de lutte et de résistance. Le groupe est ouvert à tous, musiciens ou non. Sont déjà au répertoire : Le temps des cerises, Lily, Le chiffon rouge, Bella ciao, Djelem djelem (hymne ROM), Samba (Lavilliers), Manathan Kaboul...
Prochain rendez-vous le vendredi 7 octobre à 18h30 au collège Jean Lurçat à Brive puis en alternance tous les 15 jours (le vendredi à 18h30) entre Tulle et Brive.
Contact : Pierre Leymarie 09 62 52 51 98 ou 06 86 03 78 32


Atelier théâtre
L’atelier théâtre se définit cette année encore comme un laboratoire, un espace permettant aux amateurs et apprentis de se confronter à de grands et beaux textes classiques ou contemporains, français ou étrangers. Scènes, extraits, monologues, chœurs, poésie sont au programme. Chacun pourra faire ses tentatives, découvrir une écriture, une façon d’aborder le théâtre, et approcher l’art de l’acteur dans toutes ses dimensions. Il est ouvert à tous à partir de 16 ans.
Pour le Bottom, c’est l’occasion de transmettre et de faire partager une démarche artistique.
Premier rendez-vous le mercredi 19 octobre à 18h - Salle de l’Université Populaire à Tulle.


 


et aussi...
Mémoire à Vif fête ses 10 ans
jeudi 6 - 20h - cinéma Le Lido - Limoges

Mémoire à Vif est née le 6 octobre 2001, à La Villedieu, pour rappeler ce 7 mai 1956 où, dans la petite localité de la Creuse, des rappelés, en partance pour l’Algérie, soutenus par la population, ont manifesté leur opposition à la guerre coloniale.
Depuis, Mémoire à Vif a poursuivi ce travail de mémoire en organisant chaque année des rencontres, des projections, des lectures, du théâtre, autour de l’Algérie, puis élargissant sa réflexion sur d’autres mémoires, souvent occultées.
Pour la date anniversaire de sa création, Mémoire à Vif propose ‘‘un premier parachutage sur le terrain accidenté de la mémoire’’ avec la projection en avant-première du film de Jacques Panijel Octobre à Paris, seul documentaire consacré à l’époque aux exactions, tortures et noyades dans la Seine pendant et après la manifestation pacifique du 17 octobre 1961. Les témoignages des victimes et les photos d’Elie Kagan constituent un réquisitoire accablant.
Ce film a été interdit jusqu’en 1973 mais présenté clandestinement dans les réseaux militants. Mais Jacques Panijel s’oppose à sa diffusion tant qu’une « préface filmée » posant le contexte de l’époque ne sera pas ajoutée, sans réussir à trouver le financement pour ce projet. La situation s’est débloquée après son décès en 2010 grâce à la société de distribution Les Films de l’Atalante et à Mehdi Lallaoui, écrivain, réalisateur qui a réalisé l’introduction du film, comme le souhaitait Jacques Panijel.
La projection du film de Jacques Panijel sera précédée de la présentation :
-de la vidéo Guerre et bâillon réalisée en 2001 par les élèves du Lycée Professionnel Marcel Pagnol de Limoges sur les événements de La Villedieu en 1956
-du reportage vidéo Mémoire à Vif dix ans après réalisé par Peuple et Culture 19

 



Septembre 2011


cinéma documentaire

Dieu nous a pas fait naître avec des papiers
de Luc Decaster (2010 - 105’)
Mercredi 28 Septembre 2011- 20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence du réalisateur - en partenariat avec RESF
À Saint-Sérotin, en Bourgogne, entre champ et forêt, François transforme une ancienne colonie de vacances en lieu de vie pour jeunes mineurs sans papiers, protégés par la loi du fait qu’ils sont mineurs isolés, sans liens avec leurs familles. François, lui, est déjà là, avec sa famille, et travaille pour obtenir un agrément des institutions.
En attendant l’ouverture du centre, Abdoul, un jeune Ivoirien et Cacheng qui arrive de Chine ont rejoint la famille de François.
Dans quelques mois, s’ajouteront à eux une dizaine de jeunes garçons et filles venues de différents pays. Poser sa caméra des mois durant dans ce lieu de vie, c’est poser la question du «vivre ensemble» et voir des adolescents aux parcours chaotiques se transformer en de jeunes adultes mus par le désir de se construire.
Le réalisateur : « Luc Decaster a grandi à Saint-Nazaire, “ capitale des constructions navales ”. Pendant son adolescence durant laquelle il prépare un Brevet Industriel de chaudronnier, il est marqué par les grèves dures, les affrontements des ouvriers des chantiers de l’Atlantique avec les CRS.
Devenu dessinateur industriel chez Chausson en Région Parisienne, derrière le mur du bureau d’études il découvre le taylorisme dans les ateliers de presses : les mains calleuses, les visages creusés des OS à la chaîne. Parallèlement il entreprend des études d’histoire et se spécialise dans les recherches sur le mouvement ouvrier [...] Il devient professeur d’histoire. Il reprend des études de cinéma à l’université. En 1991 il quitte l’enseignement et réalise ses premiers films autour d’Argenteuil, où il réside : des films qui évoquent, sans compassion, des bribes de vies de gens qui lui sont proches. Les oubliés de l’histoire. » Christophe Kantcheff
L’année dernière Luc était venu présenter son documentaire Etat d’élue, accompagné de Françoise Verchère, élue de Loire Atlantique et protagoniste du film.
Filmographie : Le rêve usurpé (1997), Rêve d’usine (1999), Etat d’élue (2007), On est là ! (2011)



Samedi 8 Octobre 2011

journée exceptionnelle avec Denis Gheerbrant
Projection de La république Marseille à Tulle et à Saint-Jal

« Rendre compte en sept films d’un état présent du peuple et du monde : le projet de Denis Gheerbrant, inlassable arpenteur, est unique. D’une ampleur inédite, quasi démesurée, La république Marseille fait en effet date dans l’histoire du documentaire en France. Dans les quartiers populaires de la ville, c’est l’humanité même qui vient à notre rencontre. En dépit de ce qui les menace, les fragilise ou les lamine, ces femmes et ces hommes, venus de tous les horizons, ont beaucoup à nous dire : sur la mémoire et sur la politique comme sur tout ce qui fonde encore leur puissant désir d’une société commune. »
Patrick Leboutte

Sept films, six heures de projection : “Je savais que je n’avais pas envie de faire “juste un film de plus”, explique Denis Gheebrant, mais de faire du cinéma dans Marseille, de remonter des pistes, comme autant d’histoires qui ensemble allaient raconter l’histoire d’une ville”. Une mozaïque de parcours individuels, qui fondent une mémoire collective.
A travers les personnages de Roger et de Rolf, c’est l’histoire des docks qui s’écrit en filigrane. Celle d’un port, marqué par le brassage culturel, qui se transforme à grande vitesse. Du côté de la Cité Saint-Louis, on rencontre des femmes qui forment une petite société, bien décidées à lutter contre la mise en vente de leurs maisons par l’office HLM. Et puis tous les autres, Vincent, Jules et Monique, Mme Ben Mohamed, qui se défendent face aux pressions des groupes immobiliers.
Un travail de longue haleine. “Je passais d’un tournage à l’autre, parfois dans la même journée, ils se faisaient écho, nourissaient mon lent apprentissage de la ville”, raconte le réalisateur. Lui n’est pas marseillais. Il a choisi d’apprender la cité “comme un étranger”, pour mieux en saisir les enjeux : “Qu’est-ce qui fait culture commune ? Mémoire commune ?” Une quête qu’il a menée en solitaire.
“A deux vous représentez une institution, seul vous être fragile, vous n’avez aucune autorité. Filmer seul, c’est aussi pouvoir ne pas filmer, ou filmer un rien, une tâche de soleil…”. Un regard sensible sur une ville en (perpétuelle ?) mutation.

LA TOTALITÉ DU MONDE (14’), quel cinéaste ne rêverait pas d’en saisir, ne serait-ce qu’une bribe ? C’est un peintre qui emploie cette expression. Avant, fils d’ouvrier, il a été ouvrier, puis docker. Et sur ces mondes, il porte un regard à la fois intérieur et décalé. Un petit film pour commencer, comme pour ajuster notre regard.

De L’HARMONIE (53’) de l’Estaque, à cent mètres de chez Rolf, on pourrait dire que c’est un fief, celui des anciens dirigeants de la cellule locale du Parti Communiste entrés en dissidence. On y vient de tous les quartiers alentour pour jouer au Loto et des jeunes y apprennent à chanter des airs d’opéra. Mais l’harmonie de l’Estaque-gare ce sont d’abord des femmes et des hommes ensemble. Et l’idéal politique toujours, ravivé par les élections qui remettent en jeu un siège de député tenu par les communistes depuis soixante-dix ans.

MARSEILLE DANS SES REPLIS (45’), un trajet, des usines du nord de la ville au bord de mer, la caméra comme un carnet de croquis à la main. Marseille invisible, comme cette femme qui se cache pour mieux libérer sa parole. « Marseille après la catastrophe » : un rescapé des années drogue et sida, des jeunes dans un club de quartier et à la boxe, deux amis qui ont monté leur boîte après la faillite de leur entreprise de décolletage, des jeunes filles au bord de leur adolescence…

LA RÉPUBLIQUE (85’), à Marseille, c’est une artère de l’époque haussmannienne rachetée par deux groupes immobiliers. Elle se doit alors d’être embellie et la mairie la pare d’un tramway pour en faire le symbole d’une « reconquête du centre-ville ». Les habitants se parlent, se réunissent pour échanger leurs expériences et apprendre à se défendre. Ils étaient censés disparaître, ils se révèlent. Vincent, Jules et Monique, Madame Ben Mohamed et Madame Cary, certains ont un passé politique, d’autres pas, certains ont eu une vie tumultueuse, d’autres pas, c’est une petite république qui se monte là.

 

LES QUAIS (46’), c’est l’univers de Rolf, « docker de l’Estaque », comme une double identité, celle du port, d’une histoire qu’il légende, et celle d’un quartier populaire, ouvrier, toutes immigrations brassées, ouvert sur la mer. Blessé au travail, il reprend après deux ans d’inaction. Mais Roger - ancien dirigeant syndical à l’époque où les dockers bloquaient les armes pour l’Indochine - n’entretient guère d’espoir quant à l’avenir du port. Et l’Estaque de Rolf est en train de bien changer.

LES FEMMES DE LA CITÉ SAINT-LOUIS (53’), une cité jardin que les habitants, de génération en génération, depuis 1926, se sont appropriés pour en faire un petit monde, ouvrier, joyeux et combatif. Une société de femmes ? En tout cas, ce sont maintenant les femmes qui défendent leur désir de société, au moment où l’organisme HLM qui gère la cité veut mettre les maisons en vente.

LE CENTRE DES ROSIERS (64’), une cité de la fin des années cinquante, avec ses grandes barres de béton brut, a quelque chose d’une forteresse. Le chômage, le commerce de drogue, la concentration de toutes les misères du monde feraient exploser cette cité, s’il n’y avait une formidable force de vie : l’aspiration tout simplement à aimer, gagner sa vie et faire partie de la société. Ce n’est rien d’autre que cela qui se joue ici : le centre des Rosiers est un centre social.

 

 


des actions à venir

Avec le soixantième anniversaire de Peuple et Culture Corrèze, l’année 2011 est particulièrement consacrée à la recherche de fils qui font sens entre passé et présent, qui continuent dans une grande fidélité aux origines du mouvement et de l’éducation populaire, à nourrir notre pensée, nos convictions, notre sensibilité et nos actions au présent.

Cette recherche a déjà pris plusieurs formes :
. Entretiens avec Roger Eymard, le principal fondateur de Peuple et Culture Corrèze et montage vidéo réalisé par Dominique Albaret, projeté en public le 17 mars dernier à l’exacte date anniversaire du dépôt des statuts de l’association en 1951, soirée à la fin de laquelle la salle de l’UP retrouva concrètement son nom grâce à la plaque : SALLE DE L’UNIVERSITE POPULAIRE que nous avons apposée.
. Projections de films « cultes » de l’histoire du cinéma et des cinés-clubs : Le Sel de la terre, Les Raisins de la colère, Farrebique et Biquefarre…
. Exposition François Maspero et deux temps de rencontre avec lui à la médiathèque de Tulle et à L’aire libre à Argentat
. Lecture de textes de Frantz Fanon

Les actions pour les mois à venir poursuivent cette recherche dans le même sens :
. Unipops… et Droit de Questions
Les « Unipops » de Peuple et Culture Corrèze sont nées dans l’hiver 1968-69 d’un vif besoin de formation collective. Entrainement mental, économie politique, histoire… des sessions décentralisées dans des petites communes à raison de 12 à 15 séances par hiver ainsi que chaque année, une « Unipop centrale » sur des questions qui sont restées marquantes, à titre d’exemple « Culture et idéologie », « Sémiologie de l’image », « L’écologie » (en 1977 !) …
A partir des années 80, leur succèdent les « Droits de Questions » dont un court texte de présentation définit le principe : Une ambition… Ne pas nous retrouver demain devant un destin que personne n’aura voulu mais que chacun n’aura pas assez combattu . (Albert Jacquard)
Un moyen... La rencontre avec des chercheurs, des experts, des scientifiques, des artistes, des journalistes spécialisés, des responsables politiques et culturels... pour l’exercice nécessaire d’un droit de questions qui pose le fait que la parole est plus que le bavardage et l’être humain plus qu’une cible pour la consommation et le bulletin de vote.
Parmi les nombreux intervenants venus jusqu’à Tulle, citons Claude Julien, Alain Gresh, Serge Halimi, José Bové, François Dufour, Madeleine Rebérioux, Alain Lipietz, Marcel Mazoyer, Sony Labou Tansi, Véronique Nahoum Grappe, Mathieu Rigouste…
Avec la mise en place du réseau de diffusion du cinéma documentaire, les Droits de Questions sont devenus moins réguliers dans la mesure où un certain nombre de projections sont de véritables supports de débats sur des questions de société.
Cependant à la dernière assemblée générale, s’est fait jour, dans le contexte politique et économique actuel, un renouveau de désir de formation. Fin juin, un groupe de travail s’est constitué et a dégagé des axes de réflexion à mettre en place sous des formes différentes ( interventions-débats « classiques », cycles, journées permettant d’approfondir une problématique par des moyens divers : textes, films… ou encore groupes de travail et d’échanges).
Plusieurs questions vont être explorées : la « crise économique » (des repères pour y voir clair …), le travail, l’agriculture et les questions environnementales, la constitution de 1958 et ses effets sur la démocratie, la petite enfance et son traitement…
. Fiches de lecture
Les fiches de lectures sont nées durant la Résistance : Dans le Vercors, sous les rochers, près des braises dont il fallait cacher la fumée aux « mouchards » qui évoluaient dans le ciel, l’éducation populaire continuait. Les textes littéraires, dans un tel climat, avaient une nouvelle résonance. Ces hommes, ensemble, prenaient conscience que quoi qu’il arrivât, les forces de lumière triompheraient des forces d’oppression.

Produites plus systématiquement de 1948 à la fin des années 70, ces fiches proposent un montage d’extraits significatifs d’un ouvrage pour une lecture à voix haute de trois quarts d’heure à une heure destinée à donner au public le goût de lire le livre en entier. La lecture est suivie d’une discussion appuyée sur une méthodologie conseillée dans chaque fiche et favorisant l’expression et la réflexion de chacun.
Plus de 100 fiches de lecture ont été expérimentées auprès de publics diversifiés. Des classiques tel que Bouvard et Pécuchet, mais aussi des réponses à l’actualité comme Le Fils du pauvre de Mouloud Feraoun lorsqu’il fut assassiné par l’OAS.
Peuple et Culture Corrèze a organisé des dizaines de « veillées-lecture » dans des petites communes où les bibliothèques étaient rares voire inexistantes et où les livres ne pénétraient pas facilement dans les maisons.
Nous allons dans les mois qui viennent ré expérimenter la réalisation et la pratique de ces fiches. L’idée est venue de Marie Maugein de la librairie l’Aire libre à Argentat avec laquelle Peuple et Culture collabore régulièrement.
Premier chantier prévu : la fiche de lecture du premier roman d’une jeune écrivaine : Les hommes-couleurs de Cloé Korman aux éditions du Seuil qui sera l’invitée de l’ Aire libre lors du quatrième trimestre 2011 pour un échange avec le public à la suite de la lecture. Puis en 2012, pour la future Décade Cinéma et société qui aura pour thème l’Algérie ( 50ème anniversaire de la fin de la guerre), c’est le livre de Laurent Mauvignier : Des hommes qui sera présenté par une lecture à haute voix selon une fiche réalisée à cet effet. Conjointement, la fiche déjà existante du Fils du pauvre de Mouloud Ferraoun sera réutilisée pour une lecture publique de cet ouvrage

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. Résidences d’artistes
Depuis les années 80, Peuple et Culture invite des artistes en résidence à Tulle et dans le pays de Tulle. Entre la commande publique traditionnelle et l’oeuvre dite autonome, l’association explore une troisième voie : celle d’un art rattaché à l’espace public par des procédures de participation et d’échanges, et capable dans le même temps de produire des formes exemplaires. Des projets qui émanent d’un territoire précis tel que le décrit Edouard Glissant : un pays qui devient monde, lieu « incontournable » mais qui n’a de sens que s’il est ouvert. Les formes artistiques produites induisent de la reconnaissance et dans le même temps, des rapports d’étrangeté, des décalages, des lignes de fuite. Un travail artistique qui, justement parce qu’il part du local, de l’intime, peut atteindre une valeur générale, parler à d’autres ailleurs et fonctionner pour et hors du lieu précis où il a été conçu.
Pour ces résidences d’artistes, pas d’a priori, ni de commande particulière mais, à partir de leur propre démarche, l’invitation à porter un regard sur la ville et ses habitants.

 

le groupe RADO
Les dix dernières années ont été marquées par trois temps forts avec les photographes Marc Pataut, Patrick Faigenbaum et Ahlam Shibli qui chacun-e à leur manière ont investi par leur travail artistique, le pays de Tulle.
En est résulté un corpus d’œuvres (plus de 140 photographies et deux ouvrages) inscrits dans ce territoire et en lien avec sa population, ce qui constitue un phénomène rare.
Nous avons choisi de poursuivre ce travail par une nouvelle étape de cette démarche avec l’invitation en résidence d’un collectif de jeunes artistes (aux pratiques diverses : photographie, sculpture, vidéo, dessin) sensibles au lien art/territoire : le groupe RADO
Du 9 septembre au 28 octobre, le groupe RADO présentera une sélection d’oeuvres. l’exposition inaugurera un travail de deux années dans le pays de Tulle qui abordera avec les habitants l’actualité du territoire vu comme milieu géographique et technique. nous tous n’ignorons-nous pas souvent les réseaux qui déterminent notre quotidien ? Cette présentation d’oeuvres antérieures au projet tulliste, en écho à la problématique, permettra de collecter des informations, d’ouvrir les débats et de proposer des coopérations.

Pascale Guérin
Depuis l’obtention du DNSEP à l’Ecole des Beaux-Arts d’Angoulême, Pascale Guérin développe un travail artistique aux multiples facettes : dessin, gravure, peinture, installations, livres-objets, collections d’ « hybrides ».
Elle a autoconstruit un atelier en Corrèze où elle s’est installée il y a quelques années.
En articulation avec son travail artistique, elle conduit une activité pédagogique de grande qualité dans des ateliers avec des enfants d’écoles primaires et maternelles.
Tout son travail fortement marqué par le rappel à la mémoire et à la nature nous paraît profond et exigeant. Il a été peu montré pour l’instant.
Peuple et Culture souhaite, pendant deux années, le soutenir par l’émergence d’un nouveau projet (à définir avec elle) et mettre en place des modalités qui permettent de faire découvrir au public son travail antérieur.


 

droit de questions
Palestine : Comment les sociétés civiles peuvent-elles agir pour une paix juste ?
Le témoignage de Laurence Pache, conseillère régionale.
Vendredi 23 - 20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle
Après avoir soulevé un immense espoir, le « processus de paix » israélo-palestinien, inauguré il y a tout juste 20 ans à la conférence de Madrid, est vite apparu comme un leurre en accordant aux palestiniens une souveraineté réduite à quelques symboles, et surtout, en permettant aux israéliens de renforcer sans cesse leur emprise sur la Cisjordanie et Jérusalem (par la colonisation) et sur la bande de Gaza (par le blocus).
Dès 2003, et parallèlement à la 2ème intifada (2000/2005) elle-même déclenchée par le blocage des négociations, un mouvement de résistance populaire non violent s’est développé à Jérusalem et en Cisjordanie, contre l’occupation israélienne, en particulier dans les villages et les quartiers qui sont les plus touchés par la construction du « Mur de la honte ».
En 2006, se tenait une 1ère conférence internationale à Bil’in, village situé au nord de Jérusalem, qui a été l’un des premiers à s’engager dans la lutte contre la construction du Mur. Depuis, malgré la répression israélienne (plus de 20 tués, des dizaines de blessés et des centaines d’arrestations), le mouvement prend de l’ampleur avec le soutien de militants et d’ONG représentant les sociétés civiles, en Israël, en Europe, en Amérique, ...
Ce mouvement de résistance non violente prend la forme de manifestations (avec la participation de militants internationaux) chaque fin de semaine sur les terres menacées ou déjà confisquées par le mur et l’extension des colonies, afin d’affirmer les droits des palestiniens et l’illégalité de la colonisation et de l’occupation. Il prend aussi la forme d’actions juridiques devant la Cour suprême israélienne, et plus récemment d’appels au boycott des produits fabriqués dans les colonies et des emplois qu‘elles offrent aux palestiniens.

Face à l’échec de la résistance armée (la 2ème intifada a coûté beaucoup aux palestiniens et n’a pas eu d’issue politique) et à l’échec des négociations au sommet, la lutte populaire non violente constitue une nouvelle étape du combat des palestiniens pour leur indépendance.

Militante syndicale et associative, Laurence Pache est conseillère régionale du Limousin depuis 2010. Elle a participé à la 6ème conférence internationale sur la lutte populaire palestinienne à Bil’in (Cisjordanie) en avril 2011. Laurence Pache a également fait partie en juillet 2011, de l’équipage du « Louise Michel » l’un des bateaux de la « flottille de la liberté » à destination de Gaza afin de dénoncer le blocus israélien.

A l’heure où l’Autorité Palestinienne doit présenter à l’ONU (le 20 septembre) la demande d’adhésion de la Palestine en tant qu’état souverain, Laurence Pache témoignera de son expérience aux côtés des palestiniens en lutte contre l’occupation israélienne et des militants internationaux contre le blocus de Gaza. Elle témoignera également des différentes formes d’action que les citoyens peuvent utiliser, en France notamment, afin d’aider à construire une paix juste et durable en Palestine.

 

 


Les yourtes de la discorde de Suzanne Chupin (2011-52’)
Mardi 14 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche
En présence de la réalisatrice
« Un vent de discorde souffle sur le village de Bussière Boffy quand je m’y rends pour la première fois en mars 2009. Mais qui sait depuis combien de temps le feu couve et de quoi il se nourrit ? Depuis l’adoption de la carte communale, cinq familles installées dans des yourtes vivent dans la crainte d’être expulsées par la municipalité. Ceux qui, jusqu’à présent vivaient paisibles en expérimentant un mode de vie différent, décident de porter l’affaire sur la place publique... » Suzanne Chupin.
A l’origine, 5 familles ont fait le choix d’habiter dans des yourtes, dans le nord de la Haute Vienne à Bussière-Boffy. Quelques centaines de mètres à peine les séparent des dernières maisons du village, mais c’est déjà un autre monde, avec une autre façon d’habiter la terre. Un monde que la réalisatrice découvre au moment où il menace de disparaître…
La réalisatrice : Après un premier court métrage, Le Nez qui saigne (1997), sélectionné et primé à divers festivals, Suzanne Chupin, opératrice audiovisuelle pour la télévision et la radio, a réalisé en parallèle des films documentaires : La Vie en Friche (1999) et La Case manquante (2002), Le Champ des paysannes (2005), Rêves et cauchemars (2007) et Partisans du rail (2008).


L’Atlantide de Marcel Trillat et Maurice Failevic (2010-2x80’)
Vendredi 17 - 18h - la Boite en zinc - Chanteix
18h : projection 1ère partie
19h30 : auberge espagnole (chacun apporte du salé, du sucré, du liquide à partager)
20h30 : projection 2ème partie et discussion avec les réalisateurs

En présence de Marcel Trillat et Maurice Failevic
Une histoire du communisme
C’est une tentative de décryptage d’une énigme historique, l’expérience communiste : 1917-1991.
Une cause exaltante d’ampleur planétaire qui a mobilisé des millions d’opprimés en révolte et d’hommes et de femmes qui rêvaient d’un monde plus juste et plus solidaire.
Une entreprise paradoxale engagée dans des conditions défavorables puis dévoyée par le stalinisme sans cesser malgré tout, pendant trois quarts de siècle, de susciter d’immenses espérances, de nourrir d’innombrables combats pour les plus justes causes. Avant de s’effondrer en quelques années comme un château de cartes.
Qu’en reste t-il aujourd’hui pour ceux qui ont 20 ans et qui pensent à l’avenir en ignorant souvent le passé ?
La nécessité de combattre le capitalisme et son cortège de guerres, d’injustices, de misères, de violences qui était sa raison d’être n’est-elle plus d’actualité ?
Les réalisateurs :
Marcel Trillat est un journaliste, réalisateur de films documentaires et auteur français. Il devient journaliste à l’ORTF en 1965 en collaborant au magazine «Cinq colonnes à la Une». Il a également participé à des entreprises collectives militantes : la CREPAC, UNICITE, Radio Lorraine Coeur d’Acier. Il est entré à Antenne 2 en 1981.. A été directeur adjoint de l’information d’Antenne 2 en 1986. Administrateur de France Télévisions de 2001 à 2006. Il a réalisé entre autres Etranges étrangers (1970), 300 jours de colère (2002), Les prolos (2002), Silence dans la vallée (2007)…
En 1962 Maurice Failevic entre comme assistant réalisateur à la RTF aux côtés d’Henri Spade et de Jacques Krier. En 1967, Eliane Victor pour l’émission «Les femmes aussi» lui confie la réalisation de son premier film sur l’histoire d’une femme médecin à la campagne puis de son second film sur le quotidien de Renée Delanches, institutrice en poste depuis deux ans dans un village de Haute Ardèche (Faire l’école à Conges en Ardèches). Les documentaires qu’il réalisera jusqu’en 1970 lui vaudront de nombreux prix ( le prix de la critique, le prix Albert Olivier) et marqueront à jamais sa façon de préparer et de faire des films. Après cette période, il devient réalisateur de fictions pour le cinéma et pour la télévision. Il réalise entre autres De la belle ouvrage (1969), 1788 (1977), Le Jardinier récalcitrant (1983), Jusqu’au bout (2005)…


 

Fix me de Raed Andoni (Palestine-2009-98’)
Samedi 25 - à partir de 20h - parc de la mairie -Tulle
20h : pique-nique (chacun apporte du salé, du sucré, du liquide à partager)
21h30 : projection en plein air
Raed Andoni a quarante ans, tout comme l’occupation israélienne de la Cisjordanie, et souffre d’une migraine tenace. Face caméra, la mère de Raed s’étonne : « Tu as mal à la tête et tu te filmes, mais qui cela intéresse à part toi et moi ? » Pourtant, de cette céphalée invalidante, il a oeuvré à un film où l’intime entre en résonance avec le destin collectif de son peuple.
Parcourant des paysages éventrés, Raed Andoni mène l’enquête, rassemble ses souvenirs manquants - interroge son thérapeute, ses amis, sa famille -, passe les check-points comme un ressassement. Fix me traite de la perméabilité, de la porosité : il montre comment l’histoire des territoires occupés s’est insidieusement insinuée dans le corps du cinéaste.
Par son rythme, sa densité, la beauté des cadres, la musicalité de la bande sonore, le cheminement de sa pensée, Fix me agit comme un antidote à la guerre. Par son humour et son intelligence, il constitue un merveilleux et subtil bras d’honneur aux extrémistes des deux bords.
Le réalisateur : Né en 1967 en Cisjordanie, Raed Andoni mène un parcours d’autodidacte qui l’associe dès 1997 au développement du cinéma indépendant en Palestine.
Producteur avant de devenir réalisateur, il est le co-fondateur de «Dar Films», une société de production indépendante basée à Ramallah. A travers Dar il a produit et coproduit plusieurs documentaires primés, tels que The inner tour de Ra’anan Alexandrowicz et Live from Palestine de Rashid Masharawi). Raed Andoni est également le co-fondateur de la société de production parisienne «Les films de Zayna».
Son premier documentaire en tant que réalisateur, Improvisation, Samir et ses frères (2005) dresse un portrait intime des musiciens du Trio Joubran.


La pépinière du désert de Laurent Chevallier (2008-90’)
Vendredi 1er juillet - Chenailler-Mascheix
20h30 : casse croûte sorti du sac
boissons offertes par l’association culturelle et sportive de Chenailler-Mascheix
21h30 : projection en plein air devant la salle des fêtes
Pour Mostafa le vieux, il est trop tard pour choisir entre son Maroc natal et la France où il vit depuis trente ans et où ses cinq enfants sont nés. Il a pourtant subi l’exclusion dans un petit village de l’Essonne où il tenait une épicerie, réalisant son rêve de vivre à la campagne. C’est là qu’il a fait la connaissance de Brahim, un SDF marocain qu’il a logé et qu’il a aidé à retrouver sa dignité. Et puis un jour, Brahim est mort d’un arrêt cardiaque. Pour Mostafa le vieux, cette mort a sonné comme une défaite.
Resté “le seul Arabe” du coin, il est reparti vivre avec femme et enfants en banlieue parisienne dans une cité où les Maghrébins sont en majorité. Ce retour est pour lui le constat d’un échec, celui de l’intégration. Il se met à penser que c’est au Maroc où il revient chaque année pour les vacances, qu’il peut encore agir pour les jeunes qui, au péril de leur vie, se laissent attirer par les mirages de l’Europe. Il y fait la connaissance de Mostafa le jeune qui, revenu de sept années d’exil en Europe, a décidé de vivre du travail de la terre en plein désert du Mengoub et même d’y créer une pépinière afin d’aider les fellahs de la région à croire de nouveau en l’avenir.
Le réalisateur : Après avoir été assistant caméra puis cadreur, Laurent Chevallier a travaillé comme directeur de la photographie sur des films comme La Vengeance du serpent à plumes (Gérard Oury, 1984) ou Les Spécialistes (Patrice Leconte, 1985). La traversée de l’Antarctique par Jean-Louis Étienne a été le sujet d’Au sud du sud, son premier long métrage documentaire, réalisé en 1990. Puis il en a signé d’autres : Djembefola (1992) sur Mamady Keïta, un des plus grands joueurs guinéens de djembé, qui a notamment reçu le Prix du meilleur documentaire au Festival de San Francisco, Circus Baobab (2000) sur le premier cirque acrobatique aérien d’Afrique. En 2004 il réalise La Vie sans Brahim (2004), où l’on rencontre Mostafa «le vieux». En 2007 son film Momo le doyen se consacre à Momo Wandel Soumah, saxophoniste et doyen du jazz africain. On lui doit par ailleurs un long métrage de fiction : L’Enfant noir (1995), sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes.



Retour à Gorée de Pierre-Yves Borgeau (2007-102’)
Mardi 5 juillet - Saint-Jal
20h30 : casse-croûte sorti du sac (chacun apporte du salé, du sucré, du liquide à partager)
21h30 : projection en plein air devant la salle polyvalente
Retour à Gorée raconte le périple du chanteur africain Youssou N’dour sur les traces des esclaves noirs et de la musique qu’ils ont inventée : le jazz. Son défi : rapporter en Afrique un répertoire de jazz et le chanter à Gorée, l’île symbole de la traite négrière, en hommage aux victimes de l’esclavage. Guidé dans sa quête par le pianiste Moncef Genoud, Youssou N’Dour parcourt les Etats-Unis et l’Europe. Accompagnés par des musiciens d’exception, ils croisent de nombreuses personnalités, et créent, au fil des rencontres, des concerts et des discussions sur l’esclavage, une musique qui transcende les cultures.
Le réalisateur : Pierre-Yves Borgeaud étudie les lettres et rédige le mémoire « Le Jazz dans le roman », avant d’œuvrer comme journaliste indépendant. Egalement batteur et attiré par la captation de musique live, il se forme à New York à la production vidéo, et monte sa propre structure.
Il signe les films Encore une histoire d’amour (1990), Miles post mortem (1998), Swiss jam : musiciens suisses à New York (1999), Family music (2004)…
Puis il se fait remarquer avec iXième - Le journal d’un prisonnier (2003), poème multimédia cosigné avec le musicien Stéphane Blok, et le documentaire Retour à Gorée.



Bobines Rebelles
4ème édition du festival de documentaire politique en Creuse
vendredi 17 - 21h30 - bar l’Atelier - Royère-de-Vassivière
samedi 18 - de 10h à 24h - Le Villard - Royère-de-Vassivière
avec Autour du 1er mai, Creuse-Citron, Émile a une vache, La Loutre par les cornes



9 juin 1944

Jacques Martinie, Résistant dès la première heure au BRO (Bureau de la Résistance Ouvrière) à Tulle avait 17 ans en 1944. Raflé par les SS allemands le 9 juin 1944 à Tulle, trié à la Manufacture et libéré parmi les plus jeunes, il témoigne sur le site de Peuple et Culture consacré aux évènements de juin 1944 et dans un ouvrage à paraître, de l’histoire du BRO : comment dès 1942 à Tulle, des hommes et des femmes se sont engagés dans la Résistance.
Par ailleurs, le site http://pec9juin.free.fr est enrichi de cinquante nouvelles notices individuelles en hommage aux victimes (éléments biographiques, photos, et témoignages de familles)



Et aussi
Les Rencontres africaines de Tulle
du 9 au 11 juin - salle Latreille - Tulle
Jeudi 9 - à partir de 18h
21h : projection du documentaire réalisé par des apprentis du CFA bâtiment de Tulle et de Limoges.
Vendredi 10 - à partir de 18h
21h : projection du film Kinshasa Symphony de Claus Wischmann et Martin Baer
Samedi 11 - à partir de 10h
20h : contes de la savane avec Niamar N’Dour
21h30 : concert de musique berbère par le groupe OUHRIK de Toulouse
Expostions et ateliers du jeudi au samedi.
Renseignements : 05 55 27 59 40 - rencontres.africaines.tulle@gmail.com



Les 24èmes Rencontres photographiques de Solignac
du 10 au 19 juin - salle des fêtes de Solignac (Haute-Vienne)
organisée par l’association L’Oeil écoute
Vernissage le vendredi 10 à 18h30 et conférence projection par les artistes invités le samedi 11 juin à 16h
Sur le thème «Mémoire», ces 24èmes Rencontres présentent le travail de 5 artistes revisitant des lieux de leur mémoire.
Avec Isabelle Braud «Lieux d’enfance - poussière d’éternité», Delphine Dewachter «Tissu d’histoires», Florent Contin-Roux «Paint it black», Yveline Loiseur «Crépuscule du matin ; Dresde 2008/2009», David Molteau «Vestiges».
Renseignements :
www.galerie-oeilecoute.fr - 05 55 32 30 78

 


 

programme MAI 2011


2eme partie de la Décade Du 4 au 8 mai 2011

Mercredi 4 mai, 18 h Tulle, médiathèque intercommunale
Générations précaires, derrière les masques
Ruxandra Medrea
France, 2006, 52 min

Au début de l’automne 2005, un groupe de jeunes portant des masques blancs intrigue les médias. Leurs objectifs : sensibiliser l’opinion à la précarité des jeunes diplômés mais aussi intervenir comme groupe de pression pour une réforme du Code du Travail, qui devrait, selon eux, reconnaître et réglementer le statut du stagiaire. Ce film analyse ainsi cette mobilisation qui a su interpeller parents, politiques et syndicats.

Les apprentis se réveillent
Laurent Chevallier
France, 1976, 15 min

Dans son premier film, Laurent Chevallier laisse la parole à une catégorie de la population qui ne l’a pas souvent eue dans le cinéma français : les jeunes apprentis. Dans la rue, les collégiens criaient « Le CET, c’est déjà l’usine ! ». Les temps ont-ils changé depuis 1976 ?
Comment « forme »-t-on les futurs ouvriers (ou les futurs chômeurs) ?

Et voilà le travail
Florette Eymenier
France, 2009, 17 min

De nouvelles formes et de nouveaux modes de travail se font jour. Travail nomade, temps flexible, travail virtuel, travail précaire, travail en réseau et de nouvelles formes de travail à la chaîne. Eclairés par la froide lueur d’un néon, dans un couloir ou un bureau, des témoignages d’employés plus ou moins bien placés dans la hiérarchie, s’égrènent d’un ton monocorde et artificiel : la déshumanisation élevée au rang de technique managériale ! Les témoignages sont des récits écrits et distanciés portés à l’écran par des comédiens amateurs. Cette vidéo de création mène une réflexion sur les nouvelles formes émergentes du travail.
rennes. 2008

 Mercredi 4 mai, 21 h
TULLE, cinéma le Palace
Carte Blanche à Ciné Archives, Fonds audiovisuel du PCF, mouvement ouvrier et démocratique . En présence de Julie Cazenave, déléguée générale de Ciné-Archives.

D’hier à aujourd’hui, lorsque le mouvement social détourne les moyens de communication.
Comme d’autres organisations militantes - politiques ou/et ouvrières - le PCF a cherché à détourner les moyens (et les réseaux) de communication de son temps. Dès les années 30, il adopte le nouveau « mass media » qu’est le cinéma. Ciné-Archives présentera deux exemples de formats audiovisuels traditionnels revisités, les actualités cinématographiques qui ont précédé la télévision et le magazine télévisé…

Magazine Populaire N°1
Anonyme
France, 1938, extraits : 14 min

Le 14 juillet 1938, le 32ème tour de France : contre-information politique et ouvrière, ou comment parler de la guerre d’Espagne en relatant le Tour de France… Suivent deux reportages « Une retraite pour les vieux » et « Les Congés Payés ».

Reflets
Collectif
France, 1964, extraits : 30 min

Ouvriers 1964, Jean Ferrat, Ma Môme, Youri Gagarine à Paris.

Sélection d’épisodes de l’association Plus belles les luttes
invité de ciné-archives, Peuple et culture et autour du 1er mai :

Plus belles les luttes Jean-Paul Leroy, ancien ouvrier et syndicaliste de Fos-sur-Mer, et Thierry Del Bado, journaliste, ont crée en 2009 leur propre outil audiovisuel de production et de diffusion d’information : chaque semaine, ils mettent en ligne sur leur site Internet un nouvel épisode des luttes ouvrières et sociales, et même politiques, qui ont cours dans les Bouches-du-Rhône.

 


 

 

Jeudi 5 mai, 18h
TULLE, médiathèque intercommunale
En présence de Didier Zyserman, réalisateur.
Nosotros del Bauen
Didier Zyserman
France, 2010, 95 min

L’hôtel Bauen fut construit sous la dictature militaire, au cœur de Buenos Aires, pour accueillir la Coupe du Monde de football. Durant vingt-cinq ans, ses employés ont servi l’élite argentine et accueilli les touristes venus du monde entier. Depuis mars 2003, ils travaillent en autogestion, se partageant les tâches et les salaires, votant en assemblées générales toutes les décisions qui les concernent. Elena, Osvaldo, Santiago, Marcello sont quelques-uns des employés de la coopérative. Ils luttent aujourd’hui contre leurs anciens patrons, désireux de récupérer l’immeuble à leur profit. Droit au travail contre droit à la propriété, quelle légitimité l’emportera ? À partir de ce lieu unique, le film se propose de plonger au cœur de l’autogestion et de rendre compte de l’Argentine d’aujourd’hui.

 

Jeudi 5 mai, 21 h
TULLE, cinéma Le Palace,
En présence de Sébastien Layerle, enseignant à L’université Paris III.
Des gens sans importance
Henri Verneuil
France, 1955, 101 min

Jean Viard, conducteur de poids lourds sur la ligne Paris-Bordeaux, tombe amoureux d’une jeune serveuse d’un relai routier. L’affaire tournera mal… Jean Gabin interprète comme souvent un personnage écrasé par la vie. Le film témoigne d’un pessimisme fortement présent dans le cinéma français. L’objectif est de montrer un « anti film de lutte » pour réfléchir ensemble à ce qu’il véhicule et à quelle représentation correspond le personnage central de Jean Gabindans l’histoire du cinéma français.

 

 

Beau comme un camion
Antony Cordier
France, 1999, 90 min

« Dans ma famille, il n’y a que des ouvriers. Comment ont-ils perçu mon parcours, à moi qui suis encore en études à 28 ans ? »

Beau comme un camion est le premier fi lm d’Antony Cordier, alors élève d’une école de cinéma, la FEMIS. Né dans une famille d’ouvriers, il est le premier à avoir fait des études. Il a choisi de montrer comment a évolué la perception du travail intellectuel au sein d’une famille de manuels. Pour certains, les intellectuels sont des fainéants ; pour d’autres, l’école peut permettre de s’en sortir. Mais se sortir de quoi ? Anthony Cordier cherche la réponse auprès de ses proches : son frère, manutentionnaire, son père, conducteur de camion, sa mère, nourrice.

 


 

 

Vendredi 6 mai, 18h30
TULLE, cinéma Le Palace

En présence de Bruno Muel, réalisateur, et de Sébastien Layerle, enseignant à l’Université Paris III

Week-end à Sochaux,
groupe Medvedkine de Sochaux, Bruno Muel
France, 1971, 57 min

Seul fi lm en couleur des groupes Medvedkine, coréalisé, interprété, inventé au fi l du jeu par les ouvriers eux-mêmes, Week-end à Sochaux décrit avec humour, l’arrivée des jeunes travailleurs à l’usine Peugeot. Filmer ce qui dégrade la vie quotidienne autant que la chaîne, les hôtels interdits aux jeunes filles, la ville qui vit au rythme des usines, les magasins de l’empire Peugeot, qui s’appellent – il fallait l’inventer – Ravi.

Le fi lm est une forme de comédie jubilatoire et grinçante, une sorte de boomerang, retourné à l’envoyeur et à l’exploitation capitaliste, dans et hors de l’usine. De 1967 à 1974, au travers des Groupes Medvedkine, les travailleurs des usines de Besançon et de Sochaux s’approprient l’outil cinéma pour témoigner de leurs conditions d’existence et de leurs luttes quotidiennes. Ils sont à l’origine d’une quinzaine de fi lms réalisés en collaboration avec des réalisateurs et des techniciens professionnels et soutenus par la coopérative de production SLON.
« Nous n’aurions jamais dû nous rencontrer, encore moins travailler ensemble, souligne Bruno Muel. Ça ne se faisait pas, ça ne se fait toujours pas, ou si rarement. De quoi je vous parle ? D’une utopie, de quelques dizaines d’ouvriers des usines Rhodiaceta de Besançon et Peugeot de Montbéliard, d’un côté, d’une poignée de cinéastes, réalisateurs et techniciens de l’autre, qui ont décidé à cette époque, qui n’est justement pas n’importe laquelle, de consacrer du temps, de la réflexion, du travail à faire des films ensemble. »)

On voit bien qu’c’est pas toi
Christian Zarifian
France, 1969, 48 min

Préparé puis tourné avec un groupe de jeunes ouvriers, collégiens et chômeurs dans un quartier du Havre, On voit bien qu’c’est pas toi inaugure la série de films « collectifs » portés par l’élan de Mai 68. Les jeunes ont choisi la forme documentaire afin de montrer leur vie au quotidien, dans leur local, au travail, en surboum, en famille, en camping sauvage… Ils ont ainsi dressé de façon précise et détaillée l’autoportrait, singulier, d’un milieu jusqu’alors presque totalement absent des écrans.

 

Vendredi 6 mai, 21 h

TULLE, cinéma Le Palace

En présence de Daniel Ellezam, directeur de la collection Films en classe du CNDP, responsable de la prospection du dépôt légal des films à la Bibliothèque nationale de France.

Les raisins de la colère
John Ford
Etats-Unis, 1940, 130 min

Au début des années 1930, après quatre années d’incarcération dans un pénitencier de l’Oklahoma, Tom Joad s’apprête à rejoindre la ferme familiale. Les États-Unis connaissent alors une crise économique majeure pendant laquelle les banques s’approprient les terres des paysans endettés - sinistre pratique d’actualité avec la crise des subprimes. Comme tant d’autres, le clan Joad prend la route de la Californie, cette terre promise pour tous les délaissés de l’Amérique. Les raisins de la colère, tiré du roman de John Steinbeck, est un chef-d’œuvre d’humanisme.

Ce film aux valeurs universelles n’est pas le simple témoignage d’une crise économique : il témoigne avec force de la capacité chômeurs et précaires du cinéma américain de fiction à porter à l’écran l’image de la réalité sociale d’alors. Un des « films cultes » des ciné-clubs de Peuple et Culture projeté dans la campagne et les usinesde Corrèze et qui prend place aujourd’hui dans le programme de la décade pour le 60e anniversaire de l’association.

Monsieur Cok
Franck Dion
France, 2008, 10 min

Monsieur Cok est le propriétaire d’une grande usine de fabrication d’obus. Sa passion pour le rendement et son goût du profit le conduisent à remplacer ses employés par des automates très perfectionnés. Résignés, les anciens ouvriers assistent impuissants au labeur de leurs remplaçants mécaniques. Mais cela ne va pas sans susciter la colère de l’un d’entre eux. Lorsqu’un court métrage d’animation en dit beaucoup sur le travail…

 


 

 

Samedi 7 mai, 15h
TULLE, salle Latreille

En présence de Bruno Muel, réalisateur, et de Bernard Nicolas, réalisateur.

France Télécom, malade à en mourir
Bernard Nicolas
France, 2010, 54 min

En 2000, France Télécom est racheté par l’opérateur anglais Orange. Il est prévu de faire partir 22000 personnes entre 2004 et 2007. Se met en place alors une panoplie de méthodes qui poussent des dizaines d’employés à la dépression et au suicide : mutations arbitraires, congés de maladies forcés, placardisations, humiliations, obligation de vendre n’importe quoi à n’importe quel prix à l’usager devenu client. Ces pratiques, hélas, ne concernent pas seulement France Télécom, La Poste connaît elle aussi son lot de suicides. Ne pas accepter, témoigner, s’organiser : il nous a semblé urgent de donner à voir cette réalité qui signe aussi la transformation de services publics en entreprises vouées exclusivement au profit, qui font mourir les hommes et les femmes, pour réfléchir ensemble

 

Avec le sang des autres,
Groupe Medvedkine de Sochaux, Bruno Muel
France, 1974, 52 min

Dernier film des groupes Medvedkine réalisé par Bruno Muel :
une descente aux enfers. Son direct et image simple, assourdissante image. C’est là l’essentiel de l’empire Peugeot, l’exploitation à outrance du travail humain. Dehors : magasins, supermarchés, bus, distractions, vacances, logement, la ville elle-même. Un horizon : Peugeot.

« Ce film est un des meilleurs documentaires sur le monde ouvrier de ces années-là. Mais il n’a pas l’esprit de Week-end à Sochaux. Ces films, je crois que je les aime autant l’un que l’autre. Le premier avec la bande de copains, c’est la découverte et l’autre, c’est l’aboutissement : quand tu es juste capable de gueuler sur les mauvaises conditions de travail et qu’intellectuellement tu t’en sors mal ».
Christian Corouge, ouvrier, protagoniste du film.

La mort du rat
Pascal Aubier
France, 1973, 4 min

Un ouvrier enchaîné à la cadence infernale de son travail finit par être complètement débordé et finit par bloquer l’horrible machine. Le contremaître lui aboie dans les oreilles qu’il sera puni. En rentrant chez lui, l’ouvrier ne dit bonsoir ni à sa femme ni à son fils.

 

Samedi 7 mai, 20h00
TULLE, cinéma Le Palace,

Rendez-vous des quais, Paul Carpita et Carte blanche au CNC :
Ces gens du nord, René Lucot. En présence de Béatrice de Pastre, directrice des collections des archives françaises du film.

Le Rendez-vous des quais
Paul Carpita
France, 1954, 75 min

Dans le Marseille des années cinquante, sur fond de guerre d’Indochine, l’histoire d’un jeune couple confronté aux difficultés économiques et à la crise sociale qui secoue le port. Sur les quais, on embarque des canons et des chars ; on décharge aussi les blessés et les cercueils venant d’Indochine. Des grèves éclatent, durement réprimées par la police. « Nous plantons notre caméra au cœur même de parmi les dockers en colère, racontait Paul Carpita. Caméra légère, souvent à l’épaule, décors naturels, comédiens non professionnels, dont certains jouent leur propre rôle. Scénario modifié au rythme de la vie réelle. Après plus d’un an de tournage dans des conditions très difficiles, notre film est enfin terminé. Nous décidons d’organiser, dans un cinéma des Quartiers-Nord, une séance spéciale réservée aux dockers et à leur famille et à tous ceux qui nous ont aidés à mener à bien cette extraordinaire entreprise. La fête tourne court. Des camions de CRS prennent position devant l’entrée du cinéma. Accompagnées d’un huissier de justice et d’un commissaire de police, les forces de l’ordre font irruption dans la salle archi-comble. Les bobines sont aussitôt saisies : Le Rendez-vous des quais vient, à Paris d’être totalement interdit par la censure. » Il le sera pendant plus de 35 ans…

Ces gens du nord
René Lucot
France, 1951, 17 min

Portrait d’une région marquée par la présence de l’industrie et du travail des hommes, pécheurs, mineurs, sidérurgistes.

Le film a été sélectionné au festival de Cannes, en 1952 et appartient aux collections des Archives françaises du film du CNC. Il sera présenté par Béatrice de Pastre, directrice des collections des Archives françaises du film.

 

Samedi 7 mai, 22h15
TULLE, cinéma Le Palace
En présence de Jean-Pierre Burdin, qui milite aujourd’hui auprès de différentes organisations et d’associations pour de nouvelles rencontres « arts-travails ».

Bread and roses
Ken Loach
Royaume-Uni, 2000, 112 min

Bread and roses décrit le combat de travailleurs latino fraîchement immigrés à Los Angeles, devenus gens de ménage dans une multinationale. Lorsque les grévistes sont arrêtés par la police américaine, ils déclinent leurs noms : Emiliano Zapata, Pancho Villa et s’amusent de l’ignorance de leurs gardiens. Souvent, dans les films de Ken Loach, les personnages qui incarnent le mieux l’esprit de révolte sont des femmes.

  

Il se passe quelque chose aux Nouvelles Galeries de Saint-Étienne
André Picon
France, 1970, 13 min

Un reportage sur la grève des employés du grand magasin Les Nouvelles Galeries en octobre 1970 à Saint-Etienne à travers des interviews, des articles de journaux et des photographies.

Dimanche 8 mai, 14h45
TULLE cinéma le Palace,
En présence de Daniel Ellezam, directeur de la collection Films en classe du CNDP, responsable de la prospection du dépôt légal des films à la Bibliothèque nationale de France.

We want sex equality
Nigel Cole
Royaume-Uni, 2010, 113 min

En 1968, 183 ouvrières des usines Ford de la banlieue de Londres bravent leur patron pour obtenir le même salaire que leurs collègues masculins. En arrêtant leur travail, elles stoppent l’ensemble de la chaîne de production de l’usine, s’attirent les foudres des ouvriers et… de quelques représentants syndicaux. Depuis les origines de l’histoire du mouvement ouvrier, la lutte des femmes pour l’égalité des droits est un long chemin souvent à recommencer. C’est ce que ce film, Prix du public au Festival du film britannique de Dinard en 2010, démontre avec brio et humour.

 


 

Dimanche 8 mai, 17h00
TULLE, cinéma Le Palace,
La classe ouvrière va au paradis
Elio Petri
Italie, 1971, 125 min

En parlant de son film, Elio Petri disait : Mon but est de semer non des certitudes mais le doute. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a très bien réussi ! Massa, ouvrier modèle, travaille à une telle cadence qu’il se fait détester par ses camarades. La machine s’emballe, il perd un doigt dans l’engrenage et met autant d’énergie à résister aux cadences imposées qu’il en avait mis à s’y conformer. Tourne a un rythme haletant, ce film met en scène tous les protagonistes impliques dans les luttes sociales de l’Italie d’après 1968 - les syndicalistes, les étudiants, les ingénieurs en blouses blanches - dans une entreprise automobile qui pourrait être la FIAT.

 

Dimanche 8 mai, 21h00
cinéma Le Palace, tulle
En présence de Philippe Corcuff, scénariste du film (sous réserve)

Nadia et les hippopotames
Dominique Cabrera
France, 1999, 100 min

Décembre 1995. La France entière est en grève contre le plan Juppé, pour la défense des retraites et de la Sécurité sociale. Une jeune femme, Nadia, vit du RMI et élève seule son fils Christopher depuis six mois. Un jour, elle croit reconnaître le père de l’enfant dans un reportage télévisé sur les cheminots grévistes, tourné à la gare d’Austerlitz. Elle décide de partir à sa recherche…

« Cela me plaisait d’avoir l’occasion de faire un film politique, d’employer des mots politiques à l’écran, explique Dominique Cabrera. […] Je voulais faire sentir comment la vie privée, la vie sentimentale, les baisers, les amours, sont traversés par des idées ; et puis, comment les idées aussi proviennent de l’histoire vivante, de ce qui s’est passé la nuit d’avant… Le film montre comment on cherche à inventer un « tous ensemble » où il soit possible de rester des sujets. »

 




Walter, retour en Résistance de Gilles Perret (2009-84’)
vendredi 13 mai - 20h30 - salle des fêtes - Aix

En mars 1944, le Conseil National de la Résistance regroupant toutes les organisations de la Résistance, allant des gaullistes aux communistes, adoptait dans la clandestinité un programme comportant deux parties :
Partie 1 : comment se libérer de l’occupant et du parti collaborateur de Vichy ?
Partie 2 : Quel programme politique appliquer après la libération ?
Ce dernier sera mis en œuvre dès 1945 et donnera naissance à la sécurité sociale, au système de retraite par répartition, à la nationalisation des secteurs vitaux de l’économie, à la liberté de la presse et à bien d’autres réformes encore.
Walter Bassan a fait partie de la Résistance dès l’âge de 17 ans à Annecy, et a été déporté à Dachau. Aujourd’hui âgé de 85 ans il continue son long combat : d’écoles en manifestations, de discours engagés en témoignages de la guerre… Un combat fait de petites batailles, contre toutes les formes de démagogies, d’injustices et d’oppressions. Walter agit en écoutant son cœur. « Je n’ai pas changé », comme il se plait à rappeler.
Partageant ces mêmes « raisons du cœur », Gilles Perret réalise ici un portrait vivant de cet homme calme et insurgé. Nous sommes invités à les suivre en passant du Plateau des Glières à Dachau, à faire des retours en arrière pour mieux comprendre l’Histoire, à partager leurs inquiétudes face à un monde où l’inégalité et l’injustice gagnent sans cesse du terrain, à poser les questions qui fâchent...
Sans prétention, et avec la même simplicité et constance que Walter, ce documentaire révèle l’actualité, l’importance, et la nécessité, d’une résistance au quotidien.
Le réalisateur
Réalisateur de documentaire pour la télévision puis pour le cinéma (Ma mondialisation, Walter, retour en résistance), Gilles Perret s’est fait une spécialité du « globcal », abordant des questions de politique ou d’économie générale à travers la description d’un territoire cher à son coeur : la Haute-Savoie. Collaborateur régulier du magazine documentaire de France 3 «Chroniques d’en haut», il filme depuis 1999 ses voisins de vallée abordant les questions économiques autant qu’écologiques pour mieux traiter de la réalité du monde politique et économique mondiale…


La terre des âmes errantes de Rithy Panh (1999-100’)
vendredi 20 mai - 20h30 - salle polyvalente - St-Jal

Les analystes prévoient que d’ici 10 ou 20 ans le centre de l’économie basculera en Asie et considèrent la crise actuelle comme une sorte de “maladie d’adolescence”. Les pays de l’Asie du Sud-Est rêvent de stabilité politique et d’une autoroute de l’information qui ouvrirait la région aux nouveaux marchés économiques. Après des décennies de guerres, l’Asie du Sud-Est s’apprête donc à entrer dans le nouveau millénaire avec Ie moyen de communication le plus moderne.
En 1999, les travaux de pose du premier câble de fibres optiques ont traversé le Cambodge. Cette “autoroute de l’information”, dont le but est l’intégration dans l’économie mondiale, doit rejoindre celle qui part d’Europe et, suivant la Route de la Soie, relier la Chine. Ces travaux impliquent le creusement d’une tranchée d’un mètre de profondeur de la frontière thaïlandaise à la frontière vietnamienne, pour y enfouir le câble à peine plus gros que le pouce. C’est là l’occasion pour de nombreux Cambodgiens (paysans pauvres, soldats démobilisés, familles sans ressources) de trouver du travail. La tranchée rencontre les mines et la présence obsédante des millions de morts dont les âmes « errent », harcelant les survivants, faute de sépultures. Tout au long de son creusement à la pioche, à la houe, à la main, elle met en scène l’angoisse de pouvoir continuer à travailler tout en subissant quotidiennement la violence économique.
Mais qui dispose et jouit de l’information circulant dans ce câble ? Qui aura le droit d’accès ? Y aura-t-il un échange culturel ou encore un transfert de technologie vers cette région du monde ?
Le réalisateur, Rithy Panh, avec son équipe cambodgienne, a suivi la progression du chantier, s’attachant à quelques personnages centraux qui symbolisent les difficultés et les contradictions que doit surmonter ce pays, dans la nécessité de survivre et la volonté de renouer avec une culture ancestrale laminée, elle aussi, par les années de guerre.
Le réalisateur
Rithy Panh échappe aux camps de la mort des Khmers Rouges alors qu’il n’a que 15 ans. Après avoir étudié en France à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC) dans les années 80, il signe son premier documentaire, Site 2, centré sur les camps de réfugiés cambodgiens, en 1989. Rithy Panh n’aura dès lors de cesse de montrer la tragédie de son pays à travers des documentaires comme La Terre des âmes errantes (1999) ou des longs métrages de fictions tels Les Gens de la rizière et Un soir après la guerre (1998).
En 2003 il réalise S21, la machine khmère rouge, dans lequel il filme la rencontre entre les victimes et les bourreaux du génocide cambodgien. Les Artistes du théâtre brûlé, en 2005, évoque l’idée que l’artiste n’a plus sa place ni la parole dans la société cambodgienne contemporaine. Après avoir filmé le quotidien tragique de prostituées dans le documentaire Le Papier ne peut pas envelopper la braise, il dirige Isabelle Huppert et Gaspard Ulliel en 2009 dans le drame Un barrage contre le Pacifique, adapté du roman de Marguerite Duras.


L’an prochain la Révolution de Frédéric Goldbronn (2010-71’)
vendredi 27 mai - 20h30 - Médiathèque intercommunale - Tulle
En présence de Frédéric Goldbronn et Maurice Rajsfus

«L’An prochain la révolution», c’est le cri d’espérance des prolétaires du Yiddishland de la première moitié du XXe siècle, un rêve qui s’achève dans le cauchemar des camps d’extermination. L’histoire de Maurice Rajsfus s’inscrit au cœur de cette tragédie. Venus en France pour y trouver refuge, ses parents seront arrêtés le 16 juillet 1942 par la police française et conduits à Drancy avant d’être assassinés à Auschwitz. Comment se construire sur ce néant ? Pour Maurice, la réponse fut l’écriture et l’engagement politique, la fidélité aux idéaux de ses parents.
Comme en écho, l’histoire de Maurice interroge celle du réalisateur. Ils ont les mêmes origines et, avec l’écart d’une génération, ils ont habité les mêmes lieux et partagé les mêmes engagements. Mais à la différence de Maurice, le réalisateur ne sait rien ou presque de sa propre histoire familiale, qui ne lui a pas été transmise.
Maurice Rajsfus a été « Jeune communiste » à 16 ans, exclu à 18 pour « hitléro-trotskisme », militant de la IVe Internationale avant 1950, puis du groupe Socialisme ou Barbarie avec Lefort et Castoriadis, mobilisant le mouvement des Auberges de jeunesse contre la guerre d’Algérie dès 1955 et président de Ras l’Front de 1991 à 1999.
En avril 1993, le jeune Makomé M’Bowolé est tué d’« une balle dans la tête à bout touchant alors qu’il était interrogé, menotté, au commissariat des Grandes Carrières ». Un an après Maurice Rajsfus cofonde l’Observatoire des libertés publiques, qui relève dans son bulletin mensuel Que fait la police ? ce qui constitue des bavures policières.
Bibliographie sélective : Palestine, chronique des événements courants, 1988/1989 (1990), La police de Vichy, Les forces de l’ordre françaises au service de la Gestapo 1940-1944 (1995), La police hors la loi, Des milliers de bavures sans ordonnances depuis 1968 (1996), Mai 68. Sous les pavés, la répression (1998), L’intelligence du barbare (2010)…
Frédéric Goldbronn a réalisé Diego en 2001, documentaire pour lequel Diego Camacho, l’un des derniers témoins de la guerre civile espagnole, revient sur ces évènements à travers une sélection de photos. En 2002 c’est à la Maternité d’Elne qu’il s’intéresse, une maternité pour les enfants victimes de la guerre, qui leur permettra de survivre loin des camps.




atelier theâtre
présentation du travail de l’atelier accompagné
par le Bottom Théâtre
lundi 30 mai - 18h30 - école Turgot - Tulle

rendez-vous dans la cour des locaux associatifs, auberge espagnole prévue après la représentation.
L’atelier théâtre se définit cette année comme un laboratoire, un espace permettant aux amateurs et apprentis de se confronter à de grands et beaux textes classiques ou contemporains, français ou étrangers.
Chacun s’est vu proposer une scène, un extrait, un monologue et à pu faire ses tentatives, découvrir une écriture, une façon d’aborder l’art du théâtre .
Pour le Bottom, c’est l’occasion de transmettre et de faire partager une démarche artistique.
Shakespeare, Siméon, Anouilh, Tchekhov, Wajdi Mouawad, E. Darley, M. A. Pereira, Koltes, Minyana sont les premiers invités de cette restitution. D’autres suivront...
Avec Pierre Daniel, Grégoire Durif, laure Nonique Desvergnes, Claudine Leguen, Gaetan Murat, Olivia Huddelston Boatman, Sophie Prodel, Romane Ponty Bésanger, David Terrier , Sylvestre Nonique Desvergnes,Clement Pichot.




et aussi
«Connaissance de la Résistance»
samedi 21 - de 9h30 à 17h - salle du conseil municipal - Lagraulière
Journée d’étude départementale ANACR-Corrèze.

L’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (ANACR) organise depuis 4 ans, des journées d’études destinées à approfondir les connaissances historiques de ses Amis sur les différents aspects de la Résistance, au plan national comme au plan local, les textes fondateurs du Conseil National de la Résistance (CNR) et du Général de Gaulle.
En 2010 à Neuvic, cette journée a été consacrée à la Résistance en Haute-Corrèze et aux acquis du programme du CNR, grignotés aujourd’hui par des lois et des pratiques remettant en cause la démocratie, la solidarité, la paix sociale, la paix tout court, si chèrement acquises par les Résistants.
En 2011, face au négationnisme , marqué dans notre région ces dernières années par des procès retentissants aux verdicts bien décevants pour des vices de forme, nous souhaitons rappeler à nos Amis et aux personnes qui auraient pu être troublées ou avoir des doutes, la vérité historique sur les deux plus importants crimes de guerre commis en France par les SS de la Division Das Reich à Tulle le 9 juin 1944 et à Oradour sur Glane le 10 juin.
Pour cela , nous avons fait appel à :
- Richard Jezierski, Directeur du Centre de la Mémoire d’Oradour (CMO),
- Pascal Plas, historien du CMO , correspondant, à l’université de Limoges de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP).
Tous deux interviendront en matinée.
Et l’après-midi, à :
- Bruno Kartheuser pour ses travaux (salués par des historiens nationaux) sur le drame de Tulle,
- Peuple et Culture Corrèze pour le film de Jean Pradinas « La mémoire des vivants »,
- Jacques Varin, Secrétaire Général national de l’ANACR, pour évoquer une revendication de l’ANACR sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre.

PEC assurera l’enregistrement des interventions afin de les conserver en archives et de pouvoir ensuite les diffuser largement, en particulier chez les scolaires, pour faire échec aux négationnistes et autres falsificateurs de l’Histoire.

Un repas rapide est prévu à midi au restaurant de l’Union, pour les participants, au prix de 13 Euros. Pour s’y inscrire, envoyer un chèque (nombre de personnes x 13 E) à l’ordre de : « ANACR - Saint-Mexant, Comité intercommunal » , adressé à Sylvie Maugein-Goudour, Chaumeil , 19700, Saint-Clément, pour le 14 mai au plus tard. Tél. 06 32 08 32 60, possibilité de laisser un message.


Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch
de Anne Linsel, Rainer Hoffmann (2010-89’)
vendredi 13 - 18h - théâtre des 7 Collines - Tulle

En 2008, Pina Bausch, quelques mois avant sa mort, décide de reprendre son fameux spectacle Kontakthof, non plus avec sa troupe, mais avec des adolescents de 14 à 18 ans qui ne sont jamais montés sur scène et n’ont jamais dansé.
Pendant presque un an, quarante adolescents issus de plusieurs écoles de Wuppertal travaillent sur la pièce de Pina Bausch sous la direction de deux danseuses - Jo Ann Endicott et Bénédicte Billiet - avec les précieux conseils de la chorégraphe qui assistait régulièrement aux répétitions. Anne Linsel et Rainer Hoffmann ont accompagné les répétitions des jeunes danseurs jusqu’à la première en novembre 2008. Bien plus qu’un aperçu de leur travail de répétition, leur film suit l’évolution des jeunes danseurs, de leurs premières tentatives maladroites et hésitantes jusqu’à l’aboutissement d’une chorégraphie parfaite.

 


 

rendez-vous d'avril 2011

Rien à perdre de Jean-Henri Meunier (2009-78’)
mardi 5 - 20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence de Fakir, protagoniste du film

« Ce film est d’abord né d’une rencontre forte et fortuite, dans une rue toulousaine, avec un homme errant « aux semelles de vent », un vagabond gouailleur et lumineux : Phil le Fakir, clown et SDF de son état, lancé alors dans une grève de la faim contre le harcèlement de la Police Municipale et pour le combat quotidien des Enfants de don Quichotte Toulousains.
C’était le jour de son anniversaire, il était joyeux et criait qu’il était né le même jour que la mort d’Edith Piaf, dans le même hôpital…
Je savais désormais que ce film serait le portrait d’obscurs flamboyants, d’errants majestueux, de perdants généreux, de déclassés à la classe humaine sans pareille, de figures de l’ombre mises en lumière… Ce film raconte leur vie des hauts et bas, leur combat pour avoir un toit... » Jean Henri Meunier
Le réalisateur
Photographe, Jean-Henri Meunier réalise son premier film en 1975 (L’Adieu Nu) grâce à l’amitié d’Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque Française.
En 1976, il enchaîne avec Aurais dû faire gaffe le choc est terrible. La Bande du Rex avec Jacques Higelin sort en 1980. Ensuite, il produit Pochette surprise, le 1er album de Charlélie Couture sur Island Records.
A la fin des années 80, la rencontre avec l’outil vidéo et avec Maurice Cullaz, ami de toute la planète jazz, lui permet de concilier ses deux passions : le cinéma et la musique, en réalisant des documentaires musicaux : Smoothie, pour et avec Maurice Cullaz, tourné de 1988 à 1992, Tout partout partager avec Ray Lema, L. Subramaniam, un violon au coeur.
Son long métrage documentaire, La Vie comme elle va est sorti en salles en mars 2004 et s’est vu décerner le Grand Prix Scam du meilleur documentaire de création de l’année 2004.
Ici Najac, A vous la terre a été sélectionné en Séance Spéciale, Hors-Compétition au Festival de Cannes 2006.

 

 


Bernard, ni dieu ni chaussettes de Pascal Boucher (2010-84’)
vendredi 8 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler Mascheix

Sur les bords de Loire, Bernard Gainier continue bon gré mal gré à cultiver sa vigne et à partager son vin entre amis au « Bureau », sa cave. À 73 ans, il a toujours vécu seul et reste fidèle à un mode de vie rural qu’il a toujours connu. Bernard est un gardien de la mémoire. Celle du poète local Gaston Couté, héritier de François Villon, qui connut son heure de gloire dans le Montmartre de la Belle Époque. Les deux hommes, qu’un siècle sépare, ont en commun des idées libertaires et la volonté de témoigner de la condition paysanne des plus humbles. Depuis 25 ans, Bernard écume les salles des fêtes de la région pour faire entendre les textes du poète écrits dans sa « langue maternelle », le patois beauceron. En 2009, il a enregistré son premier CD en solo, une consécration qui le laisse de marbre… « J’chu d’abord un pésan ».
Gaston Couté et Bernard Gainier
En 2011, cela fera un siècle que Gaston Couté a retrouvé sa terre natale des bords de Loire. Emporté par la Fée verte (l’absinthe) et la tuberculose, il n’avait pas 31 ans. Étoile filante dans la nuit montmartroise, son succès dans les cabarets aura duré quelques années. Son personnage de poète-paysan qui dit des monologues en patois a trouvé un écho favorable auprès du public des cabarets artistiques. Mais à partir de 1905 le vent tourne. La France amorce un net tournant idéologique vers des valeurs conservatrices et militaristes. Les portes des cabarets se ferment. Pas question pour lui de renoncer à afficher ses opinions pacifistes et ses idées révolutionnaires. Comme Villon et plus tard Brassens, il perpétuera la tradition médiévale de la chanson de gueux. Ce gueux mendiant, truand ou artiste, pour qui la pauvreté a les traits de l’injustice mais où le fatalisme fait place à la révolte… ou ce gueux vagabond, cheminant au hasard de la vie, libre et jouisseur des plaisirs simples et naturels. Gaston a grandi au Moulin de Clan où son père était meunier. Bernard est un voisin. Il a toujours vécu dans la ferme familiale à deux cents mètres du moulin. Couté, il l’a toujours entendu, il l’a toujours dit. Puis un jour on lui a demandé de dire en public « Le Christ en boué », « Le Gâs qu’à pardu l’esprit »... C’était il y a 25 ans.
Bernard est une vedette à sa manière, l’oeuvre et la gloire posthume de Couté lui ont permis d’affirmer sa singularité, de jouer les provocateurs mais toujours avec humour et sans se prendre au sérieux. L’essentiel est de faire entendre cette poésie qui nous parle d’un temps où la vie était plus rude mais où les lendemains chantaient encore…
Le réalisateur
Cameraman, réalisateur et co-fondateur de la coopérative audiovisuelle « Les Mutins de Pangée », Pascal Boucher a longtemps réalisé des reportages scientifiques pour la télévision et la Cité des sciences. Docu-voyageur il collabore pour Handicap International en Inde et au Népal. Il sillone la cordillère des Andes où il tourne un documentaire sur les batailles rituelles chez les Indiens Kanas du Pérou, s’interrogeant sur le monde paysan des hauts plateaux : comment résister à une mondialisation synonyme d’uniformisation, de perte des singularités, des identités ? Il participe également à l’aventure des média libres sur Zaléa TV et coréalise le documentaire Désentubages cathodiques. Il est formateur audiovisuel pour le CIFAP (Formation des professionnels de l’audiovisuel, du cinéma, de la musique, du spectacle vivant, du web & de la communication).


Au nom du père, de tous, du ciel
de Marie-Violaine Brincard (2010-52’)
jeudi 14 - 20h30 - salle Latreille - Tulle
avec les Rencontres africaines
D’avril à juillet 1994 au Rwanda, quelques Hutus résistent à la terreur génocidaire et décident d’accueillir et de sauver des Tutsis. Quinze ans plus tard, malgré des tentatives symboliques de reconnaissance, ils peinent à trouver leur place dans la société rwandaise. Aussi est-il plus que jamais nécessaire de rappeler que, face au danger, des êtres savent prendre le risque du sacrifice, par fidélité à leurs valeurs.
Joseph, Joséphine, Léonard, Augustin et Marguerite racontent comment, au péril de leur vie, ils ont caché des tutsi et les ont aidés à s’enfuir. Si le titre évoque les raisons données (éducation, intérêt général, foi) c’est pour mieux rappeler combien il leur était naturel d’aller  à l’encontre de la folie collective. Leurs paroles résonnent dans les lieux où ils ont résisté, des collines de Nyanza aux rives du lac Kivu, et rendent ainsi sensible l’humanité dont ils ont fait preuve.
« J’ai commencé par passer beaucoup de temps avec les gens que j’ai rencontrés et dans les lieux où je les ai filmés ; c’était indispensable pour questionner leur présent à l’aune de ce qu’ils avaient vécu ; je voulais tenter de comprendre qui ils étaient, comment et où ils vivaient. C’est avant tout un film de parole, d’une parole jusqu’à présent inexistante. […] Leurs voix se prolongent parfois dans les lieux qui les entourent, leurs souvenirs intègrent ainsi la mémoire du Rwanda. » Marie-Violaine Brincard


Collection en mouvement
Paysages
Martine ABALLEA, Anne Bregeaut, Mamadou Cissé, Florent CONTIN – Roux, François Daireaux, Jeremy Laffon, Edouard LEVE…
œuvres des collections de l’Artothèque du Limousin - Faclim

le vendredi 15 avril  2011 à 18 h à l’Ancienne Halle
place Delmas à Argentat, Corrèze
ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 15h à 18h

exposition du 16 au  avril 8 mai 2011


exposition réalisée par l’artothèque du Limousin - facLim et Peuple et Culture, relais artothèque pour la Corrèze
Opération réalisée par l’Artothèque du Limousin – Faclim, en partenariat avec la Communes d’Argentat
Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication/DRAC Limousin. L’Artothèque du Limousin – faclim est financée par la Région Limousin

 

 


 

Et aussi
L’Europe et Tchernobyl de Dominique Gros
(France-2006-59’)
diffusion mardi 26 avril à partir de 20h40 sur ARTE

En avril 1986, le réacteur détruit brûle pendant plus de dix jours. Après être montés à près de 2 000 mètres d’altitude, les gaz radioactifs forment trois nuages qui, poussés par les vents, se dirigent vers la Scandinavie, l’Europe centrale et les Balkans. Même si 70 % des retombées radioactives ont touché la Biélorussie, au nord de Tchernobyl, d’autres régions d’Europe, en Norvège, en Grèce, en Autriche et en France, ont été durablement contaminées.
Des images de synthèse reconstituent l’explosion et la propagation de la radioactivité vers le nord et l’ouest dans les jours qui suivirent l’explosion. Construit comme un voyage transeuropéen sur les traces de ce triple nuage, le film recueille des points de vue parfois divergents quant à ses conséquences. Avec la participation d’associations et d’experts de l’Union européenne, mais aussi de simples citoyens, ce voyage nous conduit aussi dans une zone interdite en Biélorussie, tout près de la centrale (qui se situe, elle, en Ukraine).
Le film montre que la situation n’est pas stabilisée. Environnement, santé et chaîne alimentaire sont affectés pour encore très longtemps et la contamination continue son chemin. En Norvège, par exemple, les populations sami présentent la même concentration de césium radioactif que les voisins immédiats de la centrale. Ils ont été vraisemblablement contaminés par leurs rennes, qui ont eux-mêmes absorbé les radiations contenues dans le lichen. En outre, d’autres facteurs, par exemple un incendie qui ravage les forêts entourant Tchernobyl, pourraient contribuer à lancer dans l’atmosphère un nouveau nuage radioactif.
Recueillis notamment dans les pays les plus contaminés – la Biélorussie, la Norvège et la Grèce –, des témoignages et des analyses scientifiques parfois contradictoires sur les retombées du nuage radioactif rouvrent un débat occulté.

Questions posées à Dominique Gros, auteure réalisatrice de L’ Europe et Tchernobyl
Pourquoi avoir choisi d’apporter une dimension européenne à la Catastrophe de Tchernobyl ?
Lorsque Arte en la personne d’Alex Szalat a su que je m’intéressais à l’après Tchernobyl, je lui ai montré lors de notre premier rendez vous la carte d’Europe réalisée par les différents pays, relevant le taux de césium 137 dix ans après la catastrophe. Cela lui est apparu évident qu’il fallait élargir la question, car comme vous le savez le nuage a beaucoup voyagé…

Etes-vous allée à Tchernobyl même ?
Je suis allée dans différents territoires contaminés en Biélorussie et dans la zone interdite, en Biélorussie, dans un rayon de 20 km, mais non dans la centrale qui se trouve en Ukraine . La population nous a rappelé que les directives au moment de lacatastrophe étaient d’évacuer à plus de 60 km mais tout s’est arrêté à 30 km au maximum. L’Union Soviétique s’est démembrée, trois ans après le drame. De fait, l’ingestion de produits contaminés est courante dans tout le pays car la réglementation semble avoir été levée et le principe de dilution avec des produits sains est la seule manière de faire baisser les risques et de reprendre les ventes et les exportations.

Votre film date de 2006, en 2011, que pouvez faire comme constat ?
Il semble qu’en France particulièrement, on soit incapable d’aborder sereinement la question du nucléaire. Peut être que le nucléaire est entaché d’un péché originel qui est celui de la défense militaire ? Je regrette que l’Europe et les associations n’aient pas pu exiger une véritable séparation entre l’OMS et l’AIEA. Il y a conflit d’intérêts et toutes recherches médicales indépendantes sur le terrain sont l’objet de mépris quand ce n’est pas de censure. Enfin, nombreux sont ceux qui veulent comparer un accident nucléaire à un accident chimique. C’est totalement absurde. Il s’agit dans un cas d’un accident meurtrier certes mais qui n’entache pas le futur de la vie sur terre. Les égyptiens nous ont donné des Pyramides sublimes, de quoi méditer sur le beauté de la vie, de la mort et d’une possible éternité. Nous ne serions donc capables que d’offrir nos poubelles radioactives à nos descendants ? Car chaque centrale nucléaire est une poubelle en devenir et ce en quelques décennies. Soyons sérieux. Je suis d’ailleurs personnellement encore plus inquiète de la prolifération du nucléaire civil que du nucléaire militaire.

le 26 avril prochain, à l’occasion du 25e anniversaire de l’accident de Tchernobyl, ARTE propose une programmation spéciale à partir de 20h40
THEMA : Tchernobyl, l’histoire sans fin
Deux documentaires pour interroger la mémoire de Tchernobyl et questionner son avenir :
Tchernobyl forever, un documentaire d’Alain de Halleux (2011 - 56mn), l’aborde par le prisme de la jeunesse en Ukraine, qui se dénomme elle-même « génération Tchernobyl »
et L’Europe et Tchernobyl, de Dominique Gros (2006 - 59mn),


 

 

 

 

PEC Corrèze a 60 ans
jeudi 17 mars- 19h - salle Marie Laurent - Tulle
19h : moment de chanson avec l’atelier chant traditionnel
19h30 : casse-croûte sur le mode auberge espagnole (chacun amène à manger ou à boire)
20h30 : projection du film peuple et culture : Indépendant mais pas neutre (2011- 92’)

Réalisé a partir d’une série d’entretiens de Manée Teyssandier avec Roger Eymard, fondateur de Peuple et Culture, ce film retrace les trente premières années du mouvement corrézien et le replace dans le contexte historique de l’époque.

Il y aura exactement 60 ans ce mois-ci, le 17 mars 1951, quelques jeunes gens, Roger Eymard, Odette Eymard, Jean Tamain (dit ‘‘le Bison’’), Claude Séguy (dite ‘‘Reine’’), Paul Gasnet, Francis Bretagnolle, Louis Tournarie, fondent l’association Peuple et Culture Corrèze, tout juste 6 ans à peine après la naissance du mouvement national pendant la Résistance dans les maquis du Vercors. Ils deviendront avec d’autres et pour longtemps des ‘‘colporteurs d’utopies’’, ouvrant maints chemins et organisant aussitôt en lien avec les fondateurs de Peuple et Culture - notamment Bénigno Cacérès et Joffre Dumazedier - cinés club, veillées-lecture, récitals de poésie, voyages d’études, accueil des grandes troupes de la décentralisation théâtrale, séjours au festival d’Avignon…
Avec ce 60ème anniversaire, il ne s’agit pas pour nous aujourd’hui de célébrer le passé en cultivant une quelconque nostalgie mais de chercher les fils qui font sens entre passé et présent, qui continuent, dans une grande fidélité, à nourrir notre pensée, notre sensibilité et donnent la capacité de vivre sans subir, avec lucidité, conscience et espoir. Et avec un désir renouvelé comme l’écrit François Maspero, empruntant cette phrase à Miguel Benasayag « plutôt que de regarder, de dire ça me regarde ».
D’autres initiatives suivront tout au long de l’année 2011. Pendant la Décade Cinéma et Société, Ouvriers, ouvrières la classe ! deux films cultes de Peuple et Culture au temps de ses cinés clubs dans la campagne et les usines de Corrèze seront projetés : Le sel de la terre de Herbert Biberman (en mars) et Les raisins de la colère de John Ford (en mai). Des droits de questions, lectures, projections seront également organisées...
Manée Teyssandier



cinéma documentaire
Le cran de l’abattu (2003, 113’)
Captation vidéo du spectacle théâtral et musical de Pierre-Etienne Heymann
lundi 7 mars - 20h30 - salle Marie Laurent - Tulle, en présence de P.E.Heymann

Le cran de l’abattu est la chronique de la mort annoncée de la Manufacture d’armes de Tulle. L’auteur et metteur en scène a collecté la parole vivante des anciens de la Manu, les nez noirs, sur plusieurs générations. La pièce se présente comme une visite dans un musée patrimonial, dédié à l’Homo manufacturus, enfermé dans sa cage en tant que dernier exemplaire d’une culture d’atelier pluriséculaire. À travers des anecdotes, Pierre-Etienne Heyman fait revivre la vie de la Manu, sur fond de fraternité ouvrière et de luttes contre la mondialisation.
« L’histoire de la Manufacture d’Armes de Tulle raconte le passage de la société rurale vers une société industrielle idéalisée par les utopies du XIXème siècle. Aujourd’hui, la société paysanne est en voie de disparition et la société industrielle en train d’échapper à sa vocation nourricière et productrice de biens, au profit de jeux financiers d’une efficacité et d’une cruauté inégalées.
Dans Le cran de l’abattu, des voix d’anciens de la Manu racontent avec colère ou dépit, avec lucidité, l’indignation qu’a provoquée chez eux l’exclusion de leur usine. Ils racontent leur trajectoire, leur existence d’hommes solidaires, transmettant et initiant un savoir-faire, une connaissance technologique, d’un haut niveau. Ce monde du travail était soudé par cette culture d’atelier, par le sentiment d’une nécessaire défense de leur statut social, il était pour eux, pour de nombreux hommes, porteur d’une espérance utopique. » Cueco
« Ici on l’appelle encore avec tendresse ‘‘la Manu’’. Une histoire humaine qui, pendant des siècles, a lié dans le même destin tour à tour favorable et défavorable, une ville, une industrie, une communauté. Mais ce pourrait être ailleurs... Métaleurope-Nord à Noyelles Godault dans le Pas de Calais, Matra Automobile à Romorantin dans le Loir et Cher, Moulinex à Alençon, Epéda à Mer dans le Loir et Cher aussi, Péchiney à Auzat dans l’Ariège, Philips au Mans, Bata à Moussey en Moselle. Quelques exemples récents d’entreprises à rayer de la carte parmi beaucoup d’autres. Et rayés en même temps des histoires, des centaines d’hommes et de femmes devenus soudain inutiles, des bâtiments ; au mépris de l’histoire, de savoir-faire, d’identités, du patrimoine industriel... »
Manée Teyssandier



Biquefarre de Georges Rouquier (1983, 90’)
vendredi 25 mars- 20h30 - Salle polyvalente - Sérilhac, avec le foyer culturel

En 1946, Georges Rouquier réalise Farrebique, un film sur la vie quotidienne d’une famille de paysans de Goutrense (Aveyron), qui se déroule au rythme des 4 saisons. En 1983, il arrive à convaincre les personnages qui ont joué leur propre rôle dans Farrebique (amis et cousins du réalisateur) d’interpréter une nouvelle fois une histoire très proche de la leur.
Georges Rouquier nous conduit sur les mêmes lieux 38 ans après. Le monde rural, à grands renforts d’investissement coûteux, a connu de véritables transformations. Acquérir encore et toujours plus de terre est devenu primordial pour rentabiliser les efforts financiers consentis. Justement, Raoul, le propriétaire de Biquefarre, souhaite vendre ses 10 hectars de terre, terrain trop petit pour être viable. Ceux de Farrebique décident alors de se porter acquéreurs… Biquefarre est un film où des personnes réelles, des ‘‘non acteurs’’, expriment leur vie à travers une fiction.
Le réalisateur. Georges Rouquier apprend les métiers de typographe et de linotypiste et trouve son premier emploi dans une imprimerie parisienne en 1925. Il fréquente assidûment les salles obscures et apprécie particulièrement les films de Robert Flaherty. Il s’achète une caméra et commence à filmer au hasard de ses promenades. Il tourne à l’âge de vingt ans son premier court-métrage, Vendanges (1929), aujourd’hui perdu. Son deuxième court-métrage Le Tonnelier (1942) rencontre un certain succès et trace une voie personnelle, où Rouquier exalte des gestes du travail et, au-delà, les traditions et la culture des hommes. C’est Farrebique qui impose le talent hors norme du cinéaste. Ce documentariste aux accents lyriques et poétiques réalise des films de commande, tels que Le Sel de la terre (1950) sur la Camargue ou le portrait d’Arthur Honegger (1954). Lourdes et ses miracles (1954) est une étonnante enquête sur la foi et les marchands du temple. Il réalise aussi des films de fiction : Sang et lumière (1953) et S.O.S. Noronha (1956). Georges Rouquier travaille un temps pour l’Office du film canadien. Acteur, il joue notamment dans Z (1968) de Costa-Gavras et dans L’Amour nu (1981) de Yannick Bellon.
Anne-Marie Laval, membre du foyer culturel de Sérilhac : « Dans les années 60 à Sérilhac, avec l’aide de Peuple et Culture, il y a eu veillées, voyages, cinés clubs, etc. C’était hier... Biquefarre sera-t-il un re-départ? A voir...»



Birlyant, une histoire tchétchène de Helen Doyle (2007, 80’)
jeudi 31 mars - 20h30 - Salle Latreille - Tulle - en présence de Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

« L’artiste tchétchène Birlyant Ramzaeva voit sa vie éclater au moment de la guerre dans son pays. Entourée de ses filles Aset et Tamara, son chant et sa musique sont ses seules armes pour défendre sa culture. Au coeur du drame : la disparition de son mari, le poète et dramaturge Makkal Sabdullaev. Après avoir créé l’agence de presse électronique Chechen Press, Makkal est enlevé par les forces russes le 24 juillet 2000. On ne l’a jamais revu... L’histoire intime et particulière de Birlyant invite à un regard différent sur le conflit tchétchène, les conséquences de la guerre et le destin tragique d’un peuple. Cette femme unique est un peu l’emblème de toutes les femmes qui font face à la guerre et c’est dans cette intimité que j’ai voulu montrer son combat pour son peuple et sa culture » Helen Doyle
La réalisatrice. Scénariste et réalisatrice québécoise, Helen Doyle a participé à la fondation de Vidéo Femmes. Elle signe depuis trois décennies des documentaires sociaux et artistiques. Souvent, elle explore de nouvelles voies de réalisation en mélangeant les genres. Ces dernières années, Helen Doyle a travaillé sur des sujets qui l’ont conduite à Sarajevo et aux frontières de la Tchétchénie. Elle a produit et réalisé Soupirs d’âme, documentaire sur l’abandon et l’adoption des enfants, mais aussi sur la quête d’identité et la réconciliation. Avec la bourse de carrière en cinéma du CALQ (Conseil des Arts et des Lettres du Québec), Helen Doyle poursuivra son travail d’exploration sur l’exil et sur les façons de montrer les lieux de conflits par ceux qu’on appelle les rapporteurs d’images.



lecture
Lecture de textes de Franz Fanon par Marie-Pierre Bésanger et Philippe Ponty du Bottom Théâtre
vendredi 11 mars - 18h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

Surtout connu pour son engagement révolutionnaire, on oublie souvent que Frantz Fanon était avant tout psychiatre. En 1953, après des études à Lyon, il se rend à Blida, en Algérie, où il est nommé médecin-chef à l’hôpital psychiatrique. Il y introduit des méthodes de psychothérapie institutionnelle, qu’il avait découvert auprès de François Tosquelles à l’hôpital de Saint Alban, et qu’il adapte à la culture des patients musulmans algériens. Tout son travail est porté par les conséquences psychologiques de la colonisation, à la fois sur le colonisé et sur le colon, idée qui remonte à son engagement en tant que jeune Martiniquais dans les FFL pendant la Seconde Guerre Mondiale où il a pu expérimenter la discrimination ethnique. De son expérience de noir minoritaire au sein de la société française, il rédige Peau noire, masques blancs en 1952.
Dès 1954, il s’engage au côté de la résistance algérienne en cachant des combattants à l’hôpital de Blida. Il se voit contraint de donner sa démission en 1956 et s’engage pleinement aux côtés du FLN. Il est nommé ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne au Ghana. Pendant cette période il rédige L’An V de la révolution algérienne, qui décrit de l’intérieur les profondes mutations d’une société algérienne en lutte pour sa liberté. Se sachant atteint d’une leucémie, il se retire à Washington pour écrire son dernier ouvrage Les Damnés de la Terre (1961), dans l’urgence, avant la mort.
Les écrits de Fanon restent d’une grande actualité, aussi bien ceux qui ont fondé sa pensée anticolonialiste et révolutionnaire que ceux qui sont liés à ses pratiques alternatives de psychiatrie appuyée sur le courant de la psychotérapie institutionnelle. Cette lecture à haute voix nous donnera certainement le désir de découvrir ou redécouvrir ses ouvrages.



décade Cinéma et Société
du 15 au 20 mars, à Uzerche, Argentat et dans le pays de Tulle

L’idée de cette décade 2011 : montrer des films qui témoignent de l’esprit de solidarité et de résistance, de la combativité pour la conquête des droits et de la dignité. De la France aux États-Unis, en passant par le mouvement des coopératives argentines, Autour du Premier mai et Peuple et Culture entendent bien réaffirmer qu’être ouvrier c’est bien la classe !
Suite à cette première escale à la campagne, la Décade se poursuivra du 4 au 8 mai à la médiathèque intercommunale et au cinéma le Palace à Tulle.

mardi 15 - 20h30 - Cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec Musicas Dreibidas
Le Sel de la terre de Herbert Biberman (1953, 95’) et 2084 de Chris Marker (1984, 10’)
vendredi 18 - 20h30 - Salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale laïque
Mémoires d’immigrés de Yamina Benguigui (1997, 52’) et Les 88, l’art de la grève de Sophie Paviot (2010, 55’)
samedi 19 - 15h - chez Bernard Mullet - Naves
Il était une fois le salariat de Anne Kunvari (2006, 2x52’)
20h30 - au Battements d’ailes - Cornil
L’usine un jour de plus, un jour de moins de Eric Pittard (1998, 85’) et Sortie d’usine d’Auguste et Louis Lumière (1895, 3x5’)
dimanche 20 - 16h - Librairie L’aire libre - Argentat
De la belle ouvrage de Maurice Failevic (1969, 79’) et Le temps des cafés de Grégory Mouret, Marilou Terrien et Yaël Epstein (2010, 26’)

Décade cinéma 2011



scène ouverte
jeudi 17 - 19h - Théâtre des 7 collines - Tulle

Le principe : des artistes, des chanteurs, des poètes, des humoristes ou des rêveurs viennent s’essayer à la scène le temps de quelques morceaux. Un maître de soirée les accueille et vous les présente. Ces scènes sont ouvertes à tous et tous les genres sont représentés. Du punk à la chorale, du conte à la danse en passant par des lectures…, toutes les expressions sont les bienvenues.
Comment participer ?
(pour le prochain rendez-vous le mardi 31 mai à Naves)

• Préparer un set d’un quart d’heure maximum (quelque soit la discipline) et qui puisse être présenté avec des conditions techniques réduites (amplifié mais pas sonorisé, pas de plan de feux.)
• Suite à votre appel, votre participation sera confirmée après notre réunion de préparation.
• Après chaque scène ouverte les participants se retrouvent autour d’un casse-croûte offert.
Pour s’inscrire, contacter Sylvain au 05 55 26 09 50
Organisée par les 7 Collines, Des Lendemains Qui Chantent, la FAL, Peuple et Culture et le CRMT



FEVRIER 2011


L’eau, la terre et le paysan de Christian Rouaud
(2006-52’)
mardi 1er février 2011- 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche

À travers deux générations de paysans sur une ferme des Côtes d’Armor, le film aborde l’épineuse question de la pollution des eaux bretonnes par les excès de l’agriculture industrielle.
étienne, le père, a connu le travail à l’ancienne, les chevaux, le fauchage à la main. Lorsque la modernisation a apporté ses machines et ses produits, en même temps que le confort ménager, il s’y est lancé à corps perdu. Encouragé par les techniciens agricoles, il déversait les engrais, les pesticides et le lisier à grande échelle, sans se poser de questions. Les rendements étaient impressionnants.
Lorsque le fils, Joseph est revenu de l’école d’agriculture, c’est avec un réel plaisir qu’il a continué ce jeu avec la nature, qu’on croyait enfin avoir vaincue. Jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que son voisin, le producteur de moules, se voyait régulièrement interdire la commercialisation de sa pêche.
En suivant le récit de la prise de conscience de Joseph et de sa difficile conversion, le film envisage l’hypothèse d’une autre agriculture, qui trouverait, enfin, un équilibre avec la nature.

Le réalisateur. Né en 1948 à Paris, Christian Rouaud a d’abord été professeur de Lettres, puis responsable de formation audiovisuelle dans l’éducation Nationale. Durant cette période, il a réalisé des films pour le système éducatif et participé à différents projets sociaux et culturels, notamment un circuit interne de télévision à la prison de Fresnes et la création de l’Association « Audiovisuel Pour Tous dans l’Education » (APTE), qu’il a présidée pendant 5 ans. Il est également l’auteur d’un roman, La saldéprof (Editions Syros, 1983).
Filmographie sélective : Paysan et rebelle, un portrait de Bernard Lambert (2002), Dans la Maison Radieuse (2005), LIP, l’imagination au pouvoir (2007)…



Peter Tosh, stepping razor de Nicholas Campbell (1992-100’- Canada)
mercredi 9 février 2011- 20h- salle des Lendemains qui chantent - Tulle

Peter Tosh, de son vrai nom Winston Hubert McIntosh, est l’une des figures les plus respectées du reggae jamaïcain. Et pour cause, fondateur des Wailers avec Bunny Wailer et Bob Marley, il a marqué l’histoire de la musique jamaïcaine à jamais. Il s’est aussi imposé comme une des figures de proue du mouvement rastafari en Jamaïque. N’hésitant pas à interpeller les hommes politiques de l’île pour s’indigner de la pauvreté du peuple, de la répression à l’égard des rastas, de la corruption ou encore pour affirmer la nécessité d’un soulèvement de la population noire. Ce film permet aux amateurs de musique jamaïcaine de se fondre dans l’ambiance des ghettos (les fameux «Trench town») de Kingston et de redécouvrir le personnage de Peter Tosh, un des grands du reggae.
Le film s’appuie sur de nombreuses images tournées en Jamaïque dans les quartiers populaires mais aussi sur les «Red X» tapes de Peter Tosh, sorte d’autobiographie audio enregistrée par le chanteur lui-même avant sa mort tragique en 1987.

Nicholas Campbell, le journaliste réalisateur, revient largement sur le combat de Tosh pour l’émancipation du mouvement rastafari et de la population noire jamaïcaine. Bien évidemment, il ne manque pas de nous livrer les images mythiques du «One Love Peace concert», organisé entre autres par Bob Marley en 1978 à l’occasion du 12ème anniversaire de la visite officielle de Hailé Sélassié Ier en Jamaïque. Les artistes réunis pour l’occasion avaient pour but de célébrer la paix et de mettre fin à la guerre civile qui ravageait le pays. Cet évènement est resté dans les mémoires pour ce moment historique où Bob Marley joignit les mains de Michael Manley et Edward Seaga, les deux opposants politiques de l’époque et responsables en grande partie de la violence dans le pays. A l’occasion de ce concert, Peter Tosh s’était montré très véhément, s’adressant directement depuis la scène aux deux hommes politiques avec violence. Beaucoup pensèrent ensuite que la mort de Tosh était la conséquence directe de ces réprimandes publiques et surmédiatisées lancées aux deux hommes. En effet, Peter Tosh, agitateur publique et polémiste notoire, sera retrouvé mort le 11 septembre 1987, une balle dans la tête. Vérité officielle : Peter Tosh a été abattu par des voleurs qui étaient venus le braquer à son domicile.
A noter : Les voleurs n’avaient rien volé (bizarre) et un seul des trois suspects a été incarcéré. Il clame toujours son innocence plus de 20 ans après les faits.


Frantz Fanon, mémoire d’asile d’Abdenour Zahzah et Bachir Ridouh (2002, 52’)
jeudi 17 février 2011- 20h30 - médiathèque - Tulle

Projeté dans le cadre de l’exposition François Maspero et les paysages humains, ce film évoque avec des images d’archives et des témoignages actuels le parcours de Frantz Fanon, psychiatre et essayiste martiniquais, engagé aux côtés des peuples colonisés et opprimés.

Frantz Fanon est né en 1925 en Martinique. En 1943, à 18 ans, il s’engage dans les Forces Françaises Libres pour combattre le nazisme. A ses amis qui lui disent que cette guerre n’est pas la leur, que les «nègres» n’ont rien à y faire, Frantz Fanon répond « chaque fois que la dignité et la liberté de l’homme sont en question, nous sommes concernés, Blancs, Noirs ou Jaunes, et chaque fois qu’elles seront menacées en quelque lieu que ce soit, je m’engagerai sans retour ». Il découvre très vite à la fois la hiérarchie de l’armée, bâtie sur la couleur de la peau et l’indifférence à l’engagement des siens. Cette expérience, sa déception, nourriront son premier essai Peau noire, masques blancs publié au Seuil en 1951 grâce au soutien de Francis Jeanson.
En 1953, à 28 ans, après ses études de médecin psychiatre, il est nommé médecin chef de l’hôpital de Blida en Algérie dans le contexte de la montée de la révolution algérienne. Formé à l’hôpital de St Alban par François Tosquelles, il s’inscrit d’emblée dans le courant de la psychothérapie institutionnelle.
Il va s’employer à transformer ce bastion de la folie - « où les cris des malades ne doivent pas atteindre les chastes oreilles des bien-pensants » - en appliquant des thérapies basées sur le travail manuel, le sport et l’expression artistique. Des méthodes révolutionnaires pour l’époque, impliquant malades indigènes, jusqu’ici déconsidérés, et personnel hospitalier. Ses idéaux le conduisent très vite à s’engager dans la lutte de libération notament en hébergeant et en soignant des combattants algériens. Contraint de démissionner, il poursuit la lutte en rejoignant le FLN à Tunis. Il publie en 1959, chez Maspero L’an V de la révolution algérienne. Atteint d’une leucémie, il se retire aux USA pour écrire son dernier ouvrage Les damnés de la terre. Il meurt le 6 décembre 1961, à l’âge de 36 ans, quelques mois avant l’indépendance de l’Algérie.

Les réalisateurs. Pas d’école de cinéma en Algérie? Abdenour Zahzah intègre donc la section journalisme/audiovisuel à l’université. Plus de cinéma à Blida? En cinéphile convaincu, il fonde l’association Anwar Cinéma « avec zéro dinar de subvention », et relance en 1998 la salle de cinéma moribonde de sa ville natale. Avec la complicité et le soutien du Directeur de la Cinémathèque d’Alger, la salle de Blida devient la treizième du réseau des cinémathèques d’Algérie et se voit attribuer la mission de conserver tous les courts-métrages, fictions ou documentaires, de moins de 30 minutes. Ce premier jalon posé, reste à atteindre les autres objectifs que s’est fixés l’association, à savoir, produire et réaliser des films «locaux».
Né en 1942 à Bab-El-Oued (Alger), Bachir Ridouh, professeur en psychiatrie, médecin légiste, criminologue, écrivain, est actuellement responsable du service de la psychiatrie légale au CHU Frantz-Fanon de Blida


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droit de questions
La question de l’accaparement des terres. Causes et conséquences, avec José Tissier
vendredi 4 février 2011- 20h30 - salle Latreille bas
José Tissier,
ingénieur agronome, a travaillé depuis toujours et en de nombreux lieux (Corrèze, Nouvelle Calédonie, Afrique du Nord, Afrique Noire) dans le développement agricole et rural. Il est aujourd’hui adjoint au chef de la division du développement agricole et rural de l’AFD (Agence Française de Développement).

 

La «faim» des terres : une conséquence attendue de la crise alimentaire.
A la suite de la crise alimentaire du printemps 2008, la recherche de surfaces agricoles dans les pays en voie de développement anime de plus en plus d’opérateurs privés ou publics disposant d’importantes capacités d’investissement. Certains pays sont obligés de recourir au marché international pour satisfaire leurs besoins alimentaires, dans la mesure où ils ne disposent pas de ressources naturelles en quantité suffisante(terres agricoles ou eau). Pour sécuriser leur approvisionnement, ces pays cherchent maintenant à contrôler l’utilisation de terres agricoles ou la commercialisation des produits dans des pays étrangers. C’est le cas de nombreux pays du Proche-Orient et en particulier de pays producteurs de pétrole (Arabie Saoudite, Pays du Golfe, Iran), c’est le cas également de nombreux pays asiatiques, à commencer par les plus grands d’entre eux (Chine, Inde...) ou les plus développés (Corée du Sud), tous les pays dotés de ressources financières importantes et qui pourraient sous peu exporter leur propre insécurité alimentaire.
Deux phénomènes supplémentaires viennent renchérir cette « faim de terre ». La nouvelle rentabilité des activités agricoles, grâce à des cours mondiaux supérieurs à ce qu’ils ont été pendant les vingt dernières années, attirent maintenant des capitaux privés sous toutes les latitudes et anime les rubriques de la presse destinée aux investisseurs. L’anticipation des changements climatiques conduit certains investisseurs à acheter des terres au Nord de l’hémisphère Nord, terres aujourd’hui incultes mais qui pourraient devenir productives avec l’élévation des températures.
La nouvelle pression foncière sur les pays en développement concerneraient des dizaines voire des centaines de milliers d’hectares. Elle repose sur deux grands a priori, celui de la disponibilité de terres vierges, notamment en Afrique et celui d’une efficacité accrue de l’agrobusiness par rapport à l’agriculture familiale.
Extraits d’un article de José Tissier et Emmanuel Baudran

Conjointement à l’exposé de José Tissier, Philippe Revel, porte parole de la Confédération paysanne 19 et Frédéric Lascaud, membre de la commission foncière de la Confédération paysanne Nationale interviendront brièvement sur la question du foncier en Corrèze.


exposition
François Maspero et les paysages humains
du vendredi 4 février au samedi 26 mars - médiathèque intercommunale - Tulle

A l’occasion du cinquantenaire de la création des éditions Maspero en 2009, la Maison des paysages et la Librairie A plus d’un titre (Lyon) ont conçu une exposition et un livre qui permettent de cheminer en compagnie de François Maspero, libraire, éditeur et aujourd’hui écrivain et traducteur.
Pour beaucoup, les éditions François Maspero furent une véritable boîte à outils, une université pour tous, une porte ouverte sur le monde.

François Maspero est né le 19 janvier 1932. Son enfance est prise dans la tourmente de la Seconde Guerre Mondiale. Son frère, jeune résistant, meurt en combattant, ses parents sont déportés dans les camps nazis. Seule sa mère reviendra, son père mourra au camp de Buchenwald.
À la fin de la guerre François Maspero voyage à travers l’Europe : « J’ai voyagé dès mon adolescence. Dans l’après-guerre immédiate, au sortir de la Résistance dont j’ai été imprégné par mon histoire familiale, il y a eu une tentative poussée de retrouver une forme d’humanisme, après et malgré ce qui s’était passé. Abolir définitivement la haine. Cette recherche d’un nouvel humanisme, je l’ai perçue, entre quinze et vingt ans, chez Sartre, mais aussi Camus ou même, ce qui est plus lointain pour moi aujourd’hui, chez Saint-Exupéry qui disait qu’il fallait jeter des passerelles entre les hommes » (entretien avec Sadek Assaït ).
1955, à vingt-trois ans, François Maspero ouvre sa première librairie « À l’escalier » rue Monsieur-le-Prince dans le 5ème arrondissement de Paris.
1957, ouverture de la librairie « La joie de lire » au 40 de la rue Saint Séverin au coeur du Quartier latin. En même temps, il travaille à la création de la maison d’édition, rejoignant ainsi la grande tradition des libraires-éditeurs.
De 1960 à 1975, les éditions seront le carrefour des divers courants révolutionnaires mondiaux en donnant à connaître, apprendre et juger, plutôt que prêcher l’ultime vérité.
1982, François Maspero quitte l’édition avec l’ambition de : « rendre compte, pour les années de liberté qui me restaient, de paysages humains au plus près de moi et au plus loin, ceux du présent et aussi ceux du passé toujours mêlés pour qui essaye de regarder… Et ne pas m’en tenir là, mais, pour reprendre la formule de Miguel Benasayag “ plutôt que de regarder, dire : ça me regarde ”».

samedi 12 février 2011
15h30 : rencontre avec François Maspero
‘‘ Homme livre - homme libre...’’
animée par Bruno Guichard de la Maison des paysages
17h30 : vernissage de l’exposition en sa présence
20h30 : rencontre avec François Maspero - Librairie L’aire libre - Argentat

à propos du livre François Maspéro et les paysages humains :


En ouvrant un chantier aux mille figures, ce livre nous parle aussi de demain, des espérances qui ne sont pas mortes, contrairement à ce que certains essaient de nous faire croire : il nous faut seulement en chercher les nouvelles formes.
Avec les contributions de :
François Maspero, Julien Hage (historien), Edwy Plenel, Pierre-Jean Balzan (éditeur), Patrick Chamoiseau, Nils Andersson, Abdenour Zahzah (cinéaste algérien), Klavdij Sluban (photographe), Michel Piccoli, Fanchita Gonzalez Batlle, Jean-Yves Potel, Jean-Philippe Bernigaud, Christian Baudelot, Alain Martin,Éric Hazan (éditeur) et Thierry Discepolo (éditeur).

 

 

François Maspero et Peuple et Culture
J’ai construit des rayons divers et complets, avec un accès libre, de poésie, de philosophie, de littératures étrangères, d’ouvrages qu’on ne trouvait que dans une ou deux librairies spécialisées, cinéma, théâtre, architecture. S’il y avait militantisme, il ne s’arrêtait pas aux livres défendant une cause, mais à l’ensemble des textes de tous bords sur un problème, réunis dans des listes bibliographiques, dont les premières avaient été faites en liaison avec le mouvement Peuple et Culture. (...)

Continuer à tenter d’être présent au monde sans passer par les livres des autres. Et cela en me retrouvant, à cinquante ans tout ronds, libre et les poches vides. M’exprimer, témoigner, à ma simple mesure. Imperméable à la théorie - ce fut toujours un sujet de plaisanterie (affectueuse) de Louis Althusser et d’irritation (pas toujours affectueuse) de certains de ses disciples - je ne pouvais ni voulais prétendre m’exprimer directement dans le domaine politique. Mais, après tout, j’avais toujours conçu mon métier comme un bricolage, ce bricolage avait été utile, et peut-être pouvais-je le poursuivre, sur des modes différents. Je suis parti à la rencontre des paysages humains - cette «Rencontre des hommes» de mon vieil ami des tout débuts, Benigno Cacérès, compagnon charpentier, docteur ès lettres et l’un des fondateurs de Peuple et Culture - très loin ou à ma porte. En Chine et à Aubervilliers. J’ai écrit des livres et des sortes de reportages, j’ai traduit pour des éditeurs et des journaux, j’ai enregistré pour la radio. (...)
François Maspero - Extraits de Les Abeilles & la guêpe - Editions du Seuil

 


JANVIER 2011 :



Illégal de Olivier Masset-Depasse (2010-fiction-95’)
vendredi 14 janvier 2011 - 21h - cinéma Le Palace - Tulle
En partenariat avec RESF 19, LDH 19 et le cinéma Le Palace

Tania et Ivan, son fils de 13 ans sont Russes et vivent clandestinement en Belgique depuis huit ans. Sans cesse sur le qui-vive, Tania redoute les contrôles de police jusqu’au jour où elle est arrêtée. La mère et le fils sont séparés. Tania est placée dans un centre de rétention. Elle fera tout pour retrouver son fils mais n’échappera pas pour autant aux menaces d’expulsion.
Le réalisateur : Dès ses premiers courts métrages, Chambre froide (2000) et Dans l’ombre (2004), Olivier Masset-Depasse filme des personnages féminins déterminés et prêts à tout pour atteindre leurs buts. Avec ces deux films, Olivier récolte une soixantaine de prix dans les festivals du monde entier. Cages (2006), son premier long-métrage, qui relate une passion amoureuse destructrice, fait le tour des festivals internationaux tels que Toronto ou Rome et remporte un joli succès public en Belgique. Illégal, son deuxième long-métrage, est un thriller psychologique sur fond de critique sociale.



Ecchymoses de Fleur Albert (2008-100’)
vendredi 21 janvier 2011 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix

À travers le travail quotidien d’Annick, infirmière scolaire dans un collège rural, le film est une chronique de l’adolescence dont l’infirmerie est le théâtre unique et privilégié ; une forme de refuge où peut se dire le malaise scolaire, familial ou personnel tout autant que des questionnements cocasses ou graves sur la vie quotidienne, la famille, l’amour, l’école, la société... Personnalité atypique, douce et rebelle, mère de 5 enfants, Annick joue tout à la fois le rôle de soignante et de confidente.
Un film qui permet de mesurer l’importance de la fonction d’écoute dans les établissements scolaires à l’heure où l’existence des personnels qui assurent ce rôle (infirmières, assistants sociaux, psychologues scolaires, conseillers d’orientation psychologues) est de plus en plus menacée.
La réalisatrice : Après des études de lettres modernes et de cinéma, Fleur Albert fait ses débuts auprès du cinéaste Jean-Michel Carré (auteur de nombreux films portant sur la prison, la toxicomanie et la prostitution). Elle est également l’assistante de Jean-Luc Godard sur Éloge de l’Amour. Les figures de la marginalité préoccupent la jeune réalisatrice qui s’intéresse aux formes anciennes de résistance : Clarisse est partie (Artline Films/France 3/2001), Le Silence des rizières (long-métrage documentaire sorti en salles en janvier 2006). Ses films documentaires interrogent les filiations et la mémoire et se structurent à partir des figures de l’absence. Cette quête du destin des «affranchis» se poursuit au présent.



L’Ordre des mots de Cynthia et Mélissa Arra (2007-75’)
lundi 24 janvier 2011- 20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence de Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

L’Ordre des mots donne la parole à des personnes trans et intersexes dont la quête d’identité de genre se trouve entravée par des normes établies. Six récits qui évoquent les parcours, les souffrances, la lutte militante pour sortir des carcans socioculturels et médicaux qui emprisonnent et maintiennent souvent les trans dans des catégories de sous-humanité. Ces hommes et ces femmes rapportent leur affliction vécue d’abord dans la famille puis au niveau social avec l’impossibilité de choisir librement sans passer par le pouvoir médical. Ils font part aussi de leur résistance et de leur recherche d’alternatives en dehors des schémas conventionnels.
Loin du traitement habituel des questions trans, ce film, par le choix de ses portraits, tous acteurs et précurseurs contemporains du mouvement trans et intersexe en France, aborde de front ces questions d’identité de genre en interrogeant non seulement nos normes sociétales trop souvent incontestées mais aussi en analysant la nature de l’oppression et de la répression dont fait l’objet cette communauté.
Les réalisatrices :
Cynthia Arra a suivi une formation de multimédia spécialisée en vidéo et montage à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Elle est diplômée du Conservatoire libre du cinéma français à Paris comme assistante-réalisatrice. Parallèlement à ses projets de réalisation, elle occupe différents postes dans le cinéma en tant qu’assistante décoratrice, coach d’acteurs, monteuse.
Après une formation en arts plastiques et graphiques, et une initiation au 16 mm, Mélissa Arra a étudié seule la vidéo. Elle a été photographe sur des pièces de théâtre et cadreuse pour Solferino un documentaire de Justine Triet sur le Parti Socialiste avant de co-réaliser L’Ordre des mots.


scène ouverte

samedi 29 janvier 2011 - 16h - médiathèque intercommunale - Tulle
Une scène ouverte teintée de jazz, puisqu’elle s’inscrit dans la programmation du festival Du Bleu en hiver1. LA scène ouverte du festival, la scène où se révèlent les surprises de dernière minute.
La prochaine scène ouverte aura lieu le jeudi 17 mars au théâtre des 7 Collines. Musiciens, danseurs, diseurs, acteurs, inventeurs… Cette scène ouverte est conçue pour vous qui voulez aller à la rencontre du public. Une scène ouverte à toutes les expressions, des découvertes et des rendez-vous incontournables qui ponctuent l’année de surprises et de rencontres inédites.
Renseignements et inscription : Sylvain 05 55 26 09 50
1 Pour cette 6ème édition : du concentré de Bleu en Hiver, des concerts pendant 3 jours, du midi au soir, une programmation à l’image du jazz d’aujourd’hui, hybride et polymorphe, métissé d’influences rock, blues, injecté ça et là d’électro…
Le festival est organisé par quatre structures à vocation culturelle : le théâtre des Sept Collines, la Fédération des Associations Laïques de la Corrèze, la salle de concerts Des Lendemains Qui Chantent et le Collectif Maxiphone.
Renseignements : www.myspace.com/dubleuenhivertulle


et aussi

 

Yezemed Yebaed de Leïla Morouche (2009-58’)
mardi 18 - janvier 2011 - 20h30 - théâtre des 7 Collines - Tulle
Projection organisée par le festival du Bleu en hiver

Ce très beau film de Leïla Morouche nous conte la rencontre du Tigre des Platanes, quartet toulousain qui recycle à sa façon les standards de la musique éthiopienne et de Eténèsh Wassié, chanteuse azmari (tout droit venue de Addis Abeba), à la voix phénoménale et éraillée et à l’étonnante capacité d’improvisation.
Le Tigre des Platanes et Eténèsh Wassié seront en concert à la salle des Lendemains qui chantent le samedi 29 janvier.

 



L’Atlantide, une histoire du communisme de Marcel Trillat et Maurice Failevic (France-2010-2x80’)
vendredi 3 janvier 2011- la Boîte en zinc - Chanteix
18h - 1ère partie puis casse-croûte (chacun apporte quelque chose à partager) 20h30 - 2ème partie et débat
En présence de Marcel Trillat et Maurice Failevic

C’est une tentative de décryptage d’une énigme historique, l’expérience communiste : 1917-1991.
Une cause exaltante d’ampleur planétaire qui a mobilisé des millions d’opprimés en révolte et d’hommes et de femmes qui rêvaient d’un monde plus juste et plus solidaire. Une entreprise paradoxale engagée dans des conditions défavorables puis dévoyée par le stalinisme sans cesser malgré tout, pendant trois quarts de siècle, de susciter d’immenses espérances, de nourrir d’innombrables combats pour les plus justes causes. Avant de s’effondrer en quelques années comme un château de cartes.
Qu’en reste t-il aujourd’hui pour ceux qui ont 20 ans et qui pensent à l’avenir en ignorant souvent le passé ? La nécessité de combattre le capitalisme et son cortège de guerres, d’injustices, de misères, de violences qui était sa raison d’être n’est-elle plus d’actualité ?
Les réalisateurs :
Marcel Trillat, né en 1940 à Seyssinet-Pariset (Isère), est un journaliste, réalisateur de films documentaires et auteur français. Il devient journaliste à l’ORTF en 1965 en collaborant au magazine «Cinq colonnes à la Une». Il a également participé à des entreprises collectives militantes : la CREPAC, UNICITE, Radio Lorraine Coeur d’Acier. Il est entré à Antenne 2 en 1981. A été directeur adjoint de l’information d’Antenne 2 en 1986. Administrateur de France Télévisions de 2001 à 2006. Il a réalisé entre autres Etranges étrangers (1970), 300 jours de colère (2002), Les prolos (2002), Silence dans la vallée (2007).
En 1962 Maurice Failevic entre comme assistant réalisateur à la RTF aux côtés d’Henri Spade et de Jacques Krier. En 1967, Eliane Victor pour l’émission «Les femmes aussi» lui confie la réalisation de son premier film sur l’histoire d’une femme médecin à la campagne puis de son second film sur le quotidien de Renée Delanches, institutrice en poste depuis deux ans dans un village de Haute Ardèche (Faire l’école à Conges en Ardèche). Les documentaires qu’il réalisera jusqu’en 1970 lui vaudront de nombreux prix (le prix de la critique, le prix Albert Olivier) et marqueront à jamais sa façon de préparer et de faire des films. Après cette période, il devient réalisateur de fictions pour le cinéma et pour la télévision. Il réalise entre autres De la belle ouvrage (1969), 1788 (1977), Le Jardinier récalcitrant (1983), Jusqu’au bout (2005).


 

PROGRAMMATION PEUPLE ET CULTURE CORREZE 2008 - 2010



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Le calendrier de Peuple et Culture


PEC en 2013

Octobre 2013

mercredi 2 octobre
18h - Vernissage - Galerie du Musée du Pays d’Ussel
Exposition Collection en mouvement réalisé par l’Artothèque du Limousin, FacLim et Peuple et Culture du 3 au 31 octobre


vendredi 4 octobre - 20h30 - Projection du film Secret des champs de Honorine Perino Salle Latreille - Tulle


vendredi 4 octobre
20h30 - Projection du film De l’autre côté du périph (partie 2) de Bertrand Tavernier,
Salle des fêtes - Chenailler Mascheix


samedi 5 octobre
15h30 - «Le jeu de patience» de Louis Guilloux - Lecture-spectacle
Médiathèque - Tulle


vendredi 11 octobre
18h30 - Projection du court métrage d’animation Octobre noir de Florence Corre,
dessiné par Aurel
- Médiathèque - Tulle
20h - Conférence avec Didier Daeninckx, auteur de la BD Octobre noir
Auditorium de la Médiathèque - Tulle


jeudi 17 octobre
17h - Dévoilement de la plaque commémorative du 17 octobre 1961
rue Eric Rohmer - Tulle
20h - Projection du film Octobre à Paris de Jacques Panijel - Médiathèque - Tulle
21h - Conférence de Jean Luc Einaudi, historien - Médiathèque - Tulle


vendredi 25 octobre
20h30 - Projection du film 20 000 moujiks sans importance de Patrice Legall,
Salle Latreille - Tulle

et aussi...
Exposition Lumière derrière vous de David Molteau du 19 octobre au 16 novembre
Médiathèque du Pays d’Argentat - place Joseph Faure
samedi 19 octobre - 11h30 - vernissage de l’exposition

 

septembre 2013

samedi 7 septembre 2013
Exposition Sillons et écriture de Pierre Bergounioux et Jean-Pierre Bréchet
du 7 au 30 septembre
18h - Vernissage - Eglise St Pierre - Tulle -
21h - Cinéma Le Palace - Tulle - en présence du réalisateur et de Pierre Bergounioux
jeudi 19 septembre
Reprise de l’atelier chant traditionnel avec Sylvie Heintz
19h - local de PEC - Tulle
vendredi 20 septembre
Reprise de l’atelier chant «Retour ô 35 choeurs» avec Marion Lherbeil
18h30 - local de PEC - Tulle

Décade Cinéma et Société
du 13 au 17 mars en campagne et du 1er au 5 mai à Tulle

Résidences d’artistes

RADO

Pascale Guérin
« L’inventaire s’élargit ...


Programme du mois de juin

lundi 3 juin
Projection du film De l’autre côté du périph (épisode 1) de Bertrand Tavernier
20h30 - Salle Latreille - Tulle

vendredi 7 juin
Projection du film Pleure ma fille, tu pisseras moins ! de Pauline Horovitz
20h30 - Salle des fêtes- Saint Jal

du vendredi 14 au samedi 15 juin
Bobines Rebelles, festival du documentaire politique,
Royère-de-Vassivière - Creuse (voir programme joint)

samedi 22 juin
Rencontre avec le groupe Rado pour la présentation de l’étude pour une commande publique sur le Pays de Tulle
à partir de 17h - Locaux de Peuple et Culture

Du 26 au 29 juin, TULLE rend hommage à Bertrand Tavernier : Et si on s’engageait ?


du mardi 28 mai au dimanche 1er septembre
Exposition Foyer Fantôme de Ahlam Shibli
Musée du Jeu de Paume - Paris

vendredi 5 juillet
Projection du film Un soir un étranger de Olivier Bertrand ( 2007-46’)
20h30 - Salle des fêtes - Chenaillers-Mascheix



 

 

 

 


 

Programme du mois de janvier

jeudi 10 janvier
Projection du film Sombras de Oriol Canals
20h30 - salle Latreille - Tulle


jeudi 24 janvier
Vernissage de l’exposition Phantom Home de Ahlam Shibli
19h30 - musée d’Art Contemporain - Barcelone


vendredi 25 janvier
Projection du film Les invisibles de Sébastien Lifshitz
21h - cinéma le Palace - Tulle


samedi 26 janvier
Projection du film La nuit remue de Bijan Anquetil, en présence du réalisateur
et de Hamid, protagoniste du film
20h30 - Transformerie «La vie et demie» - Tulle


 

 

 


 

rendez-vous d'octobre 2012

du mardi 2 au mardi 23
Exposition Collection en mouvement
- Ussel
mardi 2 - 18h - vernissage de l’exposition
jeudi 11 - 18h - visite guidée avec David Molteau

du jeudi 4 au samedi 13
Cycle (In)Dépendances, du joug colonial à la dictature du marché

Proposé par l’association Mémoire à Vif - Limoges
Festival panafricain d’Alger de William Klein (1970-90’)

jeudi 4 octobre - 20h30 - cinéma le Lido - Limoges

vendredi 12
Projection du film Voix de garage
de Philippe Guilloux
20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale laïque


vendredi 19
Projection du film La ruée vers l’Est
de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier
précédé du court métrage Taraneasca de Tim Moreau
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix avec l’association culturelle et sportive


dimanche 21
Projection du film Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger
de Valérie Brégaint
17h - salle des fêtes - St Privat avec l’Amicale européenne de la Xaintrie


du vendredi 26 octobre au dimanche 18 novembre
Exposition Collection en mouvement réalisée par l’Artothèque du Limousin
,
le FacLim et Peuple et Culture, relais artothèque pour la Corrèze
Place Delmas - Argentat
vendredi 26 - 18h - vernissage de l’exposition


samedi 27
Cycle psychiatrie - 1er volet avec le ciné-club de Tarnac
Projection du film Fous à délier d’un collectif de réalisateurs italiens

17h - local de Peuple et Culture - Tulle
Projection du film Un tramway nommé désir de élia Kazan
20h - cinéma le Palace - Tulle (sous réserve)

 

 


rendez-vous de septembre 2012

du mercredi 5 au dimanche 30
Exposition de l’atelier d’expression picturale de l’EPDA du Glandier

les mardi, jeudi et vendredi de 14h à 19h
les mercredi et samedi de 10h à 12h et de 14h à 19h - église St Pierre - Tulle
et du mardi au samedi de 14h à 18h - Cour des Arts - Tulle
vendredi 14
Vernissage de l’exposition en partenariat avec l’EPDA du Glandier, la Ville de Tulle, La Cour des Arts, le Conseil Général de la Corrèze, Entropie et Compagnie et Peuple et Culture
17h - église St Pierre - Tulle

vendredi 21
Projection du film Vol Spécial de Fernand Melgar en partenariat avec RESF 19
21h - cinéma le Palace - Tulle

samedi 22
Journée d’étude autour des premiers travaux de RADO en Corrèze
de 9h à 18h - salle Latreille - Tulle


à venir au mois d’octobre...
Festival panafricain d’Alger de William Klein (1970-90’)

jeudi 4 octobre - 20h30 - cinéma le Lido - Limoges

et aussi…
Ateliers souffle et voix avec Iris Bugl

les mardi de 18h à 19h30 - Peuple et Culture, 51 bis rue Louis Mie - Tulle
les mercredi de 19h à 20h30 - école Jules Ferry, entrée Rue Dalton - Brive


 

rendez-vous de juillet - aout 2012

mardi 3 juillet
Présentation des projets scolaires Arts Plastiques réalisés avec David Molteau
Cabinet des curiosités - 16h30 - école primaire - St Martin la Méanne
La peinture dans tous ses états - 16h30 - école primaire - St Clément

mercredi 4 juillet
Soirée organisée par Amitiés Droujba 19 avec poésies par Pierre-étienne Heymann et chants par les ateliers chants traditionnels et Retour Ô 35 choeurs de Peuple et Culture.
20h30 - salle polyvalente du lycée Cassin - Tulle

les jeudis 5 et 19 juillet
Promenade théâtrale avec l’atelier théâtre de Peuple et Culture
18h30 - rendez-vous au parking St Pierre - Tulle

mardi 17 juillet
Projection du film Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger de Valérie Brégaint
21h - librairie L’aire libre - Argentat

vendredi 20 juillet
Projection du film The Black Power Mixtape de Göran Olsson
21h - ciné-club - Tarnac (sous réserve)

mardi 24 juillet
Projection du film Babel Caucase toujours ! de Mylène Sauloy
21h - librairie L’aire libre - Argentat

mardi 14 août
Projection du film Djembéfola de Laurent Chevallier
21h - librairie L’aire libre - Argentat

mardi 21 août
Projection d’une sélection de courts-métrages
21h - librairie L’aire libre - Argentat


rendez-vous de mai 2012

vendredi 11 mai
Projection du film Avec Dédé de Christian Rouaud, avec le Centre Régional des Musiques Traditionnelles en Limousin (CRMTL) et la médiathèque de Seilhac
à partir de 19h - salle Cerous - mairie - Seilhac


mardi 15 mai
Projection de 3 films par l’association Mémoire à Vif dans la continuité de la décade Cinéma et Société El Djazaïr !
20h - cinéma le Lido - Limoges


jeudi 24 mai
Scènes ouvertes
19h - dans les jardins de l’association Le battement d’ailes - Lauconie - Cornil


jeudi 31 mai
Projection d’un film (à déterminer) dans le cadre des Rencontres Africaines
salle Latreille - Tulle

PEC change de constitution

télé-brouette PEC mercredi 9 mai - 18h - locaux PEC - 1ère rencontre autour de cette nouvelle aventure


rendez-vous de avril 2012

jeudi 5 avril
Scènes ouvertes
19h - théâtre des 7 Collines - Tulle

vendredi 6 avril
Droit de questions - Changer d’économie ! par Mireille Bruyère, «économiste atterrée» 20h30 - salle Latreille - Tulle

du mercredi 11 au dimanche 15 avril

Décade Cinéma et Société
El Djazaïr! France-Algérie, du colonialisme à aujourd’hui
cinéma le Palace et médiathèque éric Rohmer - Tulle

vendredi 20 avril
Projection du film Mémoires d’immigrés, les enfants de Yamina Benguigui, dans le cadre de la Décade Cinéma et Société
20h - Lauconie - Cornil, avec l’association Le battement d’ailes
21h30 - concert avec le groupe Cabaret Constantine


 

rendez-vous de février 2012

vendredi 3 février
Projection du film Les roses noires de Hélène Milano
20h30 - salle des fêtes - Chenaillers -Mascheix, avec l’association culturelle et sportive


mardi 7 février
Projection du film La stratégie du choc de Michael Winterbottom et Mat Whitecross
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche, avec Musicas Dreibidas


mercredi 8 février
Projection du film An angel in Doel de Tom Fassaert
20h30 - salle Latreille - Tulle


lundi 20 février
Projection du film Duch, le maître des forges de l’enfer de Rithy Panh
21h - cinéma le Palace - Tulle


vendredi 24 février
Maquisarbres
exposition, projection, lectures, rencontres, buffet participatif
18h - salle de l’université populaire - Tulle


rendez-vous de janvier 2012


vendredi 13 janvier
Projection du film La Rue est à eux de Isabelle Regnier

21h - cinéma le Palace - Tulle, avec l’association Autour du 1er Mai
en présence de la réalisatrice


vendredi 20 janvier
Projection du film Fumel, de feu, de fer, de rock
de Jacques Mitsch
et Jean-Christian Tassy
20h30 - salle des fêtes - Lostanges, avec le Foyer Rural


mardi 24 janvier
Projection du film Retour à Gorée
de Pierre-Yves Borgeau
20h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle, dans le cadre du festival du Bleu en hiver


vendredi 27 janvier
Scènes ouvertes, dans le cadre du festival du Bleu en hiver

19h - salle Latreille - Tulle


dimanche 29 janvier
Projection du film Le bonheur... Terre promise de Laurent Haas
14h30 - librairie L’aire libre - Argentat, en présence du réalisateur
suivie d’un goûter sorti du sac

 


rendez-vous de décembre

jeudi 1er décembre
Scènes ouvertes
19h - salle Des Lendemains qui chantent - Tulle


vendredi 2 décembre
Projection du film La Mort de Danton de Alice Diop
20h30 - salle des fêtes - St Jal


vendredi 9 décembre
Droit de questions Réforme de la psychiatrie, l’entrée en résistance d’une profession
avec Olivier Labouret, médecin psychiatre, président de l’Union Syndicale de la Psychiatrie,
membre du collectif Contre la Nuit Sécuritaire.
20h30 - médiathèque Eric Rohmer - Tulle


mardi 13 décembre
Projection du film Les Roses noires de Hélène Milano

20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche


vendredi 16 décembre
De retour de Palestine… Rencontre avec Anne Tanné
(Peuple et Culture Cantal), témoignage, photographies
20h30 - local de Peuple et Culture - Tulle


mercredi 21 décembre
Le jour le plus court, 1ère fête du court métrage à l’initiative du CNC

21h - cinéma le Palace - Tulle

 


rendez-vous de novembre

vendredi 4 novembre
Projection du film Sub de Julien Loustau, en présence du réalisateur
20h30 - salle de l’exposition Rado - avenue Ventadour - Tulle


samedi 5 novembre
Présentation du projet de résidence d’artistes de Bruno Even, Pascale Guérin et David Molteau
17h30 - Merveilleux Prétexte - Cerice - Tulle


mardi 15 novembre
Projection du film Water makes money de Leslie Franke et Herdolor Lorenz
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche,
dans le cadre de la semaine de la Solidarité Internationale avec Corrèze
environnement et l’association Qualité de la vie en pays d’Uzerche


jeudi 17 novembre
Projection du film Un combat singulier de Xavier Villetard en présence du réalisateur et de Jérôme Amimer, producteur
20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle, dans le cadre du mois du film documentaire

du 18 au 21 novembre - cinéma le Palace - Tulle, avec la ligue des Droits de l’Homme,
présence de la réalisatrice à confirmer durant cette période
Ici on noie les algériens - 17 octobre 1961 de Yasmina Adi (2011 - 90’)

festival Traces de vies
du 21 au 27 novembre, Clermont-Ferrand

jeudi 24, vendredi 25, samedi 26 novembre
Anniversaire de l’association Mémoire à Vif
projections, lectures, débats, théâtre - Limoges

 

 


 

octobre 2011

du mardi 4 au vendredi 28 octobre
Exposition Abstraits #2 réalisée par l’Artothèque du Limousin, le FacLim et PEC
Galerie du musée du Pays d’Ussel - Ussel
mardi 4 - 18h- Vernissage de l’exposition


jeudi 6 octobre
Anniversaire de l’association Mémoire à Vif
«Premier parachutage sur le terrain accidenté de la mémoire» - Projections
20h - cinéma le Lido - Limoges


samedi 8 octobre
Journée Gheerbrant (inscriptions préalables, participation libre)
Projection de l’heptalogie La république Marseille de Denis Gheerbrant
de 10h à 13h et de 14h à 19h - salle de l’Université Populaire à Tulle
21h - salle des fêtes - Saint-Jal en présence du réalisateur


jeudi 13 octobre
Droit de questions - 17 octobre 1961, le racisme d’Etat, d’hier et d’aujourd’hui
par Olivier Le Cour Grandmaison, historien, auteur
20h30 - salle Latreille - Tulle, en partenariat avec la LDH Tulle


vendredi 14 octobre
Projection du film Le terre des âmes errantes de Rithy Panh
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix avec le groupe RADO


samedi 15 octobre
Projection du film Trois jardins de Marie Preston du groupe RADO en sa présence
20h - local de l’exposition RADO - Tulle


vendredi 21 octobre
Projection du film D’égal à égales de Corinne Mélis et Christophe Cordier
20h30 - salle des fêtes - Salon-la-Tour



rendez-vous de septembre 2011

du 9 septembre au 28 octobre
Exposition d’une sélection d’oeuvres des artistes du groupe RADO
accueillis en résidence par Peuple et Culture jusqu’en 2013
visites accompagnées ou ateliers sur rendez-vous - friche commerciale,
ancien magasin de luminaires, route de Clermont-Ferrand (fléchage RADO)


vendredi 23 septembre
Droit de questions avec Laurence Pache,
conseillère régionale du Limousin :
Palestine : Comment les sociétés civiles peuvent-elles agir pour une paix juste ?
20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle


mercredi 28 septembre
Projection du film Dieu nous a pas fait naître avec des papiers
de Luc Decaster
20h30 - salle Latreille - Tulle en présence du réalisateur


samedi 8 octobre
Journée Gheerbrant (inscriptions préalables, participation libre)
Projection de l’heptalogie La république Marseille de Denis Gheerbrant
de 10h à 13h et de 14h à 19h - salle de l’Université Populaire-Marie Laurent - Tulle
21h - salle des fêtes - Saint-Jal en présence du réalisateur


 

rendez-vous de mai 2011

du mercredi 4 au dimanche 8 mai
Deuxième partie de la Décade Cinéma et Société
«Ouvriers, ouvrières la classe !»


vendredi 13
Projection du film Walter, retour en résistance de Gilles Perret
20h30 - salle des fêtes - Aix
Projection du film Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch
de Anne Linsel et Rainer Hoffmann
18h - théâtre des 7 Collines - Tulle


vendredi 20
Projection du film La Terre des âmes errantes de Rithy Panh
20h30 - salle des fêtes - Saint-Jal


samedi 21
Journée d’étude de l’ANACR-Corrèze «Connaissance de la résistance»
de 9h30 à 17h - salle du conseil municipal - Lagraulière


vendredi 27
Projection du film L’An prochain la révolution de Frédéric Goldbronn
20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle
en présence de Frédéric Goldbronn et Maurice Rajsfus


lundi 30
Présentation du travail de l’atelier théâtre
18h30 - école Turgot - Tulle


mardi 31
Scène ouverte
19h - place du bourg - Naves

 


 

rendez-vous d'avril 2011

mardi 5 avril
Projection du film Rien à perdre de Jean-Henri Meunier
20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence de Fakir, protagoniste du film


vendredi 8 avril
Projection du film Bernard, ni dieu ni chaussettes de Pascal Boucher
20h30 - salle des fêtes - Chenailler Mascheix


jeudi 14 avril
Projection du film Au Nom du père, de tous, du ciel de Marie-Violaine Brincard
20h30 - salle Latreille - Tulle
avec l’association Rencontres africaines


mardi 26 avril
Diffusion de L’Europe et Tchernobyl de Dominique Gros
A partir de 20.40 - THEMA : Tchernobyl, l’histoire sans fin - ARTE


du mercredi 4 au dimanche 8 mai
Deuxième partie de la Décade Cinéma et Société
«Ouvriers, ouvrières la classe !»


 

rendez-vous de mars 2011

lundi 7 mars
Projection du Cran de l’abattu
Captation vidéo du spectacle théatral et musical
de Pierre-Etienne Heymann

20h30 - Salle Marie Laurent - Tulle


vendredi 11 mars
Lecture de textes de Frantz Fanon
par Marie-Pierre Bésanger et Philippe Ponty

18h30 - Médiathèque intercommunale - Tulle


jeudi 17 mars
PEC Corrèze a 60 ans
Chanson, casse-croûte et projection du film
"peuple et culture, indépendant mais pas neutre"

réalisé à partir d’entretiens entre Manée Teyssandier et Roger Eymard
19h - Salle Marie Laurent - Tulle

jeudi 17 mars
Scènes ouvertes

19h - Théâtre des 7 Collines - Tulle


du mardi 15 au dimanche 20 mars
Décade Cinéma et Société : Ouvriers, Ouvrières : la classe!

Projections en campagne : Uzerche, St Jal, Naves, Cornil et Argentat


vendredi 25 mars
Projection du film Biquefarre de Georges Rouquier

20h30 - Salle polyvalente - Sérilhac avec le foyer culturel


jeudi 31 mars
Projection du film Birlyant, une histoire tchétchène de Helen Boyle

20h30 - salle Latreille - Tulle en présence de Nicole Fernandez Ferrer,
déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir


jusqu'au au samedi 26 mars
Exposition François Maspero et les paysages humains / Affiche en PDF
Médiathèque - Tulle

 


 

rendez-vous de février 2011



mardi 1er février
projection du film L’Eau, la terre et le paysan de Christian Rouaud
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche


vendredi 4 février
droit de questions
La question du foncier et de l’accaparement des terres en Afrique avec José Tissier
20h30 - salle Latreille bas- Tulle


mercredi 9 février
Projection du film Peter Tosh, stepping razorde Nicholas Campbell
20h - salle des Lendemains qui chantent - Tulle


du vendredi 4 février au samedi 26 mars
Exposition François Maspero et les paysages humains
Médiathèque - Tulle
samedi 12

15h30 - Rencontre avec François Maspero ‘‘ Homme livre - homme libre’’
animée par Bruno Guichard de la Maison des passages de Lyon
17h30 - Vernissage de l’exposition en sa présence
20h30 - Rencontre avec François Maspero - Librairie L’aire libre - Argentat

jeudi 17 - Projection du film Frantz Fanon, mémoire d’asile d’Abdenour Zahzah et Bachir Ridouh
20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

 

 


rendez-vous de janvier 2011


vendredi 14 janvier
projection du film Illégal d’Olivier Masset-Depasse
21h - cinéma Le Palace - Tulle
en partenariat avec RESF 19, LDH 19 et le cinéma Le Palace

vendredi 21 janvier
projection du film Ecchymoses de Fleur Albert
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix

lundi 24 janvier
projection du film L’Ordre des mots de Cynthia et Mélissa Arra
20h30 - salle Latreille - Tulle
en présence de Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale
du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir.

samedi 29 janvier
scène ouverte spéciale Bleu en hiver
16h - médiathèque intercommunale - Tulle

mardi 1er février
projection du film L’Eau, la terre et le paysan de Christian Rouaud
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche

vendredi 4 février
droit de questions La question du foncier
et de l’accaparement des terres en Afrique avec José Tissier
20h30 - salle Latreille - Tulle