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Défilé performance de

Majida KHATTARI.

c'était à Tulle le 30 juin 2000

 

En 1997 Mohammed Kacimi, peintre et écrivain marocain, travaille en atelier ouvert au public, au cours d'une résidence d'artiste à l'invitation de Peuple et Culture. Grâce à une collaboration avec l'association Culturelle et Sportive Berbère de Tulle, des rencontres et des contacts naissent entre la population marocaine de Tulle et l'artiste. Des relations chaleureuses se nouent entre les familles d'origine marocaine et le réseau de Peuple et Culture. Des jeunes gens, des femmes, demandent à Kacimi des livres du Maroc ou sur le Maroc. Il produit un texte intitulé la " Caravane du savoir " sur la double déchirure culturelle subie par les immigrés. " Nul ne peut être lui-même sans connaître son corps culturel " souligne t-il en conclusion de ce texte qui propose qu'à Tulle se constitue sous différentes formes à imaginer, une " caravane " qui mettrait en contact direct la population marocaine " avec le Maroc de la création dans tous les domaines, littérature, pensée, arts, sociologie, histoire, politique, poésie, cinéma "… En avril 1998, Peuple et Culture, organise un voyage d'études au Maroc en pleine mutation politique. Le groupe est accompagné par une jeune femme marocaine qui vit à Tulle. A la suite de contacts établis pendant ce séjour, la caravane du livre (organisée dans le cadre de l'année du Maroc) et partie de Casablanca, s'arrête à Tulle en mars 1999 et donne lieu à des rencontres et lectures avec des écrivains marocains dans plusieurs lieux de la ville. C'est l'occasion pour des familles marocaines de pousser pour la première fois la porte de la bibliothèque et pour la population française de découvrir la richesse et la diversité de la littérature et de la culture marocaine. Pierre Laundry, libraire à Tulle, crée un fonds permanent de littérature marocaine et d'ouvrages sur le Maroc.

C'est dans cette continuité que prend place ce projet avec Majida Khattari. La possibilité d 'un travail plus direct et plus profond avec des jeunes filles marocaines qui vivent toute la complexité d'une double culture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Majida KHATTARI parle de son travail :

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"Je réalise des vêtements-sculptures que je présente dans des défilés composés comme des performances."

        

"Pendant les répétitions comme pendant la réalisation des vêtements, nous discutons de l'Islam en France et de notre situation.

Sur un mode tragique, héroïque ou grotesque, la diversité des robes décline cette situation, depuis l'enfouissement jusqu'à la révélation, entre l'abri et le dévoilement. Nous essayons de mettre en forme l'image ambiguë de la femme musulmane placée malgré elle entre sacralisation et menace. Le défilé est un spectacle, un jeu de scène.

C'est aussi une manière de mettre en mouvement et de dramatiser des variations d'images qui déterminent le comportement. "

     

     

"C'est ma manière de répondre à l'actualité en donnant à voir autrement ce dont on parle souvent sans savoir."

"L'idée m'en est venue au moment des polémiques sur le foulard islamique. Ces vêtements sont conçus pour des femmes de culture musulmane."

Majida Khattari

''J'habite Paris depuis 1988, j'avais vingt-deux ans quand j'ai quitté Casablanca. J'y retourne voir ma mère trois fois par an. Mais, à force de présenter mes défilés en France, en Europe, toujours dans des pays riches et démocratiques, j'ai commencé à me demander ce que je pouvais faire dans mon pays natal, pour accompagner l'ouverture politique du régime. Je me suis aperçue que je ne connaissais pas la ville ni ses habitants. J'ai vécu dans un milieu familial très protégé, symbolisé par l'appartement de ma soeur, rue d'Agadir, dont le balcon panoramique domine un centre ville dense, architecturé. La ville coloniale et bourgeoise est blanche et bleue comme la mer le long des plages aménagées de la Corniche. La ville des pauvres, bricolée, brûlée par le soleil, est cassée, jaune comme la terre, dans le quartier de Sidi Othman comme dans le bidonville de El Hank. Et les robes que je dessine, quelle est leur couleur ?
L'idée de dessiner des robes qui figurent la situation des femmes dans l'islam contemporain m'est venue en 1995, au moment des polémiques sur le foulard islamique : fallait-il accepter dans les écoles de la République des jeunes femmes voilées ? Je présente ces robes dans des défilés conçus comme des performances. Ce ne sont pas des prototypes, et je n'ai jamais collaboré avec l'industrie de la mode. Mais je reconnais volontiers que mon travail résulte du goût que j'ai toujours eu, depuis mon adolescence à Casablanca, pour le contraste de l'apparat moderne du corps féminin avec les normes de la tradition islamique. Je suis une musulmane vivant en France, j'adhère à l'Islam, mais je tiens à dénoncer les usages répressifs de la foi et de l'ignorance (55 % d'analphabétisme au Maroc) dans tout régime théocratique.''

Repères biographiques
Née en 1966 Erfoud, Maroc. Vit et travaille à Paris
Formation
1989 Diplôme de l'École des beaux-arts de Casablanca, (Maroc)
1995 Diplôme national supérieur d'arts plastiques, Ensba, Paris (France)
Expositions personnelles
1996 Défilé/Performance, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris
1997 Défilé/Performance, galerie Thaddeus Ropac, Paris Défilé/Performance, dans le cadre du Festival de l'imaginaire, théâtre de la maison des cultures du Monde, Paris Expositions collectives (sélection)
1992 SAGA, fondation Peter Stuyvesant, Paris
1996 Novembre à Vitry, Vitry-sur-seine (France)
1998 À quoi rêvent les années 90. 2e volet, maison populaire, Montreuil (France) 29e Rencontres internationales de la photographie, Arles (France) Meditéranea, musée botanique, Bruxelles (Belgique) 1998/99 Premises, Guggenheim museum Soho, New York (États-Unis)
1999 Heaven, Kunsthalle, Düsseldorf (Allemagne) New French Art, Setagaya Art Museeum, Tokyo (Japon) Mariane, centre culturel François Mitterrand, Beauvais (France) Nous nous sommes tant aimés, Ensba, Paris

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