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Marc Pataut : HUMAINE


 

Rencontre lors du vernissage de l'exposition HUMAINE
Marc Pataut - Centre Régional de la Photographie
Nord -Pas-de-Calais de Douchy les Mines
le 12 mai 2012
Réalisation vidéo, Peuple et Culture Corrèze

 

L'exposition* est présentée à l'Hotel Fontfreyde -
Centre photographique à Clermont Ferrand

du 8novembre 2012
au 9 février 2013

 

HUMAINE est issue du programme de recherche “Photographie et Territoire “ du CRP. (2008-2011).
Elle est coproduite par l’Artothéque de Caen, le Centre de la photographie du Nord Pas de Calais, la ville de Clermont-Ferrand et Le Point du Jour, centre d’art éditeur.

 

*L'exposition à Clermont Ferrand, comprend les travaux les plus récents " Humaine" et l'ensemble des photographies et documents réalisés de 1998 à 2000 à Tulle et
dans le pays de Tulle à l'invitation de Peuple et Culture: Pays Paroles, Images...
 
Pays, Paroles, Images est le résultat d'un travail qui a associé des habitants de Tulle et du pays de Tulle, l'association Peuple et Culture et un artiste: Marc Pataut.
L'exposition comprend un mur d'images avec un film vidéo, une quarantaine de photographies (portraits et paysages) montées recto verso.
Pour découvrir toutes les photographies il faut donc les manipuler ! ce qui est contraire à la règle muséale : on ne touche pas les œuvres! Et un mur de paroles
(une vingtaine d'entretiens mis en forme graphiquement) qu'on peut prendre sur le mur et lire.
En 2000 cet ensemble a été présenté en Corrèze dans trois lieux non habituellement dévolus à l'art dans trois petites communes:
à Gumont dans la grange de Yves et Sylvette Lidove, à Chanteix à la Boite en Zinc, et à la salle des fêtes de Sérilhac. Puis plus tard à l'espace Noriac à Limoges
avec le festival des francophonies et enfin en 2001, dans le  cadre de l'exposition "Des territoires" à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts à Paris.

 

Extrait "Portrait, Regard, Image du peuple" Jean-François Chevrier, In HUMAINE


Pataut s'imprègne des situations (on ne s'imprègne pas d'un contexte) ; il considère que les personnes avec lesquelles il travaille
peuvent jouer, avec lui, leurs propres personnages, selon un scénario variable et largement improvisé1.
Aujourd'hui, la question qu'il se pose est celle de la "représentation du peuple". Il constate la fragilité du rapport entre le principe démocratique
et les identités (ou identifications) collectives. Quand il mêle les portraits démultipliés de trois femmes, il déplace la question sur le plan de la représentation artistique
en posant une nouvelle et étrange question : qu'est-ce qu'un individu dont l'identité (photographique) est déplacée, dispersée, combinée avec deux autres,
dans un mur d'images à trois ?Ou, autre formulation, qui renvoie tout autant aux données de l'expérience :
" Qu'est-ce qu'un individu qui ne se définit pas par une quête d'identité exclusive ? ". Il y a là, peut-être, dans le déplacement et la nouvelle formulation du problème,
un début de réponse.
1 "Un personnage ne se définit pas par rapport à un contexte ; en revanche, il peut condenser une situation et la transformer.
A Douchy, en travaillant avec moi, les femmes se mettent en mesure de transformer leur situation."

 

 

 

Extrait Véronique Nahoum – Grapp " Trois ans pour faire un portrait" Entretien avec Véronique Nahoum – Grappe, Marc Pataut, Pia Viewing. Philippe Roussin. In HUMAINE

Qu'il s'agisse de l'ethnologue ou du photographe, la première méthodologie se situe dans la déontologie de la perception :
le respect pour les personnes qu'on va croiser et pour l'exigence d'une compréhension, la moins projective possible.
Ensuite, c'est dans la solitude du soir que l'ethnologue tente la saisie par l'écrit d'une des facettes du "réel social" qui l'a dévoré le jour.

Le "réel social" n'est pas le "réel", c'est sa reconfiguration radicale dans une situation donnée : le cadre esthétique de la scène,
les rapports sociaux / affectifs entre les présents, la spécificité de leurs histoires de vie – celles dont on se souvient trop comme celles que l'oubli a perdues
– et la force de la question du monde absent qui travaille toute scène, même intime ; tout cela fabrique cette épaisseur quasi physique de ce qu'on vit ensemble, que j'appelle "réel social".
Passer du temps; traîner, manger, ne rien faire au risque de se perdre dans la scène, c'est sortir du cadre de sa propre vie, pour entrer, hanter, une séquence encore décadrée.
Les regards croisés, la forme des visages, le gout du café, tout cela s'installe avec densité si on accepte la traversée du vide du temps, ce temps quotidien qui passe si mal parfois.

 

 
 

Extrait MarcPataut ”Trois ans pour faire un portrait " Entretien avec Véronique Nahoum – Grappe, Marc Pataut, Pia Viewing. Philippe Roussin. In HUMAINE

 

Depuis mon premier travail photographique en 1981 – 1982, dans un hôpital pour enfants à Aubervilliers,
j'ai compris, en voyant un enfant coller l'appareil contre son menton et photographier, que la photographie passe aussi par le corps.
J'étais encore à l'agence Viva, à disposer soigneusement un filet noir autour de mes images.
Depuis j'ai appris, je me sers de mon corps, je sais comment me placer, je sais aussi que le portrait, c'est avant tout deux corps en présence dans un même espace.

Je parle, la photo ne parle pas. Je ne peux pas rester sans parole en face de quelqu'un, ou plutôt photographier sans projets ne m'intéresse pas.
Je ne peux pas envisager la photographie comme une simple captation. La photographie est nécessairement du côté de la relation et de la projection.
L'entretien me permet d'échapper au silence photographique. Il n'est pas destiné aux autres, c'est un moyen de construire l'environnement de travail et une prise sur le réel.
L'entretien et le portrait vont nécessairement de pair, tous deux surgissent d'une relation dans le temps. Le récit me passionne mais me semble impossible en photographie.
Je cherche une forme proche de la sculpture, je produis de la matière, j'accumule. J'imagine des formes qui grandissent en même temps que la nécessité qu'elles recouvrent ;
pour l'instant, la seule forme que j'imagine est celle d'un mur de portrait.

 

 

 

 
 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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