Artothèque

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En 1991, l'Artothèque du Limousin* confie à Peuple et Culture la galerie de prêt pour le département de la Corrèze. Cette mission s'inscrit plus globalement dans les actions conduites par Peuple et Culture depuis 1983 en matière d'art contemporain : travail de médiation qui vise à faciliter le contact entre le public, les œuvres et les artistes. Depuis cette date Peuple et Culture a animé le relais Artothèque sans moyens spécifiques particuliers.

*L’artothèque du Limousin et le relais en Corrèze
Permettre à chacun de nouer un lien direct avec une oeuvre d’art et lui proposer ainsi d’établir sa propre vision de la création contemporaine constitue le sens de l’action de l’artothèque du Limousin. Depuis 1985, l’artothèque du Limousin a constitué une importante collection d’oeuvres en deux dimensions qui témoignent de la diversité de la création contemporaine des quarante dernières années. Plus de trois mille oeuvres sont maintenant rassemblées au sein de la collection. Ce patrimoine existe pour être partagé : les oeuvres sont empruntées par des particuliers, des collectivités, des établissements scolaires et des communes du Limousin.
Pour la Corrèze, un relais de l’artothèque du Limousin existe au sein de Peuple et Culture. Tout au long de l’année, l’association, à travers ce relais, accueille les abonnés (dans les locaux de l’association : 51bis rue Louis Mie, Tulle), elle assure aussi le transport des oeuvres et met en place des temps de rencontres autour de l’art.

Outre la gestion du prêt et le travail de diffusion nécessaire, Peuple et Culture a développé par des formes diverses, des actions de sensibilisation en s'appuyant sur le fonds d'estampes : conception de mini-expositions, mise à disposition de documents, de fiches pédagogiques…

Cependant l'utilisation potentielle du relais Artothèque était loin d'être optimisée pour plusieurs raisons, l'essentielle étant que malgré toutes les volontés de décentralisation les phénomènes de centralité se reconstituent toujours plus qu'on ne le supposerait. En effet, force était de constater au bout de quatre ou cinq années de fonctionnement que le relais profitait à des particuliers et à des structures de Tulle et des alentours de Tulle mais pas suffisamment à des lieux du département plus éloignés et isolés. Ainsi des adhérents de la première heure, motivés et convaincus par les objectifs et les fonctions de l'Artothèque se sont découragés et essoufflés tout simplement parce qu'ils étaient à une heure et demie ou deux heures de route aller/retour du relais de Tulle et devaient consacrer une demi-journée de leur temps à leur "réapprovisionnement". Sans compter bien entendu les utilisateurs "potentiels" qui n'avaient jamais franchi le pas.

Ajoutons à cela que faute de moyens spécifiques pour cette mission, les salariés de Peuple et Culture n'avaient pas la possibilité de consacrer suffisamment de temps à un travail de suivi plus systématique et plus en profondeur.

Si bien qu'à un moment est venue la question de savoir comment faire en sorte que ce formidable instrument constitué par l'Artothèque du Limousin (et son fonds important), devienne réellement en Corrèze un outil de proximité concret, dans ce domaine de l'art contemporain qui reste profondément élitaire.

C'est ainsi qu'est né le projet "Artobus".

L’artothèque à l’école
L’artothèque du Limousin, grâce à l’ampleur, la qualité et l’accessibilité de sa collection, fait l’objet d’une forte demande de la part des établissements scolaires, de la maternelle au lycée.
Cette forte demande est aussi un symptôme du désengagement de l’Etat en matière d’éducation artistique et des collectivités locales pour ce qui concerne la prise en charge des transports qui permettraient aux établissements scolaires de conduire les élèves vers les lieux de ressource de la culture.
Le prêt d’oeuvres est toujours accompagné d’un moment privilégié d’échange entre David Molteau, responsable du relais artothèque, les enseignants et les élèves.
Ce moment peut avoir lieu dans le cadre d’une exposition dans une commune adhérente au FACLim (Fond d’Art Contemporain du Limousin), les classes font alors la démarche de venir à la rencontre des œuvres et profitent d’une visite organisée en véritable séance de travail pédagogique (la dernière exposition proposée à Ussel au mois d’octobre 2010 à permis d’accueillir plus de 500 élèves). Mais le plus souvent, la médiation s’effectue dans les établissements scolaires, à la demande de l’enseignant, ce qui permet au médiateur de proposer une présentation plus spécifique et plus approfondie de certaines œuvres, souvent reliées à une thématique définie avec l’enseignant en fonction de son propre travail pédagogique.
Tout d’abord, la classe qui découvre l’artothèque se voit présenter son fonctionnement mais aussi la spécificité du relais mis en place par Peuple et Culture. En effet, Peuple et Culture sollicite régulièrement depuis une trentaine d’années des artistes pour élaborer un travail dans la durée en relation directe avec le territoire local et son histoire. Nombre de leurs œuvres sont entrées dans la collection du FACLim et peuvent faire l’objet d’un travail pédagogique en réelle proximité avec le terrain.
Une autre spécificité des acquisitions de l’artothèque est la forte proportion d’oeuvres multiples. Les lithographies, les photographies, les gravures, les sérigraphies permettent d’aborder la question de la technique qui intéresse beaucoup les élèves.
La classe est ensuite invitée à s’exprimer à partir des œuvres présentées et l’on constate alors une manière d’aborder les œuvres totalement différente selon les niveaux.
En maternelle et primaire, le travail est toujours riche et intense, les élèves sont volontaires et sans complexe et il n’est pas rare que des enseignants qui ont des difficultés à aborder le champ de l’art contemporain témoignent de la transformation de leur regard sur le sujet à l’issue de ces séances.
C’est au collège que survient la grande et définitive rupture, les élèves commencent en général par mettre en doute la valeur et la qualité des œuvres. C’est, pour le médiateur une ouverture propice à des échanges sur l’histoire de l’art et permet d’entrer plus en détail dans le travail d’un artiste.
Un exemple parmi tant d’autres : une œuvre de Paul Rebeyrolle leur est présentée : le Sanglier gris.
Premières réactions : « C’est moche, c’est mal peint, c’est trop vite fait ! »
Ceci définit déjà un peu l’oeuvre et c’est en soi un début d’appropriation par les élèves, le travail de médiation peut ainsi commencer.
D’abord la présentation de l’artiste, son rapport au pays, au territoire, à la nature, mais également son engagement politique, son amitié avec Georges Guingouin, sa totale rébellion vis-à-vis de toute forme de pouvoir, son mépris des institutions politiques et culturelles. Le sanglier est donc une sorte d’autoportrait, un animal auquel il peut s’identifier.

L’œuvre n’est donc pas « mal peinte », elle est peinte rageusement, avec une sauvagerie sans borne, le geste correspond très précisément à la définition de l’animal traqué, métaphore de la condition humaine que l’on retrouve également avec le mouton écorché, le chien, la truite, les singes au Panthéon et bien d’autres figures.
Le parcours de Paul Rebeyrolle couvrant une longue période, de l’art moderne à l’art contemporain, on peut donc évoquer les filiations avec les artistes du XXe siècle mais également remonter jusqu’à la Renaissance.
Le regard des élèves en est alors changé, l’œuvre se charge, elle s’épaissit.
On peut alors aller plus loin, par exemple sur la question du beau posée par les élèves.
Il faut expliquer pourquoi les artistes ont opéré des ruptures radicales notamment au moment du cataclysme engendré par la Grande Guerre. Ces explications peuvent correspondre aux autres programmes notamment d’histoire ou de français et sont aussi l’occasion pour les élèves de s’exprimer et comprendre pourquoi l’œuvre d’art change de statut par le rejet du beau et de la séduction pour la production de formes et de relations nouvelles, porteuses de sens. Puis comment le phénomène s’amplifie encore après la Seconde Guerre mondiale et l’effroi suscité par l’holocauste qui accentue la rupture jusqu’à balayer les vieux clivages peinture - sculpture, abstraction - figuration. On peut aussi évoquer ce qui est sans doute le fait le plus marquant de l’après guerre, l’affirmation forte et définitive de femmes dans le champ de l’art contemporain.
Une œuvre offre donc toute une arborescence à exploiter avec la classe, la collection étant riche de près de quatre mille pièces recelant une grande variétés de démarches, on peut imaginer les possibilités infinies de combinaisons.
Le but de ces séances en collège et lycée est d’amener les élèves à aborder les œuvres de manière décomplexée et attentive, à oser proposer des hypothèses et interprétations et de permettre ainsi l’apprentissage d’un regard critique.
Face à la classe, le sanglier de Rebeyrolle, brossé rageusement, semble finalement nous dire à tous : « Prenez le maquis, frottez vous aux questions les plus épineuses, vous verrez, ça réveille ! »

 

Les actions du relais en 2009

 

4 Les objectifs de l'Artobus

L'artobus est un véhicule équipé permettant d'acheminer les œuvres de l'Artothèque vers les utilisateurs, existants ou potentiels, éloignés de Tulle, notamment en milieu rural (collèges, écoles primaires, petites communes, associations, foyers ruraux, etc…)

Cette fonction d'acheminement et de renouvellement des prêts au plus profond du tissu rural constitue la base matérielle du projet mais ne peut bien sûr se suffire à elle-même.

Elle est fondamentalement appuyée par un dispositif d'accompagnement :

- Sensibilisation à la connaissance de la collection

- Fiches pédagogiques sur les œuvres, les artistes, les courants artistiques

- Conseils et aménagement des lieux, accrochage des estampes, constitution et mise en place d'expositions

- Mise à disposition de panneaux qui rendent possible l'organisation d'expositions ou de présentations d'œuvres dans des conditions favorables.

 

4 Les premiers pas en 1998

Outre le fonctionnement habituel de l'Artothèque, les premiers pas spécifiques de l'artobus ont été consacrés :

- à l'aménagement du véhicule

- à la recherche de financements complémentaires (section locale d'aménagement du territoire, Education Nationale) pour l'acquisition de panneaux, base indispensable à la conduite des actions

- à un travail d'information et de sensibilisation aux fonctions et objectifs de l'Artothèque auprès des utilisateurs potentiels (petites communes, collèges ruraux, école primaires, associations)

Les contacts ont eu lieu sur site, avec des élus, des enseignants, des responsables associatifs, ce qui a permis aussi un premier repérage des lieux possibles d'exposition, des aménagements à prévoir et une sensibilisation des élus à l'intérêt d'une adhésion au Faclim

- à la conception et à l'organisation des premières expositions.

 

4 En 1999 Création d'un service "ARTOBUS".

L'utilisation du relais n'est pas optimisée car il ne profite qu'à la population et aux structures de Tulle ou des environs immédiats.

C'est pourquoi il nous a semblé nécessaire d'imaginer un autre fonctionnement et un service nouveau non assuré jusqu'à présent : la possibilité d'acheminer les œuvres au plus profond du territoire Corrézien.

La fonction d'acheminement et de renouvellement des prêts d'œuvres est appuyée par un travail de médiation :

  • organisation d'expositions,

    Sensibilisation des utilisateurs à la connaissance de la collection.

  • Présentation d'œuvres à partir de thème.
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    • Fiches pédagogiques sur les œuvres ou les artistes,
  • Conseils pour l'aménagement des lieux, l'accrochage…
  • Rencontres avec des artistes.
  •  

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